Gérer son asthme

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Que ceux qui espéraient obtenir une dispense de sport cherchent une autre excuse : l'asthme correctement traité n'est pas une contre-indication. Au contraire, on encourage aujourd'hui les enfants asthmatiques à faire du sport. Certains, comme le nageur Alain Bernard, pourront même aller très loin sans que leur asthme pose problème. Bien sûr, cette pratique doit s'accompagner de précautions, mais elle comporte beaucoup plus de bénéfices que d'inconvénients.
L'association Asthme et allergies fait le point sur les mesures à prendre avant d'aller courir le marathon ou faire des longueurs de piscine.

sport et asthme
 
La natation est souvent recommandée aux asthmatiques. © Getty Images
 

» S'échauffer avant l'exercice. C'est important pour les muscles, mais aussi pour le système cardio-respiratoire, qui va ainsi s'adapter à l'effort progressivement.

» Tenir compte des conditions climatiques. Hors de question, effectivement, d'aller faire un jogging par 40°C, encore moins si l'air est pollué. "L'air trop frais est mauvais également", souligne le pneumologue Daniel Vervolët. L'idéal c'est l'ambiance assez tiède mais humide des piscines.

» Mesurer son souffle avant et après l'effort, afin de juger des modifications enregistrées et d'adapter le traitement en conséquence si besoin.

» Inhaler un médicament protecteur 10 à 15 minutes avant l'effort. Pour ce faire, demandez conseil à votre médecin plutôt que de vous "auto-médiquer". Il aura sans doute en plus des conseils judicieux à vous fournir.

» Avoir toujours à portée de main un bronchodilatateur, à utiliser dès les premiers signes d'alerte.

» Adapter ses efforts à son état respiratoire. N'en faites pas trop ! Si vous ne vous sentez pas en forme, ne forcez pas pour arriver aux mêmes performances que d'habitude, car c'est là que la crise risque d'apparaître.


Pas de plongée ?

Quant aux sports à privilégier, il s'agit avant tout de choisir une activité que vous appréciez. "On dit souvent que la piscine est assez indiquée, précise le Pr Vervloët. C'est vrai dans une certaine mesure : l'ambiance tiède et humide est bénéfique, de même que le fait qu'on hyperventile très peu en natation. En revanche, le mélange du chlore et des substances humaines provoque la libération de chloramine, à la surface de l'eau, qui peut être irritante pour les bronches." Seule la plongée sous-marine est formellement interdite aux asthmatiques non équilibrés. En effet, il est impossible d'inhaler un médicament sous l'eau. Autant dire qu'en cas de crise, ça pose problème…

Pas d'interdiction en ce qui concerne l'équitation, mais mieux vaut peut-être éviter, si vous êtes potentiellement allergique aux poils de chevaux. Certains sports sont plus agressifs que d'autres pour les poumons. C'est le cas par exemple du ski de fond, qui nécessite une préparation d'autant plus importante. Mais là encore, pas de contre-indication, il suffit de prendre ses précautions.

Reste l'asthme post-exercice, qui se manifeste quelques minutes après l'effort. Chez le sujet sain, l'essoufflement lié à l'effort disparaît progressivement lorsqu'il s'arrête. Chez certains asthmatiques, la respiration sifflante caractéristique et annonciatrice d'une crise survient environ une minute après l'arrêt du sport. Mais encore une fois, bien traitée, la personne asthmatique n'aura pas à subir ces désagréments." Un asthmatique qui ne peut pas faire de sport est un patient dont la maladie est mal contrôlée ", résume le Pr Vervloët. Exit donc le cliché du pauvre asthmatique contraint de rester sur le banc de touche pendant le cours d'éducation physique. Les plus doués pourront même devenir champions olympiques au même titre que ceux qui respirent sans encombres.


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