La question de l'asthme au travail pose une problématique particulière.
Il y a quelques années est né l'Observatoire national des asthmes
professionnels (Onap), chargé de lister les professions à risque.
"Il peut s'agir de personnes asthmatiques qui déclenchent des
crises au contact de substances liées à leur environnement
de travail, explique Daniel Vervloët, penumologue. Mais la plupart du
temps, il s'agit de personnes qui n'avaient jamais fait d'asthme auparavant."
Certaines professions sont particulièrement à risque :
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Pas facile de rester boulanger quand la farine déclenche
des crises d'asthme. © Getty Images
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» Les boulangers et pâtissiers,
en raison des diverses farines utilisées au quotidien.
» Le personnel soignant, certains
asthmes étant provoqués par le latex.
» Les professions en contact avec des
peintures ou des isolants pour lesquels on utilise des durcisseurs, à
cause des vapeurs d'isocyanates dégagées.
» Le personnel de nettoyage peut
être victime d'un asthme lié aux produits d'entretien.
"Il est important de faire rapidement le diagnostic souligne le Pr Vervloët,
puisqu'en général, si on supprime l'objet provoquant les crises,
celles-ci disparaitront d'elles-mêmes pour ne jamais réapparaître."
Reconversion ?
Daniel Vervloët est à l'origine, avec plusieurs de ses confrères,
de la création de l'Onap. C'est que l'asthme professionnel représente
selon lui un enjeu majeur dans les années à venir. "Selon
les premières enquêtes que nous avons menées, l'asthme
provoqué ou aggravé par l'environnement professionnel représente
environ 10 % des cas d'asthme, explique Daniel Vervloët. C'est énorme
et pourtant, les médecins n'ont pas encore le réflexe de questionner
le malade sur son environnement de travail. Il faut donc communiquer davantage
sur cet aspect de la pathologie."
Ceci dit, il n'est pas toujours facile d'agir, même une fois que l'asthme
professionnel est avéré. Il faut alors envisager un système
de protection. Mais comment faire lorsque l'on est boulanger ou coiffeur
? "Dans une grande entreprise, on peut éventuellement envisager
une reconversion, mais ce n'est pas toujours possible. Ce qui explique que
de nombreuses personnes cachent leur maladie pour pouvoir continuer à
travailler", explique le Pr Vervloët. D'autant que la maladie n'est
pas reconnue comme une affection de longue durée ou une cause d'invalidité,
puisqu'une fois l'allergène éloigné, elle disparaît
et ne laisse pas de traces.