| Quelques
clichés de Marie Hacène dans la galerie de L'Internaute
L'Internaute : Parlez-nous de vous, de votre métier, vos
passions et hobbies... Marie Hacène : Je suis institutrice
spécialisée, et je travaille avec des enfants aveugles. Mes passions
sont nombreuses : la photo, bien sûr, le cinéma et tout ce qui touche
à l'image en général, mais aussi la lecture, les balades
dans Paris ou ailleurs, à la recherche de nouveaux endroits.
Vous semblez voyager beaucoup : est-ce que ce sont vos voyages qui vous ont
donné envie de photographier ?
J'ai voyagé, entre autre, en Côte d'Ivoire, au Mali, en Turquie,
au Portugal et en Espagne, mais ces derniers mois, je voyage surtout en France,
où je découvre de nouvelles et bien belles régions, parmi
lesquelles la Corrèze et la Baie de Somme. J'ai pratiqué la photo
avant de voyager, mais les premières photos dont je suis réellement
satisfaites ont été ramenées d'Afrique. Ma passion pour l'image
est plus ancienne. Petite, je collectionnais des photos découpées
dans des magazines, photos de paysages, photos de sport, publicités...
Je ne sais pas quand cela a commencé, mais cela doit faire bien longtemps
! Quel genre de photographe êtes-vous : l'appareil toujours
en main ou préparant vos photos longuement à l'avance avant d'appuyer
sur le déclencheur? Je suis plutôt du genre "toujours
l'appareil en main", à la recherche du petit détail pas évident
à voir, ou du rayon de soleil imprévu. Cela est très avantageux
pour les photos de portraits, car du coup, personne ne remarque plus mon appareil,
et les photos n'en sont que plus naturelles. Depuis combien d'années
pratiquez-vous la photo ? Je me suis payée mon premier appareil
photo digne de ce nom il y a une quizaine d'années. C'était un Olympus
IS 1000. A cette époque, je jouais au handball, et j'emmenais mon appareil
régulièrement, pour faire des portraits de mes coéquipières,
parfois en train de jouer. Puis, petit à petit, je suis passée de
la photo de tous les jours à une plus grande recherche, notamment lors
de mes voyages. Vous vous attardez souvent sur les détails,
allant parfois jusqu'à l'abstraction. Quelles sont vos influences ? Que
cherchez-vous à obtenir? Je cherche à montrer ce que l'on
ne regarde pas forcément, ce que l'on ne voit pas forcément (petite
déformation professionnelle ?)... Certains objets de la vie courante deviennent
magnifiques, vus de près. Ils
se révèlent plein de couleurs, plein de textures. Il m'arrive de
passer des heures devant un mur, une porte, ou devant une plante, cherchant le
détail qui fera d'eux quelque chose de beau, avec des effets graphiques,
ou quelque chose d'original. Il m'arrive, d'ailleurs, de surprendre les gens qui
me voient faire... J'ai souvenir, par exemple, d'un producteur de fruits me trouvant
accroupie cet été devant une palette de marché, me demandant
si je photographiais une coccinelle... alors qu'il n'y avait rien d'autre que
de la couleur et de la matière.... De même, en Afrique, les gens
ne comprenaient pas mes arrêts prolongés devant certains murs...
Quel matériel utilisez-vous ? Argentique ou numérique?
J'ai longtemps utilisé du matériel argentique. Du compact Olympus,
je suis passée à un Canon EOS 500 N, avec lequel je suis, entre
autre, partie en Afrique, ramenant des montagnes de pellicules. Je suis ensuite
passée par une période de transition, avec un tout petit numérique,
mais juste pour quelques photos du quotidien, quand mon fils est né. J'avais
toujours à portée de main mon Canon, mais plus trop de temps et
surtout, peu d'argent pour développer toutes les photos que j'aurais eu
envie de faire. J'ai plus ou moins arrêté la photo pendant 2-3 ans,
et ce n'est que lorsque j'ai acheté le boîtier Canon EOS
300D, avec lequel je pouvais réutiliser mes anciens objectifs, que
je me suis remise à la photo de manière assidue. Votre
plus belle rencontre photographique ? Incontestablement, l'Afrique. Trois
semaines de rêve, à parcourir pas loin de 5000 kilomètres
dans des paysages plus variés les uns que les autres, en Côte d'Ivoire,
puis au Mali : des villes, des villages, les portes du désert à
l'entrée du pays dogon, le fleuve Niger... La lumière et les couleurs,
là-bas, sont fabuleuses! Avez-vous
un thème photographique de prédilection ? Un seul, non,
plusieurs ! J'ai commencé par des photos de concert... Rien à voir
avec ce que je fais actuellement, puisque mes thèmes favoris du moment
seraient plutôt les matières diverses et variées. Je pense
que plus généralement ce qui m'intéresse, c'est la photo
de détail : isoler un tout petit morceau d'objet. Vos images
sont aussi très colorées, très vivantes. Est-ce que c'est
un choix de votre part ? Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs
pour réussir leurs images? J'ai toujours été très
attirée par les couleurs, et
plus mes photos sont colorées, plus elles me plaisent. Il y a, en effet,
dans chacune de mes photos, une recherche de couleur. Je n'utilise pas de filtres,
mais il m'arrive de réhausser les couleurs sur Photoshop, quand celles-ci
me paraissent plus ternes que dans mon souvenir. Dans ce cas, j'ajoute un peu
de contraste, et parfois un peu de luminosité. Utilisez-vous
le mode manuel ou bien préférez-vous les pré-réglages
de votre appareil ? Dans quelles situations choisissez-vous l'un ou l'autre ?
Je n'utilise jamais le mode manuel, mais jamais non plus le mode tout-automatique.
En général, je travaille soit en priorité diaphragme, soit
en priorité vitesse, selon le type de photo que je veux réaliser.
Par exemple, pour des sujets qui bougent, j'utilise soit une vitesse lente (en
concert, par exemple, pour obtenir des flous de bougé), soit des vitesses
rapides pour figer des mouvements (photos de sport, ou d'enfants en train de jouer...).
Si je suis en train de photographier un paysage, je passe en priorité diaphragme,
pour gérer la quantité de flou ou de netteté que je veux
dans mes images. De même, quand je fais de la photo de détail, ou
de la macro. En fait, je m'adapte en fonction de ce que j'ai sous les yeux...
Effectuez-vous des retouches sur vos images ? Si oui, comment et
avec quel outil ? J'utilise Photoshop pour retoucher mes images. Je les
recadre parfois, de plus en plus souvent, d'ailleurs. Je n'avais pas ce réflexe
avant, mais depuis que je suis passée au numérique, il m'arrive
de prendre une photo dans un plan large, pour la recouper sur mon écran.
Et comme ma balance des blancs n'est absolument pas réglée sur mon
appareil, je fais quelques réglages de contraste et de luminostié,
parfois de couleur. Faites-vous tirer sur papier certaines de vos
photos numériques ? Si oui, comment ? Avec quel service ? Je fais
des tirages assez régulièrement de mes photos, sur différents
sites, en fonction des offres de ces sites : livres calendriers, tirages de moyens
formats, tirages panoramiques... etc. Mes dernières commandes ont été
passées sur les sites livredephotos.com
et photoways,
qui proposent maintenant des grands formats en panoramique. Il m'est arrivé
d'aller sur photoweb, aussi.
De combien de photos personnelles disposez-vous ? Combien
? Je ne peux plus les compter... Je dois avoir des milliers de négatifs
et de diapositives, et depuis que je suis passée au numérique, au
moins autant. Je suis incapable de quantifier mes images. Je suis revenue de 3
semaines de voyage en Afrique avec 40 pellicules à développer, et
quand je faisais des concerts, c'était 2 à 4 pellicules par soirée.
Il est clair que le numérique a changé ma vie (sans lui, je n'en
ferais peut-être plus !). L'été dernier, en deux mois, j'ai
fait, par exemple, plus de 3000 images... Je stocke mes photos numériques
sur ordinateur, et sur CDROM, et je les dépose aussi sur mon
site perso avec des mises à jour assez régulières.
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