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Espèces menacées > Les baleines
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21/10/2006

SOS baleines en danger

Le gouvernement islandais vient d'annoncer la reprise de la chasse à la baleine. Une décision largement contestée par les associations de protection des cétacés menacés d'extinction.


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Après la Norvège et le Japon, l'Islande attaque

C'est un nouveau coup porté aux plus gros cétacés du monde. Le gouvernement islandais a annoncé, le 17 octobre dernier, sa décision de reprendre la chasse à la baleine. Après plus de vingt ans d'interruption, la chasse remet les associations de protection sur le pied de guerre. L'Union Mondiale pour la Conservation des Espèces (UICN) et l'IFAW ont pour leur part souligné que la chasse à la baleine ne pouvait être justifiée par la consommation de sa viande, qui est infime dans les pays chasseurs, ni par l'expertise scientifique, notamment au vue des conditions de chasse. "De toute façon, l'Islande ne cherche pas à justifier sa décision", estime Bernard Derty, porte-parole d'IFAW France. "Elle estime qu'il s'agit de ses ressources nationales et qu'elle peut donc en disposer comme elle le souhaite".

Cette nouvelle, communiquée par le Ministre des Pêches islandais, renforce la position de pays qui pratiquent la chasse à la baleine sans se soucier du droit international. "La décision du gouvernement islandais s'inscrit dans un climat favorable à cette reprise. Certains pays ont ouvert la voie en ignorant les mesures de protection des cétacés. Le Japon d'abord, en prétextant des recherches scientifiques, et la Norvège, qui ne s'estime pas concernée par ces mesures".


Baleine de Minke appelé aussi petit rorqual au large de l'Ecosse. Photo © IFAW

La commission baleinière internationale sous pression

La chasse à la baleine est une pratique ancienne. Dans les années 1930, on estime que plus de 2 millions d'animaux ont été capturés. Après la création de la CBI (Commission Baleinière Internationale) en 1949, la communauté internationale prend peu à peu conscience des dégâts causés par cette activité souvent pointée du doigt pour les méthodes employées. En 1982, la CIB décrète un moratoire qui protège les cétacés. Il prend effet en 1986.

 

Cet événement concrétise des années de combat, alors qu'au cours du XXème siècle, de nombreuses espèces avaient déjà disparues. Mais en juin dernier, la conférence annuelle de la CIB s'était conclue par un vote dans lequel une courte majorité des pays s'est exprimée pour la reprise de la chasse à des fins commerciales. Le moratoire destiné à la protection des cétacés n'avait cependant pas été levé, mais le vote avait déjà beaucoup inquiété les défenseurs de baleines. La CIB, qui compte aujourd'hui 69 pays, est déchirée entre les pays "pro-chasse" et les pays anti-chasse". Ces derniers, parmi lesquels la France, le Canada et les Etats-Unis, ont bien du mal à se faire entendre, en raison de leurs propres contradictions. Le massacre des phoques au Québec, la réintroduction polémique de l'ours dans les Pyrénées ou le refus de Washington d'adhérer au protocole de Kyoto sont autant de polémiques qui empêchent les "anti-chasse" d'être pris au sérieux.

 

Rorqual commun. Photo © IFAW / J. Gordon

Ce sont cette fois les petits rorquals (balaenoptera acutorostrata) et les rorquals communs (balaenoptera physalus) qui sont concernés par cette mesure, alors qu'ils sont inscrits sur la liste des espèces menacées d'extinction. La position de la France, à travers la voix de Nelly Olin, Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable, a été très ferme lors de cette annonce. "Nous sommes très heureux des réactions de Nelly Olin et de François Mattéi", conclut Bernard Derty. "Ils ont soulevé un point très important, qui est de réformer les statuts obsolètes de la CIB. Celle-ci, qui a été instituée par les pays baleiniers pour se partager les quotas de chasse, devrait aujourd’hui aider à la conservation des baleines et non à leur disparition".

 

La décision de l'Islande a été immédiatement condamnée. Le gouvernement britannique a également témoigné son désaccord avec son homologue islandais. L'IFAW a bien l'intention de montrer la voie en multipliant les opérations de sensibilisations auprès des ambassades et du grand public. Elle ne manque pas d'argument : "En 2003, les bénéfices liés à la chasse à la baleine étaient estimés à 3 millions de dollars. Le tourisme, axé sur l'observation des cétacés, en avait rapporté 24 millions".

 

» Et aussi L'interview de Bernard Derty, porte-parole d'IFAW France

En savoir plus sur www.ifaw.org

 


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