Julien Monnier : "un monde nouveau, sous nos pieds"
Passionnée
de macrophotographie, Julien Monnier a sélectionné pour
L'Internaute Magazine des photos de faune et de flore
hors du commun. Retour sur sa technique, ses envies, ses
projets.
Pour vous, quel est l'intérêt de la macrophotographie ? Son intérêt est de mettre en valeur des insectes ou autres
petits éléments naturels que l'on ne voit pas toujours à première
vue. Par exemple, la photo de mouche très colorée représente
un insecte scatophage, que l'on considère souvent comme peu
esthétique, sale. Vu en gros plan, sous une lumière travaillée,
nous découvrons un monde nouveau, à nos pieds. Je passe beaucoup
de temps à chercher, plus qu'à photographier, pour dénicher
ces insectes sous les feuilles, dans les trous et recoins.
Les jeux de lumière et de couleur sont frappants sur vos
clichés. Est-ce une contrainte que vous vous imposez ?
Bien sûr. On peut faire de la macrophoto "scientifique" assez
facilement, dès l'instant que l'on dispose du matériel et du
temps nécessaires. Moi j'essaie, comme pour mes autres photographies,
de créer une ambiance lumineuse, une composition, une dynamique.
Je ne cherche pas forcément un gros grossissement, je cherche
avant tout à rendre esthétiques des insectes pour la plupart
très communs. La lumière et les couleurs sont essentielles.
Quelle est votre technique ?
Je suis équipé d'un réflex numérique, sur lequel je monte un
objectif trans-standard (18-55) avec au bout de celui-ci un
objectif 50mm mais retourné, faisant ainsi office de "loupe".
C'est la technique du 50mm inversé. J'utilise aussi un flash
manuel avec un diffuseur maison (carton et papier calque). Ensuite,
je cherche patiemment un sujet convenable, puis un angle et
une compo qui me vont. Tous les fichiers sont pris en format
brut de capteur (RAW), puis traité pour enlever le fort vignettage
que l'on obtient avec cette technique. En bref, c'est un peu
du bricolage.
Quelles sont les principales difficultés qui se posent au
photographe ?
La principale difficulté à mon sens réside dans la gestion de
la lumière. Il faut réussir grâce au flash à déboucher suffisamment
les ombres du sujet, sans surexposer celui-ci : vu la distance
de travail de l'ordre de quelques centimètres, on n'a pas le
droit à l'erreur. Et surtout sans surpasser la lumière ambiante,
pour garder l'ambiance lumineuse. Il y a aussi des difficultés
pour la mise au point, puisque la profondeur de champ avec la
technique que j'utilise est de l'ordre de quelques millimètres
: les photos floues sont plus nombreuses que les nettes !
Quels sont vos projets ?
En terme de macrophotographie, je n'ai pas vraiment de projet
tout tracé, puisqu'il s'agit d'une partie seulement de ma passion
pour la photo. Je continue quand je dispose de temps et de lumière.
J'aimerais beaucoup m'équiper d'un vrai objectif macro et d'un
flash annulaire, pour avoir plus d'aisance de travail et moins
de photos décevantes. Et pourquoi pas tenter un petit
voyage à l'étranger et en profiter pour "flasher" les espèces
locales.