Comment photographier un paysage en hiver ?

Photographier paysage en hiver Contrairement aux idées reçues, la neige, la brume, la pluie et d'une façon générale le climat hivernal sont propices à la photo, le tout est d'apprendre à en tirer parti.

En cas de neige

Le phénomène est surprenant mais très classique : alors que vous vous souvenez parfaitement d'un paysage au blanc éclatant et immaculé, l'image extraite de votre appareil numérique ou de votre bon vieil argentique est terriblement terne, le manteau neigeux ressemblant à du béton.

Vu la luminosité ambiante, vous aviez pourtant fait confiance aux automatismes de l'appareil, de peur de brûler les zones claires qui occupent la majeure partie de la photo. Justement : s'il est un contexte où les capteurs des appareils numériques montrent des limites telles qu'un ajustement manuel des réglages s'impose, c'est en présence de surfaces à forte réverberation, à la neige bien sûr, et à la plage tout autant.

Contrairement à ce qu'on pourrait attendre, dans un décor intensément baigné de lumière, un appareil automatique présente une forte tendance à la sous-exposition. Soucieux de contenir les flots de lumière ambiante, le programme automatique pêche en quelque sorte par excès de zèle et produit des images grisailleuses. Il vous suffit de fouiller vos propres albums photo pour le constater : trop souvent, les paysages enneigés manquent sérieusement de contraste et de luminosité.

correction expo
Rendez-vous dans le menu de correction d'exposition de votre appareil. © Linternaute.com

Si votre appareil numérique fait partie de ces compacts qui recèlent quantité de programmes scène, il est probable que vous disposiez d'une option spécifique neige/plage. C'est le cas de figure idéal : il vous suffira de le sélectionner pour donner à vos prises de vues enneigés tout l'éclat de rigueur. Avec un modèle expert ou qui fait l'impasse sur ce type de réglages, on prendra soin de corriger l'exposition. La quasi totalité des appareils actuels permettent de moduler la luminosité en déplaçant un curseur sur une ligne graduée, généralement de -3 à +3. Déplacez ce curseur d'un cran vers la droite pour le caler sur +1, cela devrait suffire à restituer fidèlement un paysage de neige. Gardez-vous bien de pousser le curseur au delà, faute de quoi vous risqueriez la surexposition, ce qui est bien pire dans la mesure où une image brûlée ne se récupère pas à la retouche, alors qu'une photo trop sombre peut toujours être améliorée.

Dans ce contexte photographique difficile, pour mettre toutes les chances de votre côté : il convient plus que jamais de multiplier les prises de vue et de varier les paramètres à outrance, temps de pose bien sûr et ouverture en particulier.

Si votre appareil, plutôt haut de gamme, intègre une fonction de bracketing automatique  sur l'exposition, c'est l'occasion où jamais de l'expérimenter. Rappelons qu'elle permet d'une simple pression sur le déclencheur de shooter la même image à plusieurs reprises, en générale 3, en ne faisant varier qu'un paramètre, en l'occurrence l'ouverture. En clair, cela revient à prendre deux variantes de sa photo, l'une plus sombre, l'autre plus claire de sorte qu'au moins l'une des prises soit réussie. 

De plus en plus d'appareils sont capables d'afficher un histogramme en temps réel. Cette fonction que les néophytes considèrent à tort comme un gadget un peu pointu est assez simple à utiliser, et surtout elle offre l'assurance d'une exposition réussie. Du fait du rétro éclairage de l'écran LCD, de ses dimensions réduites et des reflets particulièrement marqués l'hiver à la montagne, il n'est pas aisé de vérifier la qualité de la lumière, que ce soit lors de la prise de vue ou a posteriori. L'histogramme en donne une représentation facile à lire.

En cas de précipitations

Qu'il s'agisse de neige ou de pluie, prenez bien sûr le plus grand soin de votre matériel, les joints d'étanchéités étant bien rares sur les appareils grand public, on vous déconseille les séances photo prolongées sous des trombes d'eau. A moins bien sûr de le protéger dans un sac adapté, c'est à dire rien de plus qu'un sac à congélations si vous ne souhaitez pas investir dans un accessoire dédié... A l'occasion, même si l'exposition ne l'exige pas, jouez du flash pour saisir les gouttes de pluie ou les flocons au vol.

 

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Quiberon dans la brume © fionaphotobreizh - Fotolia.com

En cas de brume

Au même titre que la neige ou la pluie, au même titre que le bas soleil hivernal qui produit des lumières uniques et des ombres allongées très graphiques, la brume est un fabuleux sujet photo. Outre l'atmosphère chargée de mystère qui en résulte, le brouillard a la particularité de détacher nettement le premier plan sur le fond cotonneux à la limite de l'opaque. Dans ce cas de figure, on vous conseille de cadrer le plus large possible, car ce n'est pas tant dans la profondeur qu'au niveau des masses sombres du premier plan que vous pourrez bâtir la composition de votre photo.

Immortaliser un ciel hivernal

Rien de plus tristounet qu'un ciel hivernal quand il se résume sur une photo à un vaste aplat "blanc sale". En règle général pour rehausser un ciel qui manquerait de relief il est bon de monter sur son objectif un filtre polarisant. C'est grâce à lui que les photographes ramènent de leur balade en montagne des cieux d'un bleu incroyablement profond. Dans le contexte des sports d'hiver, ce ne sera sans doute pas le cas, mais c'est un accessoire à avoir en poche, typiquement pour éviter que l'intense réverbération sur la neige ne provoque de vilaines ombres sur le visage de votre sujet.

Gestion des couleurs

Attention, vu la palette très limitée des couleurs hivernales et la forte dominante blanc/gris, la définition de la balance des blancs peut avoir une énorme incidence sur la tonalité générale des photos. Si le réglage automatique n'est pas convaincant, tentez d'étalonner la balance sur un bout de carton gris, ou éventuellement sur votre main.

Notez par ailleurs que l'hiver est la saison du noir et blanc. En cette période où les couleurs se font discrètes, ce sont les jeux d'ombre et de lumière, les contrastes et la composition qui produisent sans doute les plus belles images, un style photographique auquel le noir et blanc sied à la perfection. Que cela ne vous incite pas pour autant à activer le filtre noir&blanc de votre appareil photo, ça n'est jamais une bonne idée puisque toute marche- arrière est impossible, alors que ramener une image couleurs en noir et blanc ne pose aucun problème.

Seul petit bémol : appréhender le paysage en noir et blanc, c'est à dire en terme de formes et de contrastes n'est pas un talent inné. Ce n'est qu'au prix d'une certaine pratique que vous y parviendrez. Les experts vous conseillerons de cligner ou plisser des yeux pour appréhender le monde en noir et blanc. Essayez. Et si besoin, avant de prendre votre photo, en couleurs, visualisez la scène sur le LCD, en noir et blanc.

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