Bono : "mauvais traitements", "harcèlements" à One, pourquoi il s'excuse

L'association One, co-créée par Bono, est accusée par plusieurs employés de "mauvais traitements". Le chanteur, "profondément désolé", s'est excusé auprès des victimes.

[Mis à jour le 12 mars 2018 à 11h54] L'association One, co-créée par le chanteur Bono, est visée par des plaintes de harcèlement et mauvais traitement à l'encontre du personnel. Le Daily Mail s'est penché sur le fonctionnement de l'ONG et a révélé des pratiques douteuses. Dans la branche de l'association située à Johannesburg, en Afrique du Sud, une série d'incidents aurait eu lieu. L'hebdomadaire britannique relaye notamment la plainte d'une employée de l'association, qui aurait été rétrogradée après avoir refusé d'avoir des relations sexuelles avec un député de Tanzanie. D'autres témoignages font état d'un climat d'insultes et d'humiliations quotidiennes : des employés déclarent avoir été ridiculisés en public et avoir dû effectuer des travaux domestiques chez l'une de leur supérieure. L'affaire aurait commencé en novembre dernier. Tout cela a été dénoncé dans une lettre envoyée à Gayle Smith, la PDG de One.

Une enquête policière est en cours autour de ces nombreuses accusations, mais la PDG a déjà reconnu la véracité des faits "d'intimidation et de dépréciation du personnel" qui se seraient déroulés entre 2011 et 2015, nous apprend Télé Loisirs. Ce dimanche, Bono s'est exprimé à ce sujet dans les colonnes du Daily Mail. "Nous sommes profondément désolés (...). Le harcèlement des personnes les plus pauvres dans les endroits les plus pauvres en raison de leur condition est la raison pour laquelle nous avons créé One, rappelle Bono. (...) Mon équipe et moi avions des doutes sur la morale et le management de ce bureau, mais rien de l'ampleur de ce qui a émergé. Le chef de l'équipe a échoué à protéger ces employés, et je dois en prendre la responsabilité", a-t-il estimé. Il aurait ensuite affirmé vouloir rencontrer en personne les victimes afin de s'excuser.

Selon le Mail on Sunday, One est également accusée de n'avoir pas payé ses impôts en Afrique du Sud et d'avoir employé illégalement des travailleurs étrangers munis de visas de tourisme, rapporte 20 minutes.

En 2016, l'association One luttait contre le sexisme

En 2016, comme chaque année, le mensuel féminin Glamour  avait élu la "Femme de l'année".  Seulement cette édition fut un peu spéciale. Et pour cause, le chanteur Paul David Hewson (réelle identité de Bono), figurait parmi les nominées, devenant ainsi le premier homme à faire partie de la sélection. "Il y a tellement d'hommes qui font des choses véritablement merveilleuses pour les femmes ces temps-ci", avait justifié la rédactrice en chef du magazine, Cindi Leive. Glamour voulait ainsi saluer la campagne "Poverty is Sexist", "la pauvreté est sexiste" en français, de l'ONG One. Une campagne qui visait à alerter sur la vulnérabilité des femmes victimes de la pauvreté. Problème, la légitimité de Bono à recevoir un tel prix était discutable. Ce genre de récompense est d'abord censée donner une certaine visibilité médiatique. Visibilité médiatique dont le chanteur de U2 avait sûrement moins besoin que ses concurrentes. 

Mais tout s'était fini pour le mieux. Emily Doe, pseudonyme de la victime du violeur de Stanford, avait finalement été désignée "Femme de l'année" le mercredi 2 novembre 2016. La jeune femme de 23 ans s'était illustrée lors du verdict qui clôturait le procès de Brock Allen Turner, son violeur, en prononçant un discours pour le moins percutant. Inconsciente au moment des faits, la jeune femme avait été abusée sexuellement lors d'une fête sur son campus en janvier 2015. Son agresseur, un champion de natation de l'Université, avait, comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, bénéficié d'une peine de six mois de prison et de trois ans de liberté conditionnelle, soit une sentence minime par rapport aux 14 ans de réclusion criminelle qu'il encourait. Selon le juge, une trop grosse peine aurait "un impact sévère" sur le jeune homme. Emily Doe, qui étudiait également à l'université, est depuis devenue un véritable symbole de ces crimes qui restent souvent impunis aux États-Unis.

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