Dr Laetitia Barlerin : Quand une delphine met bas, elle est entourée de plusieurs femelles, les " marraines ", qui veillent à sa sécurité et guident – pour ne pas dire poussent – à la surface le nouveau-né afin qu'il prenne son premier bol d'air. Pendant toute la croissance du delphineau, elles restent à proximité de la mère et de son petit pour les protéger. Elles font même office de " baby-sitters " à chaque fois que cette dernière s'éloigne pour aller chasser.
Ces cétacés ont bien compris que, pour se défendre et pour chasser, l'union fait la force. Quand le groupe se déplace, des " éclaireurs " nagent en périphérie : dès qu'ils repèrent une source alimentaire ou un danger, l'information est aussitôt relayée et permet une réponse coordonnée de toute la troupe. Par exemple, quand un banc de poissons ou de calamars se présente, les dauphins l'entourent en nageant rapidement, sifflent, lâchent des bulles par leurs évents pour effrayer leurs proies et resserrent le cercle. Dès que le banc forme une boule, ils foncent à tour de rôle pour happer les poissons ! Ils peuvent aussi coopérer pour rabattre les proies sur une plage, une côte, un récif et ainsi les " coincer ".
Autre exemple de solidarité chez ces cétacés : quand un dauphin est blessé, malade ou a du mal à respirer, ses congénères lui portent secours. Ils l'aident à remonter et se maintenir en surface pour respirer. On a vu ainsi des dauphins soutenir un des leurs à la surface de l'eau durant plusieurs heures ! Comment comprennent-ils qu'il a besoin d'aide ? L'individu en détresse émettrait des sifflements particuliers pour alerter les autres. Les éthologues pensent aussi que ces animaux évolués qui font preuve de compassion, sont parfaitement capables de sentir et comprendre l'état émotionnel de leurs congénères et, pourquoi pas, d'autres espèces.