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Connaître l'ours des Pyrénées
L'ours des Pyrénées est le représentant
d'une espèce particulière. Appartenant à
la famille des ursidés, il mesure de 1,70 à
2,20 mètres, pour un poids de 90 kg pour la femelle
à 300 kg pour le mâle. Son pelage varie du beige
au brun foncé et il peut vivre de 20 à 25 ans
en milieu naturel.
L'ours est omnivore et son régime alimentaire
se compose à 70% de végétaux. Selon les
circonstances, il peut aussi se nourrir d'insectes et d'animaux
sauvages ou domestiques.
De décembre à mars,
l'ours traverse une période dite d'hibernation pendant
laquelle ses fonctions sont ralenties, mais, contrairement
à la marmotte par exemple, il ne plonge pas dans un
sommeil total et peut, à tout moment, reprendre son
activité. L'ours n'est pas un animal grégaire
et il préfère la vie en solitaire, sauf au cours
de la période d'accouplement.
L'extinction programmée des ours des Pyrénées
Les dernières estimations des autorités concluent que
la population actuelle des ours n'est pas viable à
long terme. Les individus sont en effet trop peu nombreux. Il faut savoir que si une femelle donne
généralement naissance à un, deux ou
trois oursons, près d'un ourson sur deux meurt au cours
de sa première année.
Originairement présent
dans une grande partie de l'Europe, l'ours n'a cessé
de subir la pression de l'Homme, tant sur son habitat que
sur sa population. En France, jusqu'au XVIème siècle,
on rencontre encore des ours dans les Alpes, le Jura, le Massif
central, les Pyrénées et les Vosges. Au XVIIIème siècle,
l'apparition des armes à feu favorise l'abattage massif
des ours, recherchés notamment pour leur peau et leur
viande. Au début du XXème, les Pyrénées
abritent la seule population d'ours restant en France, estimée
à 150 animaux. Mais celle-ci régresse rapidement,
nécessitant l'intervention des institutions.
En 1972,
la chasse à l'ours est interdite. Le premier plan de
sauvegarde est établi en 1980, mais il ne parvient
pas à enrayer la disparition de l'ours. On ne compte
rapidement plus qu'une dizaine d'ours sur l'ensemble du massif
pyrénéen. Les autorités procèdent
alors à la première réintroduction d'ours
slovènes, qui appartiennent à la même
espèce que les ours des Pyrénées. Trois
ours sont ainsi apportés dans les Pyrénées
centrales entre 1996 et 1997. Aujourd'hui, la population d'ours
vivant dans les Pyrénées est estimée
à une quinzaine d'individus, répartis principalement
entre les deux vallées d'Aspe et d'Ossau.
La difficile cohabitation de l'ours avec l'Homme
L'ours est donc historiquement présent en France, et
plus particulièrement dans les Pyrénées.
Pourtant, ses relations avec l'Homme sont marquées
par une confrontation permanente. Plusieurs faits marquants
ont ponctué ce rapport de force, comme
la mort de l'ourse Cannelle, qui révèle l'incompréhension
et les passions qui sous-tendent la situation actuelle. Le
1er novembre dernier, l'ourse est abattue par un chasseur,
alors qu'elle était accompagnée de son ourson
et que sa présence avait été signalée.
Cet incident a montré les difficultés de mise
en place d'une protection efficace de l'ours et la fragilité
de la population actuelle, Cannelle était en effet
la seule femelle de souche pyrénéenne recensée.
Il s'agit de la conservation d'une espèce et au-delà,
de celle d'un habitat et d'un patrimoine irremplaçable.
L'ours fait partie de la culture pyrénéenne,
son image est partout, dans les produits touristiques comme
dans les traditions. C'est pourquoi, aujourd'hui, de nouveaux
plans de réintroductions sont envisagés. Ils
prévoient jusqu'à quinze lachés d'ici
à 2007.
Réconcilier l'ours et le berger
Le problème central avec l'ours des Pyrénées
reste sa cohabitation avec les bergers et la mise en danger
de leurs troupeaux. Le F.I.E.P., Fonds
d'Intervention Eco-pastoral, dont le groupe ours Pyrénées
agit dans la zone de présence de l'animal, propose de nombreuses solutions :
-
une surveillance continue de la population
d'ours et de ses déplacements
- une
aide aux bergers pour
l'héliportage de matériel
- informer et sensibiliser le
public et les professionnels
- une
revalorisation du rôle du chien, notamment pour
les troupeaux laissés sans surveillance humaine.
Au
Béarn, l'empreinte de l'ours est même devenue
un symbole de qualité pour les producteurs de fromage.
Les fromages Pé Descaous, marqués de la patte
de l'ours, sont produits dans le respect de règles
de strictes et traditionnelles.
En savoir plus :
- site d'informations générales sur l'ours et
le panda : ursides.com
» A voir : exposition "Tant
qu'il y aura des ours... et des hommes" : muséum
d'Orléans. Ouverture du lundi au dimanche, de 14h à
18h. Tarif : 3 euros, gratuit pour les moins de 18 ans. Voir
le site de l'exposition
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