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Grippe et asthme ne font pas bon ménage

grippe asthme picto Se faire vacciner ou pas ? La question turlupine nombre de Français mais chez les personnes asthmatiques, elle ne devrait même pas se poser.
Publié le 08/12/2008
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Pour les asthmatiques, le vaccin contre la grippe est remboursé à 100% par la sécurité sociale. ©  Getty Images
 

La grippe saisonnière, variable d'une année sur l'autre, est une infection virale respiratoire aiguë provoquant plusieurs symptômes, généralement sans conséquences majeures sur la santé du patient : fièvre, frissons, maux de tête, douleurs musculaires et toux sèche.

La plupart du temps, la grippe ne s'attarde pas plus d'une semaine, même si la toux peut persister un peu plus longtemps. Par contre, chez certaines personnes dites "à risque", notamment celles souffrant de pathologies respiratoires (bronchite chronique, emphysème, mucoviscidose, etc.), les complications d'une "simple" grippe hivernale peuvent aller jusqu'à la remise en cause du pronostic vital. D'où la nécessité de prévenir ces complications par la vaccination.

Le professeur Daniel Vervloet, président de l'association Asthme et Allergies et chef de service à l'hôpital Sainte Marguerite à Marseille, explique pourquoi les asthmatiques doivent nécessairement se faire vacciner contre la grippe : "Un certain nombre d'arguments montrent que la grippe favorise les exacerbations de l'asthme, qui sont plus sévères et s'accompagnent d'une baisse de la fonction respiratoire plus importante. Chez les enfants asthmatiques, la grippe est une cause commune d'hospitalisation." Parmi les conséquences d'une grippe chez les asthmatiques, on retrouve une majoration de l'hyperréactivité bronchique et des crises répétitives. On parle dans ces cas de décompensation de l'asthme par le virus grippal. D'autres facteurs sont potentiellement dangereux pour les personnes asthmatiques : l'exposition à un allergène, la pollution, le stress, etc.  

 

 

 

Jamais trop tard pour se faire vacciner

S'il n'est pas possible de se protéger de la pollution et d'éliminer toutes les sources de stress, en revanche, il est très simple de se protéger de la grippe en se faisant vacciner.

 

 

 

"Chez les asthmatiques, les complications d'une "simple" grippe hivernale peuvent aller jusqu'à la remise en cause du pronostic vital"

Depuis fin 2006, la vaccination grippale est remboursée à 100 % par la Caisse nationale d'assurance maladie pour tous les asthmatiques. Le vaccin contre la grippe souffre d'une mauvaise réputation, notamment quant à son intolérance chez les asthmatiques. Hormis les personnes souffrant d'allergies vraies à l'œuf (que l'on trouve en quantité infime dans le vaccin), l'intolérance au vaccin chez les malades n'a pu être prouvée de manière formelle. Au contraire, les études scientifiques récentes ont montré que la vaccination chez des asthmatiques, en particulier chez les enfants, réduisait le risque d'hospitalisation et de complications.

Quand se faire vacciner ? Tant que l'on n'est pas tombé malade, il est encore temps. Généralement, l'épidémie grippale sévit en France à partir des mois de décembre et janvier mais il vaut mieux s'y prendre à l'avance car l'action protectrice immunitaire du vaccin s'exerce au bout de 2 à 3 semaines.

 

Des conséquences socio-économiques

En 2005, selon une enquête du groupe d'Etude et d'information sur la grippe (GIEG), 24% des Français de 15 ans et plus ont été vaccinés contre la grippe. Pourtant, le taux de vaccination contre la grippe est généralement inférieur à 20% chez les asthmatiques et à seulement 10% chez les enfants malades selon des études récentes, ce qui reste encore trop faible.
En plus des conséquences sanitaires de la grippe, il y a également des répercussions socio-économiques à ne pas négliger (hospitalisation, arrêt de travail et chez les enfants, absentéisme, mobilisation des parents, etc.).

 

Enfin, la vaccination ne dispense pas de continuer à suivre scrupuleusement le traitement de fond, indispensable à l'asthmatique. Ces traitements, les malades doivent les suivre quand ils vont bien pour éviter d'aller mal et non l'inverse.
En somme, se vacciner et suivre ses traitements restent les meilleurs moyens de prévenir toute complication respiratoire.


En savoir plus 

 

Le site de l'Association Asthme et allergies

 


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