Député du XIIe arrondissement et adjointe au maire de Paris, Sandrine Mazetier a répondu à vos questions. Les élections municipales, son opinion sur son adversaire Jean-Marie Cavada, mais aussi ses ambitions et sa vision du PS et de Bertrand Delanoë : voici ses réponses.
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Photo © L'Internaute Magazine / Cécile Genest
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T. Biron : On ne vous connait pas bien. Pouvez-vous nous dire en quelques mots qui vous êtes ?
Je suis une Parisienne de 41 ans, mère de deux enfants, citoyenne engagée de longue date au parti socialiste et députée depuis le mois de juin.
Caro 2 : C'est quoi votre vrai métier à la base ?
Consultante en communication en agence de com corporate.
Juju : Quel est le rôle exact d'un député ?
Voter la loi (ou s'y opposer), contrôler le gouvernement et l'utilisation de l'argent public, alerter l'opinion, défendre le pluralisme.
Simon : Dans quel arrondissement habitez-vous ?
J'habite dans le XIIe arrondissement depuis ma plus tendre enfance.
Vincent : Que pensez-vous de Jean-Marie Cavada ? Est-il un danger pour la candidature de Madame Blumenthal, et pour le XIIe arrondissement en général ?
Je pensais que Jean-Marie Cavada était un journaliste attachée à la vérité, et respectueux de la démocratie. Je découvre une personnalité médiocre, qui pense que la politique est faite de coup bas et de polémique de caniveau, qui méprise la fonction d'élu local à laquelle il prétend pourtant aspirer, et qui occulte son soutien à Nicolas Sarkozy et Françoise de Panafieu, et se dérobe au débat. Il a par exemple refusé de débattre aujourd'hui même avec vous et moi. Sa campagne aurait pu et du être une occasion de débat sur le fond, sur la vision de la ville de Paris, sur ce qui est nécessaire au XIIe. Ce n'est pas le cas. Cavada ne contribue pas à la "propreté" de Paris. Mais la seule menace, c'est la démobilisation des électeurs. Les sondages ne sont rien. Seule l'expression des citoyens dans les urnes le 9 mars et le 16 mars compte. Ce sont les Parisiens qui décideront de leur avenir au 1er et au 2nd tour, pas les instituts de sondage.
"La seule réelle difficulté, c'est le fait
que l'opinion pense que les jeux sont faits" |
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Photo © L'Internaute Magazine / Cécile Genest
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Stéphane : Est-ce que ça n'est pas trop difficile de mener cette campagne alors que vous êtes peu connue face à Monsieur Cavada ?
Il est effectivement frustrant de ne lire que des articles sur Cavada, disant que Michèle Blumenthal n'est pas connue, illustrés par des photos de Cavada (et Christine Lagarde) ! Mais la seule réelle difficulté, c'est le fait que l'opinion pense que les jeux sont faits, parce que des sondages sont sans cesse publiés. Encore une fois, ce ne sont pas les sondages qui décident, mais bien les électeurs. Veulent-ils que Paris prenne un temps d'avance avec Bertrand Delanoë et Michèle Blumenthal et si oui, c'est à eux de le réaliser le 9 mars prochain.
Sophie M : Quels sont, selon vous, les batailles les plus importantes à mener dans le XIIe arrondissement ?
Celles qui concernent tout Paris : relever l'enjeu du logement pour tous, sans opposer les catégories sociales ou les générations entre elles, défendre une ville durable où l'on puisse naître, grandir et vieillir en harmonie : cela veut dire des investissements dans le logement, les équipements publics, les crèches, les écoles, les maisons de retraite, les transports collectifs et individuels. Cela veut dire aussi que rien ne peut se faire sans l'énergie et l'imagination du plus grand nombre : c'est le rôle - décisif - des conseils de quartier et des concertations, quelle que soit leur forme. Il faut aussi poursuivre la reconquête de l'espace public, des berges de la Seine, du bois de Vincennes, des portes de Paris. Le XIIe est aussi très important, dans le projet de "Paris métropole", comme tous les arrondissements limitrophes avec les communes voisines de Paris. Enfin, le XIIe, c'est un modèle de qualité de vie, d'équilibre. C'est un arrondissement "tempéré", où s'invente la Paris du 21ème siècle. C'est cela qu'il faut défendre.