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 MUSIQUE 
Septembre 2005

Susheela Raman : retour aux sources

Pour son troisième album "Music for crocodiles", Susheela Raman est retournée à Madras, histoire de nourrir une fois de plus sa musique métisse des influences de son Inde natale. Parfaitement envoûtant...
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REGARDEZ ET ECOUTEZ
Une histoire d'identité

"Ame volatile, j'ai une âme volatile…", voilà une phrase (extraite de la chanson du même nom) qui résume assez bien l'identité de Susheela Raman. Née à Londres de parents tamouls et élevée en Australie dans le respect de la culture indienne, Susheela est initiée très tôt à la musique carnatique (musique traditionnelle de l'Inde du Sud) dont elle apprend les chants empreints de spiritualité et de tradition.
Mais à l'adolescence, la jeune tamoule découvre émerveillée la soul, le blues, le funk et le rock et se laisse tenter par leurs sirènes. Ses maîtres ont désormais pour nom Billie Holiday, Chaka Khan, Prince ou Jimi Hendrix. Dès lors elle se cessera de vouloir marier les deux styles musicaux. Mi-indienne, mi-occidentale, l'âme de Susheela comme sa musique ne cesse de faire des va-et-vient entre les deux cultures.

A la recherche du son originel

Alors que sur les précédents albums de l'artiste (Salt Rain paru en 2000 et Love Trap paru en 2003), figuraient des chansons du répertoire traditionnel carnatique joués par des musiciens du monde entier (sauf indiens) et adaptés à la sauce Susheela, "Music for crocodiles" procède d'une toute autre démarche.

Pour son dernier opus, Susheela est retournée à Madras en Inde, aux sources d'une musique dont elle connaît par cœur les rites et les maîtres, les codes et les musiciens. Certains d'entre eux ont accepté de se lancer dans l'aventure : faire entrer une tradition séculaire (instruments, rythmique) sur des compositions originales en anglais. Et à écouter les splendides Light Years (et son superbe chœur de voix sur "The sea is shinning"), Meanwhile (qui sonne très oriental avec ses montées chromatiques de cordes) ou L'Ame Volatile, (ode sensuelle à l'exil chantée en français), il est aisé de comprendre que l'alchimie a fonctionné. La voix de la chanteuse se déploie et prend ses aises (What silence said), rebondit et resurgit là où on l'attend le moins (Music for crocodiles).
A découvrir aussi, Leela (le dernier titre de l'album), mélange de voix chantée et parlée voire scandée qui évoque par endroits les mélodies des Beatles et The Same Song qui diffuse doucement son ambiance liquide pour mieux exalter la voix caressante de Susheela.

Salt Rain (2001)
»Extraits
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Love Trap (2003)
»Extraits
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Music for crocodiles(2005)

En savoir plus
» Le site officiel : http://www.susheelaraman.com/

 
 Nathalie Buy, L'Internaute
 
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