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Dossier : hypocondrie

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L'hypocondriaque est loin d'être le seul à souffrir de sa maladie. Ses proches doivent eux aussi en faire les frais au quotidien. L'obsession de la personne malade pour sa santé lui fait oublier tout le reste. La place pour les amis, la famille et même le conjoint devient donc extrêmement mince. "C'est très triste pour celui ou celle qui doit vivre avec un hypocondriaque, confirme Michèle Declerck. Il n'est plus là que pour servir d'ange gardien à l'hypocondriaque."

l'entourage souffre beaucoup de la maladie du patient. le conjoint se transforme
 
L'entourage souffre beaucoup de la maladie du patient. Le conjoint se transforme bientôt en ange gardien compatissant. ©  Getty Images
 

Toutes les conversations tournent autour des symptômes et des examens réalisés par la personne malade.

Lui et sa santé constituent son unique centre d'intérêt. Il y a donc peu de chances pour que le conjoint puisse partager ses soucis à lui, ses émotions. Il doit les remballer et se confier à quelqu'un d'autre. En outre, nous l'avons souligné, la vie intime disparaît elle aussi. Plus de complicité à chercher de ce côté-là non plus.

Le médecin n'en peut plus

Comment, dans ces conditions, continuer à s'épanouir ? Bizarrement, ce rôle semble convenir à certains, qui se sentent l'âme d'infirmiers compatissants. C'est alors une relation très particulière qui s'établit, où l'un suit l'autre dans son délire, sans le mettre en doute, du moins devant le principal concerné. Une sorte d'équilibre peut alors s'établir, mais qui se trouvera chamboulé si la personne malade finit par guérir. Dans d'autres cas bien sûr, la situation devient insupportable et le couple explose.

N'oublions pas non plus le corps médical qui, par la force des choses, fait partie de l'entourage du patient. Le médecin traitant est constamment sollicité, doit multiplier les prescriptions d'examens, tout en sachant que son patient n'a très probablement rien du tout. Cette situation peut s'avérer totalement éreintante : on n'ose pas dire non de peur que le malade ne se sente encore plus mal mais on n'en peut plus de chercher une maladie qui n'existe que dans l'esprit du patient. Et ce d'autant qu'on sait que le patient ne nous fait pas confiance !

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