| Quelques
clichés d'Alice Aubert dans la galerie de L'Internaute L'Internaute : Parlez-nous de vous, de votre métier, vos
passions et hobbies... Alice Aubert : Il est toujours difficile
de parler de soi, mais il est notoire que je suis une grande voyageuse, attirée
par les pays lointains où j'ai l'occasion de rencontrer des gens et des cultures
parfois aux antipodes de la civilisation occidentale. Les populations nomades,
les ethnies isolées, oubliées du monde, m'attirent particulièrement. La plupart
du temps, une sympathie naît spontanément entre nous. J'ai alors tout loisir de
les observer dans leurs activités quotidiennes, participant même parfois à ces
dernières. Faire
des photos de ces populations ne pose alors aucun problème, j' y prends au contraire
un très grand plaisir. En effet, la photo fait aussi partie de mes grandes passions.
Et si j'aime bien photographier au "bout du monde", il m'arrive aussi de voyager
dans des pays plus proches, et de photographier avec le même enthousiasme des
monuments, des paysages, des animaux... Depuis combien de temps déposez-vous
vos photos dans la galerie ? J'ai déposé mes premières photos dans la
galerie au mois d'août 2005. Je remercie d'ailleurs vivement L'Internaute d'avoir
bien voulu accueillir ces images, ainsi que toutes celles qui ont suivi. Je trouve
le concept de cette galerie très généreux, chacun pouvant s'y exprimer. C'est
un espace à la fois convivial, culturel et amusant. Culturel par la multitude
des sujets représentés - une photo en dit souvent bien plus qu'un long discours
- amusant car les déposants y déploient beaucoup d'humour, non seulement par le
biais de leurs photos insolites, mais aussi au travers de certaines de leurs légendes
qui, parfois ne manquent pas de sel... Vous réalisez de très jolies
photos de paysages et d'animaux, je pense notamment à votre superbe série sur
les manchots : dans quelles conditions avez-vous réalisé ces photos ?
J'ai réalisé ces photos à l'occasion d'une croisière de 18 jours au départ d'Ushuaia,
et qui incluait la visite des Iles Falkland, de la Géorgie du Sud et de la Péninsule
Antarctique. Ces
zones étant protégées, les visiteurs sont tenus d'y respecter des règles de conduite
afin de ne pas perturber la faune. Ainsi, la photographie des oiseaux est soumise
à la "règle des 5 mètres", distance minimum à respecter entre l'opérateur et ses
"modèles". Aussi, et à moins de se limiter aux prises de vues générales
des colonies de manchots, l'utilisation d'un téléobjectif est indispensable. J'ai
donc réalisé la quasi totalité de mes prises de vue avec un zoom 80-200mm et un
télé de 300mm/4, l'appareil utilisé étant un Nikon F100, et le film du Fuji Provia
100. Sur le terrain, j'avais adopté pour une méthode très personnelle, mais
qui s'est révélée efficace. Après une approche lente et silencieuse des
individus que j'avais repérés, je m'asseyais à même le sol, les genoux repliés.
Cette position, assise et ramassée, présentait plusieurs avantages : -elle ne
dérangeait pas du tout les oiseaux, mes mouvements étant très limités et ma présence
discrète, et -elle offrait une meilleure résistance aux rafales de vent fréquentes,
permettant d'obtenir le maximum de stabilité pour les prises de vue. J'ai
ainsi pu observer durant d'assez longs moments la vie intime de ces oiseaux si
attachants, et me livrer à mon exercice photographique favori, à savoir capter
une multitude de comportements et d'expressions. J'ai même eu le privilège d'assister
à la cérémonie de mariage de deux manchots royaux... Depuis combien
d'années pratiquez-vous la photo ? Je pratique la photo depuis plus de
trente ans déjà, mais de façon irrégulière, surtout en ce qui concerne la prise
de vue. Après avoir beaucoup photographié Paris où je réside, c'est au cours de
mes voyages que j'éprouve le plus grand plaisir à faire des photos. Les deux passions
voyage/image se stimulent fortement entre elles. 
D'où vient cette passion ? Je suis venue au monde avec
l'amour des images. Bien avant de savoir lire, j'étais fascinée par les livres
illustrés, les étiquettes des boîtes de conserves, le roi de cœur, la dame de
carreau... Plus tard, beaucoup plus tard, je me suis offert un petit appareil,
et ai commencé à faire des images à mon tour, d'abord des photos souvenir, puis
j'ai évolué jusqu'à devenir passionnée. Avez-vous envisagé de
devenir photographe pro? Avez-vous présenté vos photos à des magazines?
Ni l'un ni l'autre. Je fais des images par pur plaisir. Quel
matériel utilisez-vous ? Argentique, numérique ? Votre prochain APN? J'utilise
un appareil argentique, un Nikon F100. J'en suis très satisfaite, mais scanner
des négatifs ou des diapos est contraignant. J'envisage donc de passer sous peu
au numérique. Mon choix pourrait se porter sur un Nikon D200, qui serait compatible
avec les optiques que je possède. Y a t il un APN spécialisé qui
vous convient le plus pour chaque situation donnée ? (dans le désert, photos d'animaux...)
Quelle que soit la situation, j'utilise toujours le même boîtier. S'agissant
d'un appareil reflex, seules les optiques changent en fonction du terrain. En
supposant que je parte demain dans le désert avec l'APN Nikon D200, j'emporterais
avec moi un zoom 12-24mm DX et mon zoom 80-200mm, qui me permettraient de faire
face à toutes les situations : photos de paysages, d'oasis, de personnages...
Si je partais dans la savane pour faire de la photo animalière, je me limiterais
à de longues focales, zoom 80-200mm et télé 300mm. Votre plus belle
rencontre photographique ?
J'en ai fait beaucoup. Elles ont été très différentes, donc difficilement
comparables. Mais la plus intense fut celle de l'Antarctique. Mon émerveillement
fut constant... Beaucoup de photos que vous avez déposées dans la
galerie ont été faites en Antarctique, en Bolivie, dans le désert Nigérien, la
savane de Tanzanie... Vous semblez être une grande voyageuse et vous aimez les
extrêmes ! Quel sera votre prochain voyage ? Vous avez sans doute
raison, je dois aimer les extrêmes. Mais il m'arrive parfois d'emprunter des routes
un peu plus douces ! Pour l'instant, je n'ai aucune idée de ce que sera mon prochain
voyage. Proche ou lointain ? Classique ou insolite ? Peu importe. Il y a
tant à découvrir sur notre terre ! Quelles sont les caractéristiques
à privilégier pour faire de belles photos ?
Avant de photographier un paysage, je ferme le plus possible le diaphragme
afin d'obtenir une grande profondeur de champ, tout en veillant à ne pas descendre
à une vitesse inférieure au 1/125è pour éviter un flou de bougé. Je réalise ensuite
le cadrage, sans trop me laisser enfermer dans les règles de composition. Je m'appuie
plutôt sur ma sensibilité. Lorsque je trouve l'image jolie dans mon viseur, je
déclenche, c'est tout. Pour les prises de vue animalières, j'utilise impérativement
un téléobjectif. Le double avantage de ce dernier est de "rapprocher" l'animal
et de l'isoler d'un décor parfois disgracieux (dans les zoos, par exemple). L'image
de l'animal sera bien plus belle si ce dernier se détache sur un fond neutre.
Concernant la vitesse, j'opte pour le 1/250ème de sec. minimum si l'animal est
au repos, et pour le 1/500è si l'animal bouge. Enfin, avant de déclencher, et
pour que l'image soit plus intéressante et plus vivante, j'attends que l'animal
présente un regard expressif, un comportement caractéristique, ou bien encore
une attitude insolite... Utilisez-vous le mode manuel ? Ou bien préférez-vous
les préréglages de votre appareil ? Dans quelles situations choisissez-vous l'un
ou l'autre ? J'utilise le plus souvent le mode semi manuel où je donne
la priorité, selon le sujet, soit au diaphragme (paysages, monuments...), soit
à la vitesse (animaux ou tous sujets mobiles) Effectuez-vous des retouches
sur vos images ? Si oui, comment et avec quel outil ? 
Oui, j'effectue parfois des retouches. Je pense qu'il serait dommage de ne pas
utiliser les merveilleux outils conçus à cet effet par la technologie numérique.
Il suffit parfois d'un léger réglage de contraste pour métamorphoser une photo...
Personnellement, j'utilise l'outil Photoshop
Eléments. La plupart du temps, j'effectue des retouches assez simples : recadrage,
réglage de luminosité et de contraste, élimination des petits éléments parasites.
Je ne rajoute rien, ne souhaitant pas dénaturer l'impression que j'ai eue au moment
de la prise de vue, mais seulement mettre l'image en valeur. Quel
endroit célèbre rêvez-vous de prendre en photo ? Les Iles Galápagos.
Non pas pour leur célébrité, mais pour leur faune qui les a rendu célèbres...
Faîtes-vous tirer sur papier certaines de vos photos numériques ? Si
oui, comment ? Avec quel service ? Je tire les photos souhaitées
sur mon imprimante personnelle. De combien de photos personnelles disposez-vous
? Comment les stockez-vous ? (albums, CD, ordinateur...) J'en possède
des milliers, mais n'en connais pas le chiffre exact. Les diapos sont classées
dans des feuillets Panodia, les négatifs en partie dans des feuillets Panodia
et en partie dans des boîtes à chaussures. Les tirages sont rangés dans des albums...et
aussi dans des boîtes à chaussures. Les photos numérisées sont stockées sur disque
dur. Ouf ! Quel gain de place, et vivement que je passe au numérique !
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