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Juin 2006
"J'ose espérer qu'on ne va plus me proposer que des rôles clichés"
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Après "Les Poupées russes", la voici à l'affiche du film événement "Paris je t'aime". Son parcours, ses projets... Aïssa Maïga a répondu à vos questions en direct. |
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| Photo © Agathe Azzis
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| "Etre au même générique que de grand artistes comme Gena Rowlands, Fanny Ardant, Juliette Binoche, ou Nick Nolte... c'était tout simplement énorme !" |
Pourquoi avez-vous choisi de tourner dans Paris je t'aime ?
Aïssa Maïga Tout d'abord, la rencontre
avec Oliver Schmitz a été déterminante. J'avais vu son précédent
film, "Hijack Stories", tourné en Afrique du Sud, pays
dont il est originaire. Ce film africain à l'esthétique très tranchée,
très moderne, m'avait beaucoup plu, et jamais je n'aurais pensé
avoir la chance de rencontrer ce réalisateur. J'étais donc ravie
quand la directrice de casting m'a appelée pour me dire qu'il
souhaitait me rencontrer ! Ensuite, l'idée de tourner dans
cette oeuvre collective, avec des réalisateurs comme les frères
Coen, Gus Van Sant, Isabel Coixet... et d'être au même générique
que de grand artistes comme Gena Rowlands, Fanny Ardant, Juliette
Binoche, ou Nick Nolte... c'était tout simplement énorme !
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| Photo © Agathe Azzis |
| "Le court métrage dans lequel je joue est très poignant. " |
J'ai vu "Paris je t'aime" et j'ai trouvé que le court métrage dans lequel tu joues était l'un des plus tristes. Comment s'est passé le tournage ? Pas trop dur de jouer une jeune secouriste qui assiste à un décès ?
Le court métrage dans lequel je joue est
en effet très poignant. Oliver a choisi de filmer une rencontre
amoureuse "avortée" par un décès. C'est une vraie tragédie moderne
! En quelques minutes, il arrive à nous faire croire à cette situation,
on s'attache, je crois, aux personnages, et on a envie que cette
fille le sauve, qu'ils partagent un café... mais la violence du
monde urbain est telle qu'ils ont à peine le temps de se rencontrer.
Nous avons rencontré un chirurgien et les discussions que j'ai
eues avec elle, les documents médicaux qu'elle m'a donnés m'ont
permis de me mettre dans la peau de cette toute jeune ambulancière...
Lorsqu'on doit jouer une scène si triste, il faut accepter d'être
traversée par des flots d'émotion. Mais c'est toute la beauté
de ce métier... On rend hommage à tous les moments difficiles
que l'on a pu traverser, comme les deuils.
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| Photo © Agathe Azzis
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| "Et ça fait partie du plaisir de voir Paris je t'aime, on est tour à tour séduit, touché, amusé..." |
Quel est votre court-métrage préféré dans "Paris je t'aime" ?
Il est difficile d'en choisir un seul. Je dirais que pour des raisons différentes, le dernier, d'Alexander Payne, avec cette Américaine seule à Paris m'a émue, fait rire, et surtout, j'avais envie de continuer de voir cette femme à l'écran. Celui de Tom Tykwer, avec Natalie Portman, m'a beaucoup plu. Ou encore celui avec Binoche, de Nabuhiro Suwa... Et aussi celui de Gena Rowlands... Voilà, il y en a plusieurs. Et ça fait partie du plaisir de voir "Paris je t'aime", on est tour à tour séduit, touché, amusé...
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| Photo © Agathe Azzis |
| "Un jeune acteur, voyant mon désespoir, m'a conseillé d'aller voir un agent. C'était Gad Elmaleh." |
Comment avez-vous fait pour devenir comédienne ?
J'ai commencé adolescente dans une comédie musicale que l'on a jouée pendant 3 ans. Cette expérience m'a poussée à prendre des cours de théâtre amateur. Mais à l'époque, je n'assumais pas mon désir de devenir comédienne. Et c'est après le bac que je me suis décidée. Par hasard, j'ai passé un casting. Je n'ai pas eu le rôle. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps (j'en avais quand même gardé quelques-unes pour "Paris je t'aime"). Et un jeune acteur, voyant mon désespoir, m'a conseillé d'aller voir un agent. Ce jeune acteur, c'était Gad Elmaleh (inconnu à l'époque). Grâce à cet agent, j'ai démarré les castings. Le premier, c'était pour Saraka-Bô de Denis Amar. J'ai eu le rôle, et tout a démarré.
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| Photo © Agathe Azzis
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| "J'adorerais tourner outre-Atlantique avec Spike Lee, David Lynch..." |
Avec quel réalisateur rêvez-vous de tourner ?
En France, il y a Jacques Audiard, Claire Denis... et bien d'autres. J'adorerais tourner outre-Atlantique aussi avec Spike Lee, David Lynch...
Pensez-vous qu'il est plus difficile de faire carrière pour une comédienne noire ?
Oui. C'est plus difficile. Mais les choses commencent à changer. J'ose espérer qu'on ne va plus nous proposer que des rôles clichés (racistes et sexistes, ça va souvent ensemble). J'ose espérer qu'on va de plus en plus nous proposer tous types de rôles, sans caractère ethnique réducteur. J'ose espérer aussi que les fictions françaises vont de plus en plus traiter de l'histoire commune de ce pays avec ses anciennes colonies. Bref, j'ose espérer que la France va vraiment devenir ce qu'elle est : un pays multiethnique.
Quels sont vos futurs projets ?
Plusieurs films vont sortir : "Je vais bien, ne t'en fais pas" de Philippe Lioret, en septembre "Bamako", de Abderrahmane Sissako, en octobre "Donne-moi ta main", de Eric Lartigau, et un téléfilm en novembre pour Arte, "Une famille parfaite", de Pierre Trividic et Patrick Mario-Bernard. Des projets de tournage, mais c'est secret pour l'instant.
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| Photo © Agathe Azzis |
| "J'habite dans le XXème, dans un quartier populaire, où tout le monde se connaît." |
Quelles sont vos bonnes adresses à Paris ?
J'habite dans le XXème, dans un quartier populaire, où tout le monde se connaît. Médecin, courses, café, librairies... tout est à quelques rues de chez moi ! Au ciné, je vais au MK2 quai de Seine ou quai de Loire, j'aime leur librairie aussi. J'adore marcher sur les quais, au bord de l'eau. D'ailleurs, j'adorerais habiter près de la Seine. Sinon, je suis souvent vers Rambuteau. Café Beaubourg, c'est central, pratique pour les rendez-vous...
Avez-vous essayé le mannequinat avant le cinéma ?
Non, je ne suis pas un porte-manteau... Merci, j'ai passé un moment très agréable, en plus, ils sont très sympas à L'Internaute Magazine! A une prochaine fois sans doute...
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