Oldelaf sans Monsieur D "Le Monde est beau", un album étonnant

le monde est beau.
Le Monde est beau. © 2011 Roy Music

L'album "Le Monde est beau" (sortie le 17 octobre 2011) dévoile tous les talents cachés d'Oldelaf : ses textes ciselés où l'humour est distillé avec beaucoup d'intelligence sont portés par des mélodies qui restent en tête.

Un succès à venir ?


 L'Internaute Magazine : Si demain, votre album "Le Monde est Beau" devient disque de platine, vous faites quoi ? 


Oldelaf : Je me teins en platine. S'il est disque d'or je me fais les cheveux dorés. J'espère juste qu'il ne deviendra jamais disque roux... Disque de platine ça me fait combien sur mon compte ? (rires) Non sérieusement, je serais hyper heureux, ce serait une énorme fierté. En plus, ça veut dire qu'automatiquement on me refera confiance pour plusieurs albums sans soucis. A partir de là tu peux tenter des expériences musicales et les travailler, prendre le temps pour enregistrer dans de bonnes conditions. Parce que là, mine de rien, c'était encore du bricolage : on était dans une pièce de 15 m², tous les musiciens ne pouvaient pas rentrer ensemble, j'avais la batterie collée juste derrière moi. Après, si on peut enregistrer un album dans des conditions cools et avoir assez de recul, faire le prochain bien comme il faut, acheter des instruments, trouver des nouvelles inspirations, ça serait génial. Là où je me ferais plaisir, c'est que je gagnerais la crédibilité suffisante pour rencontrer d'autres artistes. Parce que j'ai toujours été un peu en dehors du circuit, donc je n'ai jamais pu faire de duo avec des gens très connus. Si le disque marche beaucoup, tu peux te permettre d'avoir des invités prestigieux,  pas parce qu'ils sont prestigieux, mais pour partager. Même partager un café avec des gens que j'admire, continuer d'apprendre d'eux, ça m'intéresserait.

 

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"Nancy / Petit mouroir tout gris / Entre l'Allemagne et la vie" disent les paroles. © L'Internaute Magazine

 L'Internaute Magazine : Dans votre album "Le Monde est Beau", on peut trouver la chanson "Nancy" assez cruelle. D'où vous est venue cette chanson ?

Oldelaf : Dans l'Est Républicain, un article d'une page va paraître aujourd'hui à propos de cette chanson. Le maire devrait réagir sur les paroles... j'ai un peu peur de la réaction des gens qui vont le prendre au premier degré ! J'espère que tout ce que j'ai fait avant, que tout l'humour que j'ai déjà mis dans mon travail va permettre aux gens de comprendre, car elle peut surprendre voire choquer les nancéens. Quand on n'est pas de Nancy, je pense qu'elle fait beaucoup rire. Après, ce n'est pas du tout une chanson contre Nancy. Je parle d'une histoire d'amitié qui s'est cassée à Nancy, elle est donc dédiée à cette personne et non pas à la ville. Mais sinon, Nancy, ce n'est pas pire qu'ailleurs : il y a des coins moches, des coins beaux comme partout, comme à Paris. J'ai quand même peur des gens qui prennent tout au premier degré. A l'époque où je jouais dans les Fatals Picards, il y avait une chanson qui s'appelait "Chasse, pêche et biture", on voit tout de suite le ton. Et en fin de concert, des chasseurs sont venus nous voir (il prend une voix avinée) : "Ah, enfin une chanson qui parle de nous ! D'habitude les gens se foutent de not'gueule" et là tu es terrorisé, parce que les gens n'ont pas du tout vu le second degré. Pour en revenir à "Nancy", on va voir comment ils vont réagir, mais je ne voudrais surtout pas que ça fasse de la peine, ce n'est pas mon but.

 

 L'Internaute Magazine : Vous avez eu beaucoup de succès cet été avec la chanson "La Tristitude", votre premier single, et le public pouvait suivre vos petites "tristitudes" filmées chaque jour. Quel a été votre moment de tristitude de la journée ?

Oldelaf : Ce midi on est allé spécialement dans un restaurant thaï qui tous les vendredis fait des raviolis pékinois etc. On était tous très motivés, et j'ai emmené l'équipe en leur disant que le vendredi c'était vraiment LE jour où il y avait les fameux raviolis. Bien entendu, quand on est arrivés, il n'y en avait plus... Et ça a été une vraie tristitude pour l'amateur de raviolis pékinois que je suis.

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