
L'objectif
fixe Canon 28mm F/2.8 |
En numérique
comme en argentique, la qualité de l'objectif
est déterminante. Mais elle ne s'évalue
pas à la légère. Hormis la pratique, il
n'y a pas de recette miracle pour juger des
prestations du bloc optique d'un appareil, cependant
une bonne lecture de ses spécifications
ne peut pas faire de mal.
Pour commencer, on vous
conseille de faire
abstraction de la marque allemande
qu'arborent fièrement nombre d'appareils.
Schneider-Kreuznach ou Karl Zeiss sont bien
des opticiens mythiques, mais n'allez pas imaginer
pour autant que l'objectif de votre appareil
"made in Asia" embarque des verres
polis avec amour et savoir-faire dans une fabrique
d'outre-Rhin.
Au
mieux, la formule optique a été
conçue conjointement par l'opticien de
renom et le fabricant de l'appareil. Au pire,
ce dernier a tout simplement acquis le droit
d'exploiter la marque allemande, et de l'apposer
sur le museau de ses modèles. Bref :
l'origine affichée tient plus de la ficelle
commerciale que d'autre chose.
Deuxième point,
par commodité, les constructeurs qualifient souvent
les objectifs de zoom 3x, 8x ou encore 12x.
Ce chiffre a le mérite de parler à
tous et de donner une idée de l'amplitude
du zoom, ou si vous préférez de
son pouvoir grossissant. Mais il ne correspond pas à grand chose
et ne permet en tout cas pas d'évaluer
les possibilités réelles d'un
objectif, ni surtout de comparer des modèles.
Vu les dimensions très
réduites d'un capteur numérique
comparé au format 24x36 mm qui fait référence
dans le monde argentique, les longeurs focales
des appareils numériques sont beaucoup
plus courtes. Heureusement, les constructeurs
indiquent systématiquement la longeur
focale de l'objectif en équivalent 24x36,
par exemple 35-105 mm pour un appareil numérique
dont la focale réelle est de 5,4-16,2
mm.
L'amplitude de ce zoom équivaut à un grossissement de 3x entre le petite et la grande focale.
Même si ces notions
vous échappent totalement, il est assez
facile de tirer profit de ces deux chiffres.
Le premier correspond à ce qu'on appelle
le grand angle.
Plus ce chiffre est bas, plus le champ de vision
couvert par l'appareil peut être grand.
En clair : pour immortaliser un paysage ou une
pièce si l'on n'a pas de recul, mieux
vaut que le premier chiffre se situe vers 28
mm que vers 35 ou 40. Ce
point vaut d'autant plus la peine d'être
souligné que le grand angle constitue
généralement le point faible des
appareils numériques. A notre sens, c'est
la donnée qu'il convient de privilégier.
Le second chiffre correspond
à la position du zoom lorsqu'il est totalement
déployé
au grossissement maximum. On parle de téléobjectif.
C'est la position que l'on utilise pour un portrait,
ou pour isoler le détail d'un scène.
Plus ce chiffre est grand, plus vous pourrez
voir loin. Mais attention : la sensibilité
accrue au tremblement est le corollaire presque
inévitable des zooms 8x et plus, quand
on les pousse dans leurs derniers retranchements.
Moralité, hormis
dans le cas des appareils dont le zoom est doté
d'un système de stabilisation optique,
par exemple le Panasonic
FZ30 ou le Konica Minolta Dimage X1, on évitera de trop jouer du téléobjectif,
sous peine de ne sortir que des photos floues.
Ainsi de même que courir après
les mégapixels n'est pas une fin en soi,
un gros zoom ne présente pas nécessairement
d'intérêt, à moins bien
sûr d'être prêt à utiliser
un trépied.
Dernière recommandation
: ne tenez aucun compte de la fonction de zoom
numérique. Elle n'opère
rien d'autre qu'un recadrage de l'image. Aucune
comparaison possible avec un zoom optique, et
à vrai dire, aucun intérêt
puisque le premier logiciel graphique venu permet
de procéder au même type d'agrandissement
sur ordinateur.
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