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Crise de nerfs
Fiche pratique
 
La crise de nerfs, que les médecins appellent "état d'agitation aiguë", est toujours spectaculaire et inquiétante pour l'entourage. Elle cache souvent une grande détresse psychologique et nécessite parfois une prise en charge médicale.
 
 
Dernière mise à jour : novembre 2009
 
Par le Docteur Daniel Gloaguen, médecin généraliste et urgentiste.

Photo © Getty Images
État d'agitation, cris ou hurlements, pleurs, propos incohérents… derrière la théâtralité de la crise de nerfs se cache un risque majeur qu'il ne faut jamais négliger : l'agressivité contre soi-même (tentative de suicide) ou contre les autres.

Le rôle de l'entourage
Il ne faut pas minimiser le rôle de l'entourage. En clair, les personnes présentes jouent souvent un rôle, dans le déclenchement de la crise en cas de conflit, de problème professionnel, conjugal ou social, dans son entretien et son intensité (l'entourage renforce la crise par un comportement particulier) et parfois dans son arrêt (l'entourage a su trouver les mots adéquats pour calmer la crise à défaut de résoudre sa cause).

Signes de gravité
- Contact impossible.
- Violence incoercible.
- Propos délirants.
- Angoisse massive.
- Intentions suicidaires.

Ce qu'il faut faire...
- L'écouter et la rassurer : "je peux peut-être t'aider. Explique-moi ce qui ne va pas".
- En cas de foule, s'isoler au calme avec la personne agitée, si elle n'est pas violente ou agressive. En effet, la foule peut s'avérer menaçante pour l'agité(e) et augmenter son anxiété.
- Appeler un médecin ou les secours (15, 18) pour un traitement médical en urgence. D'autant que l'agitation cache parfois une cause purement organique : hémorragie cérébrale, méningite, intoxication alcoolique, toxicomaniaque ou médicamenteuse, hypoglycémie, épilepsie, déshydratation, traumatisme crânien…

... et ne pas faire !
- Laisser la personne seule.
- Vouloir dédramatiser la situation en minorant les raisons qui ont déclenché la crise, une façon de nier la détresse psychologique de l'agité(e).
- Lui dire que "ça n'est pas grave" ou "calme-toi" qui risquent de l'agiter encore plus. Dites plutôt : "je te comprends. A ta place, je serais dans le même état que toi. Malgré tout, tu ne résoudras pas ton problème ainsi".
- Hors menace suicidaire, l'attacher ou la ceinturer, qui risquent de renforcer son agitation.
Daniel GLOAGUEN
 
 
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