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Mai 2006
"Paris vu du ciel est un enchantement"
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Le photographe aérien Jean-Louis Schmidt a suivi les traces de son père, Louis Schmidt, et à réalisé en 2000 un rêve d'enfant : photographier Paris à basse altitude. |
Une histoire de famille
Mon père Louis Schmidt m'a tout enseigné sur la photo aérienne, sa passion.
En 1950, il rencontre un "virtuose" de cette profession, Roger Henrard, qui lui apprend toutes les finesses de ce métier difficile. Il avait même conseillé à mon père de peindre son avion en gris métal avec une immatriculation noire pour ne pas être repéré par les services de police, à l'époque déjà très répressifs. Lors des funérailles du Général de Gaulle en 1970, mon père réalise un reportage à Colombey-les-deux-Eglises, en zone interdite. Publiées dans Paris Match, se sont les seules photos de cet évènement historique connues à ce jour.
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Le photographe devant son avion. Photo © J.L. Schmidt
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A la suite de ce reportage, de retour à l'aéroport de Metz, mon père est immédiatement interpellé par la police de l'air qui lui suspend sa licence pour une durée de trois ans.
C'est ainsi que moi, Jean-Louis Schmidt, jeune pilote professionnel breveté, j'ai pris les commandes d'un avion, pour permettre à mon père de continuer son travail. Durant toutes ces heures de vol, il m'a transmis toutes ses "ficelles" personnelles acquises au fil des années, ainsi que celles offertes par son maître Roger Henrard. Puis je passe, à 19 ans, mon brevet de pilote professionnel après avoir servi dans l'armée de l'air.
"Paris vu du ciel est un enchantement"
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Louis Schmidt prêt à partir en reportage. Photo © J.L. Schmidt
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En 1998, la région Ile-de-France me propose d'effectuer un reportage photo sur tous les lycées et collèges de la région. Jai tout de suite accepté ! Ce travail me prendra deux ans, avec des allers-retours chaque semaine à Paris. Quelle galère : pour faire de bonnes images, il faut une bonne météo, ne pas être un mercredi car le conseil des ministres a lieu ce jour là, qu'il n'y ait pas de manifestations dans les rues (quasi quotidiennes à Paris) ! Les heures où les conditions idéales sont réunies sont comptées. Mais le jeu en vaut la chandelle. C'est une chance de pouvoir voler au-dessus de la capitale normalement interdite de survol.
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Le premier avion du père de Jean-Louis Schmidt Photo © J.L. Schmidt
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Je profite de cette autorisation pour mitrailler les rues, les avenues, les monuments, et ainsi me constituer une collection exceptionnelle de photos de Paris. En tout, j'ai effectué une trentaine de vols de 18 minutes, temps maximal de survol autorisé, pendant lesquels j'ai fait plus de 1000 clichés.
Paris vu du ciel est un enchantement. Je nai encore jamais vu une ville aussi belle.
Jai pourtant 3000 heures de vol sur toute la France mais je nai jamais connu daussi belles perspectives.
Je travaille manuellement avec un Namia 645 motorisé et deux boîtiers. Dans l'hélicoptère, je fais mes prises de vue porte ouverte, et mon assistant est chargé de changer très rapidement les pellicules. Le temps est compté ! J'ai eu la chance de tomber sur un pilote casse-cou qui a défié les limites du raisonnable, c'est-à-dire celles établies par la préfecture, fixées à 300 mètres d'altitude ; nous sommes descendus jusqu'à 100 mètres de hauteur ! C'était très impressionnant.
La photo qui me donne le vertige
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La tour Eiffel vue de haut. Photo © J.L. Schmidt
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Ma photo préférée est celle de la Tour Eiffel, je l'ai prise en plongé. Cette photo me donne le vertige. Nous étions à quelques dizaines de mètres du sommet ! Lorsque je travaille en avion, ce qui est beaucoup moins coûteux qu'en hélicoptère, je suis seul. L'appareil est fixe, je dois donc positionner l'avion dans le bon angle pour prendre mon cliché. C'est un métier dangereux.
Mais quelle satisfaction de contempler le travail terminé. Mon désir maintenant est de faire connaître ces prises de vue exceptionnelles au plus grand nombre damateurs.
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