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13/09/2006
"Je suis le seul à pouvoir réunir tous ceux et toutes celles qui rejettent la gestion de Bertrand Delanoé"
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Député de Paris et chef de service à l'hôpital Cochin, Bernard Debré prépare sa candidature aux élections municipales de Paris en 2008. Il a répondu a vos questions en direct sur L'Internaute. |
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| Photo © Cécile Genest |
| "Paris est malade, de sa circulation (la thrombose n'est pas loin), de son logement, de son chômage et de sa propreté." |
Pourquoi vous présentez-vous à la mairie de Paris ?
Bernard Debré Paris est en train de devenir une "ville musée", ou plus exactement une sous-préfecture de l'Europe. Mon expérience professionnelle en tant que médecin m'a permis de rencontrer les Parisiennes et les Parisiens depuis plusieurs dizaines d'années. J'ai envie de me mettre au service de Paris pour la transformer et en faire une grande métropole du XXIe siècle.
Aimez-vous Paris ? Quels sont vos liens avec la capitale ? Pouvez-vous dire que vous la connaissez vraiment ?
Je vis à Paris depuis plus de 60 ans. D'abord comme lycéen, dans le XVIe arrondissements, puis comme étudiant dans les V et VIe arrondissement, comme médecin à Saint-Antoine dans le XIIe, à Tonon dans le XXe, à Broussais dans le XIVe et depuis 20 ans à Cochin, toujours dans le XIVe. J'ai sillonné tout Paris et j'aime Paris dans toute sa diversité.
Ne craignez-vous pas de diviser la droite parisienne face à Bertrand Delanoë ?
Au contraire, je crois que je suis le seul à pouvoir réunir au-delà de l'UMP tous ceux et toutes celles qui rejettent la gestion de Bertrand Delanoé. Quand il le faudra, je demanderai que tous les partis politiques du centre et de la droite se réunissent derrière moi. Paris n'appartient à aucun parti politique.
On parle de parachutage pour les municipales parisiennes, avez-vous des noms ?
Les élections municipales seront vraisemblablement en mars 2008, les avions qui largueront les parachutistes n'ont pas encore décollé.
Paris n'est pas un corps malade à soigner : la vitalité de Paris ne se conçoit qu'en cohérence avec celle de toute l'agglomération parisienne ; en quoi votre expérience professionnelle peut-elle être un atout de votre candidature ?
Paris est malade, de sa circulation (la thrombose n'est pas loin), de son logement, de son chômage et de sa propreté. Il est évident également que Paris a une surface beaucoup trop petite par rapport aux autres grandes métropoles européennes et qu'il faudra dans les années qui viennent, d'une façon ou d'une autre, englober ou associer la première couronne en accord avec les maires. J'ai, comme je l'ai déjà dit, une connaissance des Parisiens, de leurs préoccupations, de leur vie, de leurs drames, de leur bonheur à travers les centaines de milliers de personnes rencontrées au cours de mes activités médicales et politiques.
Vous dites que vous êtes candidat mais on ne vous voit pas sur les sujets parisiens. Pourquoi ?
Ouvrez les yeux et regardez la télévision ! Ce matin encore, j'ai visité les travaux de la prochaine usine de retraitement des déchets parisiens à Issy-les-Moulineaux, hier j'ai réuni des jeunes au café Saint-Sulpice, avant-hier j'étais sur les marchés des XVIIIe et du XIXe arrondissements. Cela fait maintenant un an et demi que j'organise des réunions, des dîners débats et que je travaille sur le terrain à la rencontre des Parisiens. Si vous voulez mon programme, allez sur mon site www.pourparis.fr.
Claude Goasguen affirme que la droite parisienne doit aussi s'adresser "aux différentes communautés, musulmane, kabyle, antillaise, asiatique et africaine, que Delanoë a inexplicablement délaissées". Etes-vous d'accord avec lui ?
Je m'intéresse aux Parisiens d'où qu'ils viennent, dans leurs diversités, sans nier les spécificités des uns et des autres, mais je trouve très démagogique de stigmatiser les uns par rapport aux autres. Je ne veux pas tomber dans le communautarisme mais mon souhait est que tous se sentent parisiens, solidaires, unis et bien dans leur ville.
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| Photo © Cécile Genest |
| "La politique du logement doit encourager l'accession à la propriété" |
Quelles sont vos propositions en matière de logement ?
Une constatation d'abord : les classes moyennes et les jeunes couples quittent Paris. Il existe des grandes institutions propriétaires de dizaines de milliers d'appartements. Attribuons-les à ceux qui en ont besoin. Construisons dans les espaces qui existent encore des logements pour ces classes moyennes. Réfléchissons à l'éventualité de tours. J'ajouterai deux points : la politique du logement ne peut se concevoir que dans le "Grand Paris" et la politique du logement doit encourager l'accession à la propriété.
En matière de transport, êtes-vous pour les différents projets d'enfouissement des axes de circulation tels que ceux dont on entend parler ces derniers temps ?
Bien entendu, il est nécessaire comme dans les grandes villes qui existent dans le monde, de créer des dizaines de parkings souterrains pour libérer une partie des 170 000 places de surface. Il faut ensuite, comme cela s'est fait aussi dans beaucoup de villes, créer des grands axes souterrains pour décongestionner la circulation. Ces grands axes ont déjà été prévus par beaucoup de techniciens. Dans le cadre de mon association "Pour Paris", nous y réfléchissons avec des experts. Je vais d'ailleurs très prochainement visiter les travaux du tunnel qui relie l'A86 à l'A13. Mon objectif, en terme de déplacements, c'est de donner le choix aux Parisiens.
Comment comptez-vous assurer le financement de votre campagne ?
Grâce à vous. Si vous voulez y participer : www.pourparis.fr . Merci d'avance !
Qu'appelez vous une "grande université libre"?
C'est une université qui pourra accueillir des professeurs et des étudiants du monde entier pour redonner à Paris sa vocation universelle. Elle pourrait être, pourquoi pas, privée, "sponsorisée" par les grandes entreprises comme aux Etats-Unis.
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| Photo © Cécile Genest |
"Une université qui pourrait être, pourquoi pas, privée, "sponsorisée" par les grandes entreprises comme aux Etats-Unis"
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Que pensez vous de l'affaire Cachan ?
Il s'agit d'un drame dont les responsables ne sont pas ceux qu'on accuse. J'ai rencontré hier, dans le cadre de ma campagne, le Préfet de Créteil, le Préfet de l'Ile-de-France. La vérité c'est qu'avant l'expulsion, une organisation paragouvernementale avait été mise en place pour reloger progressivement ceux qui habitaient dans ce squat. Presque personne n'a voulu accepter les offres de relogement (4 familles seulement sont parties de plein gré). Après l'expulsion, le Préfet du 94 a proposé et propose encore aux illégaux comme à ceux qui ont des papiers d'être relogés dans différents endroits mais ils exigent d'être relogés tous ensemble, ce qui est impossible et qui va contre l'esprit républicain qui exige qu'on lutte contre la création de ghettos. Pourquoi refusent-ils d'être logés dignement ? Je déplore l'utilisation de cette affaire par certains artistes qui veulent faire parler d'eux.
Quelle est votre position sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics ?
Je me pose un véritable problème. Comme médecin, je considère que le tabac est dangereux aussi bien pour celui qui fume que pour celui qui le subit. J'ajouterais que l'alcool est dangereux pour celui qui en boit trop, que le cholestérol dans les beurres et les crèmes aussi, que les portables peuvent altérer l'audition etc. Si nous créons une société où la vie saine est une obligation, nous nous approcherons à grands pas d'un totalitarisme dangereux. Cela dit, il est évident qu'il faut des lieux non-fumeurs et qu'il faut encadrer les lieux où les cigarettes seront autorisées. Ne tombons pas dans l'excès de Singapour où le voisin va dénoncer celui qui fume dans son appartement. N'est-il pas mieux d'informer, d'éduquer, que de prendre des lois coercitives ?
Pensez-vous qu'il faut légiférer sur l'éthique ?
Bien entendu, en sachant que ces lois ne seront valables que pendant des durées déterminées, jusqu'à ce que des nouvelles découvertes posent de nouveaux problèmes éthiques. La science va à une vitesse extraordinaire, n'ayons pas peur des découvertes à condition qu'elles soient faites pour l'Homme et non contre l'Homme.
Etes-vous toujours médecin et comptez vous toujours exercer ce métier si vous êtes élu maire ?
Je suis toujours médecin, je continue à exercer. Je considère qu'il est important qu'un homme politique ait une expérience professionnelle de la vie, ce qui le rend libre. Quand je serai élu Maire de Paris, il est évident néanmoins que j'arrêterai l'exercice de ma profession à Cochin.
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| Photo © Cécile Genest |
"Il faut élire le Maire au suffrage universel"
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Qu'attendez-vous de la consultation ? Combien de participations avez-vous reçues ?
Vous écouter et vous donner la parole. Comprendre vos préoccupations. Recueillir vos idées et être plus proche de vous. Plusieurs milliers de Parisiens y ont répondu et cela continue jusqu'au 15 octobre sur le site "pourparis.fr". J'en rendrai compte et en tiendrai compte.
Connaissez-vous bien Nicolas Sarkozy ? Qu'appréciez vous de sa politique ?
Je connais Nicolas Sarkozy depuis plusieurs dizaines d'années. J'ai été avec lui dans le gouvernement de Balladur et je ferai sa campagne. J'apprécie en lui sa volonté de dire la vérité même si elle dérange. J'aime sa pugnacité et sa capacité à convaincre. J'aime également quand il va à la rencontre de ceux qui le critiquent et qui le combattent.
Pouvez-vous définir "une grande métropole du XXIe siècle" ?
Une grande métropole est une métropole démocratique. Il faut donc élire le Maire au suffrage universel, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Il faut qu'elle soit suffisamment grande au point de vue superficie pour concurrencer les autres métropoles du monde ce qui n'est pas le cas actuellement. Il faut qu'elle soit le centre de la création artistique, scientifique, économique... ce qui n'est plus le cas actuellement. Il faut qu'elle attire non seulement les Français mais aussi les étrangers qui veulent y travailler, ce qui n'est pas le cas actuellement (les jeunes Français qui le peuvent s'en vont à Londres, Barcelone, Madrid, Berlin etc.) Il faut enfin que les Parisiens se sentent bien dans leur ville ce qui n'est plus le cas actuellement (circulation, sécurité, logement, propreté, emplois...).
Bernard Debré Merci à vous toutes et à vous tous et pardon à ceux à qui je n'ai pas pu répondre faute de temps. Je reviendrai ou venez me voir.
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