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TOUR DE BRETAGNE
 
Juillet 2006

La tour de Bretagne : chronique d'une vie

Photo L'Internaute Magazine / Nathalie Favreau Le 18 novembre 1976 à 17 heures était inaugurée la tour de Bretagne et déjà, sa légitimité était mise en cause. La vie de ce monument n'a jamais été un long fleuve tranquille.

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Dans les années 60, la place de Bretagne se situait en plein cœur du Marchix, un quartier très endommagé par les bombardements américains lors de la seconde guerre mondiale. Son plan de réaménagement a débuté par la construction de deux grands immeubles qui existent toujours et qui abritent la Poste, la Trésorerie générale et la Sécurité sociale. L'exiguïté du terrain qui restait alors sur la place (1800 mètres carrés) se prêtait à l'idée d'y construire une tour. Détail qui a son importance, la ville de Nantes venait en outre d'être classée parmi les métropoles d'équilibre du pays. Quoi de mieux qu'une tour pour symboliser la puissance économique grandissante de la ville ? La tour Montparnasse allait s'imposer du haut de ses 185 mètres, Nantes allait pouvoir rivaliser avec les 144 mètres de la tour de Bretagne. "Ainsi poussa la tour comme le dernier symbole païen d'une époque où tout paraissait encore possible, y compris l'utopie", conclura vingt ans plus tard Ouest-France dans son édition du 18 novembre 1996, en racontant l'histoire de la tour à l'occasion de son anniversaire.

 

Vue sur les niveaux inférieurs de la tour où étaient initialement prévus des parkings Photo L'Internaute Magazine / Nathalie Favreau

La tour la plus haute de l'Ouest

En 1966, sous l'impulsion de la ville de Nantes, une société d'économie mixte constituée en 1959, la SELA (Société d'Equipement de Loire Atlantique) fut en charge de développer le projet. Cette société demanda à Claude Devorsine, architecte aujourd'hui disparu et à Marcel André, ingénieur-conseil, de procéder aux réalisations. En 1968, l'idée était alors de construire un parking sur 6 étages avec station-service auquel les voitures accèderaient par une rampe extérieure. Aux trois niveaux suivants, on imaginait un vaste centre-commercial composé de 25 boutiques et d'un restaurant self-service. Des bureaux occuperaient l'ensemble des étages supérieurs tandis que la terrasse de la tour proposerait un restaurant panoramique de 200 mètres carrés. Pour la gestion immobilière du projet, plusieurs promoteurs nantais se regroupèrent sous la forme d'une Société Civile Immobilière en 1969.

Des débuts difficiles

Anecdote étonnante, alors que les plans étaient déjà établis, la demande de permis de construire n'avait pas été déposée. Ce malheureux oubli a nécessité deux ans de démarches supplémentaires. Les travaux n'ont pu commencer que le 30 septembre 1971. Les promoteurs prévoyaient une mise à disposition des locaux pour l'été 1974. Mais pour obtenir des agréments divers en matière de sécurité et d'urbanisme, les modifications des plans pendant la construction furent plus nombreuses que prévu, ce qui retarda encore l'occupation de la tour. La plaquette de présentation demeurait néanmoins très élogieuse. On y parlait d'une tour de Bretagne "dont le prestige renforcera l'image de marque des sociétés ou particuliers qui s'y installeront". En 1976, après cinq ans de travaux, la tour était enfin inaugurée. Toutefois, loyers et charges trop élevés laissèrent la tour à moitié vide. Les petits commerçants n'ayant pas les moyens de s'installer dans la tour de Bretagne, son centre commercial resta inoccupé. Le restaurant du 29ème étage dut rapidement fermer ses portes en raison de nombreux suicides depuis la terrasse. Le projet tel qu'il avait été conçu n'a pas fonctionné. Bon nombre de promoteurs de l'époque se sortirent avec difficulté de cette aventure.

La terrasse du 29ème étage de la tour est aujourd'hui encore interdite d'accès au grand public.
Photo L'Internaute Magazine / Nathalie Favreau

Une légitimité toujours discutée

La tour de Bretagne dispose aujourd'hui de parkings sous-terrains. Les étages sont entièrement occupés par des bureaux, utilisés en majorité par des administrations. Le Centre des impôts, Nantes métropole et la direction du travail occupent les trois-quarts de l'espace. Près de 800 personnes y travaillent chaque jour. La tour est gérée par un syndicat de co-propriétaires composés en majorité de banques, d'offices notariaux mais aussi de Nantes métropole. Symbole de prospérité économique, sa présence peut sembler aujourd'hui incongrue. Mais si elle ne fait toujours pas l'unanimité autour d'elle, elle entre bientôt dans sa trentième année et les générations qui l'ont toujours connue l'acceptent peut-être mieux. Peut-être serait-il temps de prévoir une nouvelle opération de revalorisation de la tour à l'image de ces quatre étudiantes de l'Enacom qui en 1996 avaient fait preuve d'une idée originale et amusante. Pour la faire connaître et aimer, elles avaient créé une eau de parfum dédiée à la tour nommée "Antor". Mille flacons avaient été mis en vente. Avis aux collectionneurs…

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