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Quel est le rôle de la station de Recherche Petite Camargue Alsacienne ?
La Station de Recherche a pour but d'acquérir des connaissances sur les animaux qui peuplent la Réserve Naturelle de la Petite Camargue Alsacienne (Haut-Rhin) pour mieux les préserver. Il existe un programme d'étude sur le rossignol mis en place depuis plusieurs années. Tous les types d'animaux sont étudiés : oiseaux, mammifères, reptiles, insectes.
J'ai moi-même fait une étude sur la cistude, une tortue d'eau pour laquelle nous avons un programme de réintroduction, et je me penche maintenant sur les rongeurs.
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"Photographier les cistudes élevées au sein de la réserve permet de les ficher, les détails de la carapace est propre à chaque tortue".
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La réduction de l'habitat des animaux sauvages a-t-elle des influences sur leur comportement ?
Oui. Il existe deux phénomènes qui sont liés : réduction et fragmentation de l'habitat. Toutes deux sont d'origine humaine et entraînent notamment du déboisement, l'assèchement des zones humides : pour l'agriculture, les infrastructure routières, ou les constructions diverses.
La réduction de l'habitat signifie par définition qu'il existe de moins en moins de zones naturelles habitables par les animaux. La fragmentation, elle aussi causée par les activités humaines, entraîne un isolement des habitats naturels restants. C'est-à-dire, par exemple, qu'une autoroute qui coupe une forêt en deux peut rendre chaque côté de la forêt inaccessible aux animaux.
Le problème qui est posé est celui du brassage génétique qui devient plus difficile et un risque accru de consanguinité dans les populations vivant de chaque côté. L'ultime menace est l'extinction de ces animaux coupés des autres populations existantes.
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"Une autoroute qui coupe une forêt en deux peut rendre chaque côté de la forêt inaccessible aux animaux (...) Le risque ultime est l'extinction de ces animaux coupés des autres populations existantes."
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Les animaux doivent faire face à toutes ces perturbations et ne vont pas tous réagir de la même manière à ce genre de problèmes. Il est donc important d'étudier ces comportements. Certains animaux vont décider de franchir les obstacles, c'est-à-dire de traverser la route à leurs risques et périls, alors que d'autres n'oseront pas et resteront du même côté. On sait par exemple que l'écureuil roux a une stratégie bien à lui : s'il sait que franchir un obstacle, comme une route, est plus avantageux que de faire un détour en parcourant des centaines de mètres ou même des kilomètres pour arriver de l'autre côté, il prendra le risque. A nous de leur faciliter la tâche en rendant nos infrastructures plus "franchissables", notamment grâce aux passages à faune, encore trop peu nombreux.
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| "Marquer chaque cistude individuellement nous permet d'observer ses comportements à distance". |
Y a-t-il des animaux qui s'adaptent mieux que d'autres aux transformations causées par l'homme ?
Oui, certains animaux profitent des nombreux habitats de bordure créés par la fragmentation. Le bord d'une forêt est écologiquement différent de l'intérieur pour de multiples raisons : plus de vent, plus de soleil par exemple, et accueille donc des plantes adaptées à ces conditions. Ces habitats peuvent profiter à certaines espèces, comme le mulot sylvestre, que j'étudie, que l'on trouve plus fréquemment dans ces habitats qu'à l'intérieur des forêts. Mais d'autres espèces vont préférer rester à l'intérieur, comme le mulot à collier. Il est très difficile de savoir pourquoi une espèce s'adapte mieux qu'une autre, mais il est important de savoir comment elle s'adapte (ou pas), pour pouvoir agir correctement sur les habitats que nous gérons.
| "Certains animaux vont décider de franchir les obstacles, c'est-à-dire de traverser la route à leurs risques et périls, alors que d'autres n'oseront pas prendre ce risque et resteront du même côté." |
Quels sont, face à cette fragmentation, les animaux les plus fragiles ?
Il est difficile de classer ainsi les espèces. Cela dépend de très nombreux facteurs qui rendent la tâche des chercheurs très ardue dans ce domaine. Les grands herbivores comme les chevreuils ou les cerfs ont besoin de grands espaces mais ils sont aussi très adaptables et sont capables de franchir de nombreux obstacles. En revanche, certains papillons qui n'ont pas besoin de zones très étendues, se retrouvent parfois coincés dans des tous petits "isolats" et ont du mal à se disperser ailleurs.
D'autre part, on sait que les routes sont particulièrement meurtrières, notamment pour les oiseaux, petits et grands. Elles le sont aussi pour les petits carnivores tels que renards, martres, putois, ou des espèces en danger comme le castor et la loutre.
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"Les chevreuils ou les cerfs ont besoin de grands espaces mais ils sont aussi très adaptables et sont capables de franchir de nombreux obstacles."
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Les études que vous menez font-elles l'objet d'une application concrète ?
J'espère qu'elles pourront être appliquées. Je souhaite déterminer les conditions environnementales qui sont les plus favorables aux petits rongeurs sauvages : par exemple, est-ce qu'ils préfèrent les habitats de bordure à grande ou petite couverture végétale ? Ceux qui sont orientées plutôt au nord ou plutôt au sud ?
Pourquoi avoir choisi les petits rongeurs ?
Ils ne sont pas en voie de disparition, mais constituent des espèces proies pour de nombreux autres animaux. Ils sont par exemple au menu des chouettes et hiboux, qui sont des oiseaux menacés. Si les populations de rongeurs sont préservées, les animaux qui les mangent auront aussi plus de chances de survivre.
En savoir plus sur le site de la station de Recherche Petite Camargue Alsacienne
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