De son vivant, une personne peut prendre des dispositions pour transmettre son patrimoine. Ces mesures produiront aussi certains effets lors du règlement de sa succession.A défaut de démarche particulière de son vivant, le patrimoine du défunt est transmis par application des règles du droit successoral.
La donation est le seul moyen juridique de transmission à titre gratuit, de son vivant, d'une partie de son patrimoine. Elle se distingue ainsi du testament qui ne prend effet qu'au décès de son auteur. La donation est un acte important car elle dessaisit définitivement le donateur des droits ou des biens qu'il a donnés. Aussi est-il vivement recommandé de consulter un notaire avant de donner.
La définition de la donationC'est un contrat par lequel, de son vivant, une personne se dépouille immédiatement et irrévocablement, d'un bien en faveur d'une autre personne : celui qui donne est appelé le donateur ; celui qui bénéficie de la donation est appelé le donataire.
Comme pour tout contrat, la donation suppose, pour être valable, la capacité du donateur et du donataire et leurs consentements réciproques.
En principe, pour sa validité, la donation doit être passée par acte devant notaire.
Toutefois, le don manuel est également valable, c'est-à-dire la simple remise matérielle, sans aucune formalité, par le donateur du bien donné entre les mains du donataire.
Le don manuel ne peut donc concerner qu'une catégorie limitée de biens, ceux pouvant faire l'objet d'une remise matérielle (argent, bijoux, meubles meublants), ce qui exclut, par exemple, les immeubles.

ATTENTION : si on vous a offert un bijou de grande valeur, la remise de ce bijou s'analyse comme étant un don manuel. Ces dons sont soumis au paiement des droits de donation. Toutefois, ces droits ne sont exigibles qu'au moment où la donation est révélée, c'est-à-dire généralement au moment du décès.
Les différentes formes de donationsIl existe différentes formes de donations dont la donation entre époux, la donation aux petits-enfants ou la donation-partage.
- la donation entre époux : elle peut être faite par toute personne saine d'esprit, au profit de son conjoint. Mais il faut obligatoirement passer par un notaire. Cette donation entre époux permet d'assurer l'avenir du conjoint survivant assez mal protégé par la loi. S'il n'existe ni descendant légitime ou naturel ni ascendant, l'époux peut donner à l'autre époux tous ses biens en pleine propriété.
En présence d'enfants communs, le conjoint disposera alors de plusieurs options. Il pourra notamment cumuler le quart en pleine propriété et les trois quarts en usufruit au lieu d'avoir à faire un choix entre le quart en pleine propriété ou la totalité en usufruit.
Le survivant ne pourra vendre des immeubles (sauf ceux lui appartenant en propre) qu'avec le consentement et le concours des enfants, en raison des droits réservataires de ceux-ci.
Si la donation porte sur plus de la moitié des biens (que ce soit en usufruit ou en pleine propriété), les enfants peuvent exiger que l'usufruit soit converti en rente viagère sauf l'usufruit de l'habitation principale (et des meubles).

ATTENTION : la donation au dernier vivant est révocable à l'insu du donataire. Pour éviter cette mauvaise surprise, la solution consiste à faire cette donation dans le contrat de mariage lui-même en adoptant par exemple le régime de la communauté universelle.
La donation aux petits-enfants
Ces donations bénéficient d'un abattement de 30 000 euros par petit-enfant donataire et il est appliqué une réduction sur les droits de succession identique aux donations en ligne directe.
Cet abattement concerne aussi les donations à des arrière-petits-enfants lorsque leur père ou mère est préalablement décédé.
Si les grands-parents lèguent quelque chose à leurs petits-enfants à leur décès, l'abattement n'est plus que de 1 500 €. Faire une donation aux petits-enfants permet donc de transmettre une part plus importante de son patrimoine à sa famille en franchise d'impôt, en profitant d'un abattement supplémentaire qui s'ajoute à ceux accordés traditionnellement aux enfants et au conjoint.

A NOTER :Les parents bénéficient légalement d'un droit de jouissance sur les biens des mineurs de moins de 16 ans. Les grands-parents donateurs peuvent inclure une clause à "la condition expresse que les père et mère n'en jouiront pas".
La donation-partage Transmettre son patrimoine ne s'improvise pas, mais nécessite de prendre des initiatives de son vivant, sans pour autant se démunir, la donation-partage est incontournable dès lors qu'une famille compte plus d'un enfant.
Cet acte juridique permet de figer une fois pour toute la valeur des biens donnés au jour de l'opération. Cet avantage s'avère important pour le règlement de sa succession. Outre éviter la réévaluation des biens au jour du décès du donateur, la donation-partage présente l'avantage d'assurer la paix des familles.
Elle ne peut porter que sur des biens possédés au moment de la donation (pas de donation possible sur des biens futurs). Elle peut être faite sur les biens d'un parent ou des deux (donation-partage conjonctive). Dans ce cas, elle comprendra les biens propres de chacun des époux et les biens de la communauté.Cette donation est irrévocable. Les donataires peuvent contester la donation dans un délai de 5 ans après le décès de leurs parents s'ils s'estiment lésés lors du règlement de la succession ou s'ils n'étaient pas encore nés lors de la rédaction de l'acte de donation. Elle doit être acceptée par les donataires.

A NOTER : Le régime fiscal de la donation-partage s'applique aux donations effectuées par des parents à un enfant unique.
Les avantages fiscaux des donationsLa donation bénéficie d'un régime fiscal de faveur permettant de réduire les droits que les enfants auront à payer lors du décès du donateur.
Si l'on désire donner une somme d'argent ou des valeurs mobilières par exemple à un proche (enfant et petit- enfant notamment), il suffit de leur consentir une donation. Si la donation est fiscalement avantageuse, il faut bien avoir conscience que les sommes, les valeurs ou biens mobiliers comme immobiliers donnés, le sont définitivement. Impossible par conséquent de faire marche arrière sauf, pour les donations entre époux.
Les parents peuvent donner à chacun de leurs enfants 50.000 euros sans avoir à acquitter de droit sur ces donations.
De plus, le fisc accepte que cette opération soit renouvelée tous les 10 ans, en profitant à nouveau de l'abattement de 50.000 euros. A quoi s'ajoute la récente mesure " Sarkozy ", qui permet de donner 20.000 euros en franchise d'impôt avant le ler juin 2005.