La Brisa Day Roché : tout un personnage
Visage de fausse esquimaude, yeux verts en amande, sourcils noirs dramatiques, moue de poupée boudeuse et cheveux de jais, voici le portrait rapide d'une chanteuse très théâtrale dont le patronyme même est plus qu'évocateur. La Brisa Day Roché (un peu d'espagnol, d'anglais et de français), ça sonne comme " La Callas " ou " La môme piaf ", plus comme un surnom qu'un nom, que le temps aurait donné à une diva ou une actrice.
Justement la vie de Brisa, c'est un peu du cinéma. Entre James Bond (son père l'emmenait partout en voyages pour des affaires pas très claires au cours desquelles ils devaient se cacher) et road movie (née en Californie, elle a traîné sa guitare jusqu'au Nouveau Mexique, au Maghreb et en Europe), Brisa se forge une culture musicale solide mais éclectique et commence très tôt le chant dans des chorales d'enfants.
Au détour d'un parcours chaotique et romanesque, ses pas l'emmènent à Paris où elle se produit dans des clubs de jazz et interprète des standards. Pourquoi pas ? Sa présence sur scène est incontestable, sa voix égraine les notes maintes fois répétées, et l'incroyable se produit : elle est repérée par Blue Note (le label de jazz mythique le plus couru du moment) avec qui elle signe un contrat en 2005.
Entre Björk et PJ Harvey
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Mais ne vous méprenez pas, Brisa est toujours là où on ne l'attends pas : The Chase n'a rien à voir avec un album de Jazz. Et la guitare " Destroyer " définitivement électrique qui trône sur la pochette de l'album convaincra ceux qui se seraient laissés duper par la mention "Blue Note".
Brisa renoue en effet avec sa compagne de toujours, la guitare : celle de ses groupes d'ado, celle qu'elle aime tant chez PJ Harvey et livre un album dont elle décrit elle-même l'ambiance comme "mystérieuse, généreuse, intimiste, cinématique, féminine, sixties, grandiose et rock'n'roll". Rien que ça !
C'est justement à PJ Harvey que l'on pense en écoutant le très beau "Baby shut your eyes". Le jeu de guitare et la voix de Brisa plus grave et désabusée qu'à l'accoutumée ne font aucun doute. Mais en s'arrêtant par "Mystery Man " c'est dans les vapeurs du Velvet Undergroud que notre oreille s'égare.
Cinématique oui, dans cette reprise incongrue d'une chanson de notre Salvatore Adamo national, "Dans le vert de ses yeu " ; et enfantine et mutine (à la manière de Björk, l'elfe islandais) avec une voix presque fausse dans "Warned" et dans le très jazzy "Coco". A écouter aussi avec attention : "Dial me up" très sixties californien, "Little robot", un petit bijou de chanson et "Torchlight",
morceaux bicéphale en deux parties mi-rock spatial mi-ballade folk.
Multiple, charismatique et mystérieuse, Brisa Roché n'a pas fini de nous étonner. Et franchement, vu comment sa vie s'est déroulée jusque là, on la verrait bien écrivain ou créatrice de mode à succès dans quelques années. To be continued…
En savoir plus : le site officiel de Brisa Roché
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