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Vincent Munier attendant le moment propice. © Ronan Fournier-Christol
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| "Il faut que ce métier reste avant tout une passion pour ne pas détériorer celle-ci." |
Les photographes animaliers témoignent d'une histoire dont les clichés ne reflètent que la partie émergée de l'iceberg. De Vincent Munier à Ghislain Simard, découverte des secrets des plus grands photographes animaliers de France.
Vincent Munier
"On est vite tentés avec le numérique de modifier les images. Mais il est important de ne pas le faire et de garder l'authenticité de la prise de vue".
Terrain de prédilection : Vosges.
Les animaux en France sont, pour Vincent, beaucoup plus craintifs que dans d'autres pays. Toute une période d'observation et d'affût est nécessaire à la préparation de la photo. Vincent se place par exemple près d'une source de nourriture que l'animal consomme habituellement puis attend. La lumière et l'ambiance font partie de la scène et sont des éléments fondamentaux pour ce photographe.
Astuces : mettre des graines pour attirer les oiseaux, en hiver uniquement.
Vincent Munier suggère aux jeunes qui seraient tentés par ce métier difficile de ne pas se jeter dedans à corps perdu : il faut que cela reste une passion avant tout pour ne pas détériorer cette passion.
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Florent Cardinaux derrière son affût. © Ronan Fournier-Christol
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| "Un photographe, c'est avant tout un regard." |
Florent Cardinaux
"Un photographe, c'est avant tout un regard."
Terrain de prédilection : Franche-Comté.
Animaux observés : renards, insectes dont papillons et libellules, faucon pèlerin.
La particularité de Florent Cardinaux est d'être encore un des rares à se passer de la technologie numérique et à avoir conservé un appareil argentique pour ses prises de vue, le travail de préparation est donc d'autant plus précieux ; il déclenche son appareil seulement lorsqu'il estime que le moment est parfait.
Astuces : Florent note l'importance de ne pas se faire repérer par les animaux, le travail d'affût est donc très important : il place ses affûts parfois plusieurs mois à l'avance pour éviter d'effaroucher l'animal. Il pense l'image et essaie de la recomposer dans la réalité : une bonne photo se pense avant.
"Je retourne plusieurs fois sur place, je persévère et un jour toutes les conditions sont réunies pour faire une grande image. Quand ce moment arrive, on sait pourquoi on s'est battu."
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Eric Dragesco en séance photo dans la montagne. Photo © Ronan Fournier-Christol
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Fabrice Cahez
"L'approche animale est la méthode la plus palpitante et la plus sportive et qui propose les plus belles sensations." "La plus belle des sensations est de croiser le regard d'un animal, notamment certains prédateurs."
Terrain de prédilection : Vosges.
Animaux observés : Chevreuil, chat forestier.
Astuces : Fabrice utilise un objectif de 600 mm pour les mammifères : ce qui permet de rester éloigné de l'animal et de le laisser vivre. Ce photographe chevronné se laisse guider par son instinct ; il conseille également d'avancer avec le vent de face pour repérer un mammifère et éviter ainsi que ce dernier ne vous sente.
| "L'approche animale est la méthode la plus palpitante et la plus sportive et qui propose les plus belles sensations." |
Christophe Courteau
Terrain de prédilection : Bretagne et Afrique australe.
Animaux observés : phoques gris, oiseaux marins.
Astuces : Avoir un objectif stabilisé permet de prendre les photos en mouvement et en gros plan avec un puissant téléobjectif. C'est de la préparation dont dépend le succès de la photo.
Jean-François Hellio & Nicolas Van Hingen
"La force de la photo parle d'elle-même et ce n'est pas la rareté de l'animal qui donne de la force à la photo."
Terrain de prédilection : Brenne
Réputés pour leur goût de l'innovation, ces photographes travaillant en binôme ont mis au point une technique d'affût flottant pour pouvoir prendre en photo des oiseaux d'eau.
Les animaux ne doivent pas avoir conscience de la présence des photographes. L'idéal est donc d'arriver et de repartir de nuit.
Ghislain Simard
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Ghislain Simard prépare l'envol des papillons. Photo © Ronan Fournier-Christol
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Animaux observés : papillons en vol.
Astuces : Ingénieur, Ghislain a mis au point une technique permettant de prendre en photo les papillons en vol, grâce à un système de détection automatique par laser auquel est relié son appareil photo. Le temps de pose de la photo est donc extrêmement court, jusqu'à 1/30 000e de seconde. Le photographe essaie de montrer le papillon tout comme l'environnement qui l'entoure. Il travaille donc au grand angle.
Retrouvez également les portraits et astuces de Frank Renard, Eric Dragesco, Yann Arthus-Bertrand, Daniel Magnin ou encore dans le DVD de Ronan Christol-Fournier "Les secrets des photographes animaliers".
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Les 7 règles d'or du photographe animalier |
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| Utiliser une très longue focale, au moins 500 mm afin d'isoler le sujet de son environnement et de jouer avec le flou du second plan |
| Ne pas se faire repérer. Ne surtout pas déranger la faune |
| Les animaux évoluent dans un environnement particulier : la photo ne doit pas isoler le sujet de l'ambiance dans laquelle il a été aperçu |
| Penser l'image que l'on souhaite obtenir en amont du travail de préparation, d'affût… Bref, ne pas faire confiance qu'au hasard ! |
| Il y a des choses à faire partout, même dans un talus. Le photographe animalier est avant tout observateur |
| Etudier et bien connaître son sujet avant de partir à sa découverte sur le terrain |
| Ne pas chercher à tout prix l'animal rare : plus l'animal est rare, plus la photo sera documentaire et les possibilités d'innover seront minces |
En savoir plus sur le site du film : Songes de Moaï