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François Pattedoie est tombé sous le charme de La Guyane. Appareil photo à la main, il a sillonné le plus vaste département français d'outre-mer à la recherche de paysages magiques et de moments uniques. Mais ce qu'il a découvert là-bas a dépassé tout ce qu'il pouvait imaginer. Il a été subjugué et conquis à tout jamais par ces merveilles offertes par la faune et la flore environnantes. Le côté féerique, sauvage et mystérieux de cette nature lui a laissé un souvenir impérissable. Depuis, il n'a cesse de témoigner de sa splendeur et de sa fragilité. La photographie est pour lui un moyen d'entrer dans l'intimité des paysages qui dévoilent à cette occasion leur personnalité et leur sensualité. Comme il aime à l'écrire lui-même, "photographier, c'est ouvrir une fenêtre du temps qui s'enfuit pour happer la quintessence de quelques fragments ô combien précieux."

 

Interview de François Pattedoie.

La Guyane semble vous avoir subjugué quand on regarde vos photos. Qu'est-ce qui vous plait tant dans ce département ?

François Pattedoie : La Guyane, c'est une sacrée nature. On l'aime ou on ne l'aime pas, mais dans tous les cas, elle ne laisse pas indifférent. L'expédition de Choiseul en 1763 a donné à tort cette mauvaise image qu'elle véhicule. Il faut définitivement la casser. Ce que je savais d'elle avant mon départ, était en relation avec le bagne. Combien de fois ai-je entendu dire qu'il fallait le remettre parce que "casser des cailloux à Cayenne apprendrait à vivre" ? Je me suis documenté, et j'ai découvert sa richesse de par sa biodiversité, son brassage ethnique, et son histoire, que je ne soupçonnais pas.

C'est un département contrasté, unique, ce qui fait qu'il est à la fois facile et difficile d'en parler. Le mieux pour le comprendre, est de le photographier et d'y vivre. Pour vous donner un exemple, au cours de mon travail je me suis rendu à Cayodé, un village amérindien au coeur de la forêt tropicale, et le lendemain j'assistais à un tir d'Ariane V.

En même temps, la Guyane est très secrète, la forêt tropicale ne s'apprivoise pas. L'animal qui m'a le plus impressionné est la tortue luth, la plus grosse tortue marine du monde. La ponte est un spectacle extraordinaire. C'est une leçon de vie et d'humilité. La période du bagne n'est pas glorieuse, les cicatrices sont profondes. Chacune de mes visites sur l'île St Joseph m'a pris aux tripes. Cette sensation d'être constamment suivi et le tintement des clés des cellules qu'on s'attend à entendre à tout moment me mettait mal à l'aise. Il y a une autre particularité que les autres DOM-TOM n'ont pas : ce n'est pas une île.

C'est cet ensemble de choses qui m'a séduit. Je l'ai photographié telle qu'elle s'est présentée à moi et elle m'a dévoilé une partie de son intimité. C'est un paradis sur terre. Lorsque la brume s'élève lentement de la forêt après une averse tropicale tous ses parfums vous envahissent. C'est magique, c'est le jardin d'éden.

Lire la suite de l'interview

 

 Voir également son site : François Pattedoie

Réalisé par Laëtitia DEVILLARS, L'Internaute
Dernière mise à jour le 12/07/2011 - (Publié le 24/10/2009)
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