DOSSIER
10/11/2006
Comment Paris se prépare à une autre grande crue
Après les dégâts des inondations de 1910, ainsi que ceux des années 1955 et 1985 qui, dans une moindre mesure, firent prendre un bain de jouvence à la capitale, le spectre d'une crue catastrophique réapparaît régulièrement.
Des mesures de prévention pour ParisFace aux prévisions pessimistes des scientifiques, la Mairie de Paris prend aujourd'hui ses précautions : un plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), valable pour l'ensemble du département de Paris, a enfin vu le jour le 17 octobre 2006, après plusieurs tentatives. Pour l'aile écologiste du Conseil de Paris, ce dernier n'est pas suffisant. Il permet encore de densifier les constructions de 20% dans les zones inondables, limitation qui va jusqu'à être abolie dans les secteurs dits "stratégiques pour le développement économique et social", pourtant situés dans des zones à constructibilité limitée.
Priorité aux monumentsDe nombreux établissements ont cependant été mis sous haute surveillance. C'est le cas du Louvre, de la galerie nationale du Jeu de Paume, du musée de l'Orangerie, de l'hôtel de Sully, du musée Notre-Dame de Paris, de l'Ecole Nationale des Beaux Arts, du musée d'Orsay ou encore du musée du Quai Branly.
On a également pris soin de déplacer les réserves souterraines du musée d'Orsay et du Louvre. Enfin certaines ouvertures du RER C ont été obturées et des bateaux à fond plat patientent pour acheminer en cas de nécessité les fonctionnaires indispensables au bon fonctionnement de la ville. Sans oublier les barrages-réservoirs construits en amont de Paris dans les années 70 et 80. Le tout pour parer à l'inquiétante réalité selon laquelle si le scénario de 1910 se reproduisait, seul un quart de l'eau ferait l'objet d'une rétention… causant entre 4,5 et 12 milliards d'euros de dommages économiques à la ville, soit 7 à 8 fois plus qu'en 1910. Qu'on ne s'y trompe pas néanmoins: personne n'est tenu d'enfiler demain une bouée de sauvetage. Le risque pour les personnes est aisément contrôlable. Mais il serait insouciant de considérer toute crue comme un scénario rocambolesque. Mieux vaut prévenir que guérir… la crue de 1910, et les 8m62 d'eau atteints au niveau du pont d'Austerlitz, auront servi de leçon.
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