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Janvier 2007

"Le succès a été immédiat même si le lancement nous a fait peur"

Michèle Guillossou, directrice du festival de musique classique Les Folles Journées, dont la 13ème édition se déroule du 31 janvier au 4 février prochain, revient sur la genèse et les clefs de ce succès nantais.

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Dès le 31 janvier prochain, 1800 musiciens internationaux se retrouvent pendant cinq jours à la Cité des Congrès pour donner 278 concerts accessibles à prix modique : de 4,50€ à 25€ le billet. 142 000 places ont été mises en vente.
Le Nantais René Martin, créateur et directeur artistique du festival, a placé l'événement sous le thème de L'harmonie des peuples, invitant le public à découvrir les écoles européennes des années 1870 à 1950.


Michèle Guillossou, directrice du service communication, relations extérieures et activités culturelles de la Cité des Congrès depuis 1992 revient sur la genèse et sur les clefs de ce succès nantais.


Michèle Guillossou
Michèle Guillossou, directrice des Folles Journées depuis 2005. Photo © DR

Vous travaillez sur les Folles Journées depuis la première année de leur création. Pouvez-vous rappeler comment ce festival a vu le jour ?
En 1994, deux ans après la création de la Cité des Congrès de Nantes, le député-maire Jean-Marc Ayrault souhaitait trouver une opération grand public qui permettrait de rendre compte de la qualité acoustique du grand auditorium. René Martin, qui avait déjà remporté un vif succès avec un concert sur Beethoven pour l'inauguration de la Cité en 1992, a proposé le concept des Folles Journées. La ville a accepté ce pari de rendre accessible la musique classique au plus grand public et la première édition s'est jouée en 1995 avec 18000 billets vendus.

Le succès a-t-il été immédiat ?
Oui, même si le lancement nous a fait peur. Le budget du festival était important et le concept novateur. Les cinq premières années, la production était déficitaire. En 2005, une société a été créée pour assurer la production des Folles Journées. Nous atteignons aujourd'hui l'équilibre budgétaire par le biais des recettes de billetterie et de nombreux partenariats et nous avons bien grandi… Le budget est passé de 2,8 millions de francs en 1995 à 3 millions et demi d'euros en 2007. Nous donnions sur deux jours 44 concerts en 1995, les Folles Journées présentent en 2007, 278 concerts en cinq jours.

Comment cet engouement peut-il s'expliquer ?
En grande partie, par la politique tarifaire très intéressante qui est menée, par la diversité de la programmation et grâce à la durée des concerts qui n'excédent pas trois quarts d'heure.

Qui vient aux Folles Journées ?
Tout le monde ! Aux Folles Journées, on vient en tenue simple, comme si on allait au cinéma. Certains viennent découvrir la musique classique, tandis que les mélomanes viennent satisfaire leur gourmandise avec la multiplication des rencontres. Des grands-parents viennent avec leurs petits-enfants… Comme nous le souhaitons depuis le début, la diversification du public est de plus en plus marquée.

Depuis leur création, les Folles Journées se sont exportées dans la région mais aussi à l'international (Lisbonne, Bilbao, Tokyo...) Comment avez-vous réussi à dépasser les frontières ?

C'est l'extérieur qui est venu à nous, à commencer par Lisbonne et par un heureux hasard. Il faut savoir que la chargée culturelle de l'ambassade de

"Aux Folles Journées, on vient en tenue simple, comme si on allait au cinéma."

France de cette ville portugaise est née à Pornic. Connaissant les Folles Journées, elle a fait venir une délégation au festival et une collaboration entre nous est née. Quand il est exporté, le concept nantais est scrupuleusement respecté. René Martin assure la programmation et les techniciens de la Cité des Congrès de Nantes, la réalisation du festival. Cette chargée culturelle travaillant ensuite pour Tokyo, les Folles Journées sont arrivées au Japon et la déclinaison dans d'autres pays a naturellement suivi.

En l'occurrence, Lisbonne cesse cette année de présenter les Folles Journées…
Oui et j'avoue être très déçue par la fin de cette collaboration. Mais si Lisbonne n'est plus, on se réjouit de l'arrivée des Folles Journées à Rio de Janeiro au Brésil !

Les Folles Journées : l'harmonie des peuples
Les Folles Journées, 13ème édition à Nantes Photo © DR

Comment s'annonce le cru 2007 des Folles Journées ?
La programmation est populaire et étonnante car le public découvrira de nombreuses œuvres classiques inspirées du folklore, notamment tzigane ou flamenco en même temps que des œuvres très connues et immanquables comme Le Boléro de Ravel ou encore la Symphonie du Nouveau monde de Dvorak… Je vous recommande également un concert à la forme inédite aux Folles Journées. Jeudi 1er février, de jeunes groupes nantais de la maison de quartier de Doulon présenteront des œuvres classiques adaptées à leurs sons rock ou jazz … Favoriser ce lien entre la musique actuelle et classique est une chose vers lequelle nous irons de plus en plus.

» La Folle Journée, à la Cité des Congrès de Nantes, du 31 janvier au 4 février 2007, dans 11 villes des Pays de la Loire, du 26 au 28 janvier 2007.
Réservations : 0892 705 205

En savoir plus www.follejournee.fr

 

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