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INTERVIEW
 
Octobre 2006

"En matière de sécurité routière, nous avons vécu trois semaines catastrophiques l'été dernier"

Interview du lieutenant colonel Luc Auffret, récemment arrivé en Loire-Atlantique pour diriger le groupement départemental de gendarmerie.

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Né à Argenteuil dans le Val d'Oise, le lieutenant-colonel Luc Auffret a suivi les enseignements de l'Ecole supérieure de Saint-Cyr pour réaliser une première partie de sa carrière dans l'armée de Terre. En 1989, il passe le concours d'entrée de la gendarmerie, ce qui l'amène par la suite à assumer différentes fonctions dans plusieurs villes en France et à l'étranger (Outre-mer, Afrique du Sud). A 44 ans, le lieutenant-colonel Luc Auffret est à la tête du groupement départemental de gendarmerie depuis le 1er septembre 2006. Il succède à ce poste au lieutenant-colonel François Degez.

Lieutenant-colonel Luc Auffret
Le lieutenant-colonel Luc Auffret.
Photo © Groupement départemental de Gendarmerie
"J'étais sûrement
prédestiné à ce métier"



Travailler dans la gendarmerie a toujours été une évidence ?
Je suis né dans une caserne. Mon père était gendarme. Alors oui, j'étais sûrement prédestiné à ce métier… J'ai le goût des responsabilités, des activités intenses et la gendarmerie, c'est la possibilité d'avoir un métier ouvert sur la société.

Pourquoi ouvert sur la société ?
En tant que gendarme, on se doit notamment de connaître parfaitement son environnement de travail car on est amené à communiquer avec tous les habitants et à collaborer avec de nombreuses institutions, médecins, pompiers, représentants de l'Education nationale, entre autres... La Loire-Atlantique est d'ailleurs particulièrement difficile à cerner car le département présente une grande diversité de populations, rurales comme urbaines et de milieux, par exemple maritime, agricole, viticole…

Connaissiez-vous Nantes avant d'y être nommé ce 1er septembre 2006 ?
Oui, mon père ayant été affecté ici. Plus jeune j'ai donc déjà habité le département. C'est d'ailleurs entre autre pour cette raison que j'ai demandé à être muté dans l'ouest de la France. Il faut savoir que les officiers ont un rythme de mutations assez intense, tous les trois, quatre ans environ.

Quelles sont les responsabilités que votre fonction vous demande d'assumer au quotidien ?
Je dois assurer le suivi opérationnel de toute l'activité de la gendarmerie. Pour résumer, il me faut coordonner les actions de 1060 gendarmes répartis dans tout le département et dans des unités très diverses. Sécurité routière, brigades nautiques, police judiciaire…

Quelles sont vos actions prioritaires en ce moment ?

Il y en a surtout deux. D'abord, la sécurité routière. De la mi-août à la mi-septembre, nous avons notamment vécu trois semaines catastrophiques. Il y a avait à cette période en Loire-Atlantique presqu'un mort par jour sur la route. Et sans explication particulière… Nous alarmons régulièrement la presse et les partenaires pour relayer ces informations et éviter ce type de relâchement des comportements. De 2003 à 2005, le nombre de tués sur la route a tout de même baissé de 12%. La police judiciaire constitue l'autre axe prioritaire du groupement. Il s'agit de faire baisser la délinquance et d'accroître le sentiment de sécurité chez les habitants. La zone du groupement départemental de gendarmerie de Loire-Atlantique a observé une baisse des actes de délinquance de 11% de 2003 à 2005. Pour cela, il faut savoir que les gendarmes veillent sur le département jour et nuit, toute l'année.

Quel est l'acte de délinquance le plus difficile à contrer ?
La délinquance d'opportunité et notamment ce que l'on appelle le vol à la roulotte qui consiste à plier une portière de voiture pour y voler ce que l'on trouve à l'intérieur, sac à main, autoradio, GPS… Ce type de délinquance est particulièrement difficile à contrer en Loire-Atlantique en été. En effet, à cette période, la population croît fortement sur les côtes, les gens se laissent aller à la nonchalance de l'été et laissent leurs objets de valeur en vue dans leurs véhicules. Avoir 140 kilomètres de côtes à surveiller dans ces conditions, c'est très difficile pour nous.

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