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 INTERVIEW 
Septembre 2005

Julien Monnier : "un monde nouveau, sous nos pieds"

Julien MonnierPassionnée de macrophotographie, Julien Monnier a sélectionné pour L'Internaute Magazine des photos de faune et de flore hors du commun. Retour sur sa technique, ses envies, ses projets.
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Coccinelle
Pour vous, quel est l'intérêt de la macrophotographie ?
Son intérêt est de mettre en valeur des insectes ou autres petits éléments naturels que l'on ne voit pas toujours à première vue. Par exemple, la photo de mouche très colorée représente un insecte scatophage, que l'on considère souvent comme peu esthétique, sale. Vu en gros plan, sous une lumière travaillée, nous découvrons un monde nouveau, à nos pieds. Je passe beaucoup de temps à chercher, plus qu'à photographier, pour dénicher ces insectes sous les feuilles, dans les trous et recoins.

Les jeux de lumière et de couleur sont frappants sur vos clichés. Est-ce une contrainte que vous vous imposez ?
Bien sûr. On peut faire de la macrophoto "scientifique" assez facilement, dès l'instant que l'on dispose du matériel et du temps nécessaires. Moi j'essaie, comme pour mes autres photographies, de créer une ambiance lumineuse, une composition, une dynamique. Je ne cherche pas forcément un gros grossissement, je cherche avant tout à rendre esthétiques des insectes pour la plupart très communs. La lumière et les couleurs sont essentielles.

Quelle est votre technique ?
Je suis équipé d'un réflex numérique, sur lequel je monte un objectif trans-standard (18-55) avec au bout de celui-ci un objectif 50mm mais retourné, faisant ainsi office de "loupe". C'est la technique du 50mm inversé. J'utilise aussi un flash manuel avec un diffuseur maison (carton et papier calque). Ensuite, je cherche patiemment un sujet convenable, puis un angle et une compo qui me vont. Tous les fichiers sont pris en format brut de capteur (RAW), puis traité pour enlever le fort vignettage que l'on obtient avec cette technique. En bref, c'est un peu du bricolage.

Quelles sont les principales difficultés qui se posent au photographe ?
La principale difficulté à mon sens réside dans la gestion de la lumière. Il faut réussir grâce au flash à déboucher suffisamment les ombres du sujet, sans surexposer celui-ci : vu la distance de travail de l'ordre de quelques centimètres, on n'a pas le droit à l'erreur. Et surtout sans surpasser la lumière ambiante, pour garder l'ambiance lumineuse. Il y a aussi des difficultés pour la mise au point, puisque la profondeur de champ avec la technique que j'utilise est de l'ordre de quelques millimètres : les photos floues sont plus nombreuses que les nettes !

Quels sont vos projets ?
En terme de macrophotographie, je n'ai pas vraiment de projet tout tracé, puisqu'il s'agit d'une partie seulement de ma passion pour la photo. Je continue quand je dispose de temps et de lumière. J'aimerais beaucoup m'équiper d'un vrai objectif macro et d'un flash annulaire, pour avoir plus d'aisance de travail et moins de photos décevantes. Et pourquoi pas tenter un petit voyage à l'étranger et en profiter pour "flasher" les espèces locales.

En savoir plus

» Le site foudephotos.free.fr

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