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Octobre 2007

Bien manger malgré les allergies alimentaires

Manquer de s'asphyxier en avalant une cacahuète ou après avoir mangé une omelette n'est pas si rare. En France, on estime que 8 % des enfants souffrent aujourd'hui d'une allergie alimentaire. Même si des précautions évidentes s'imposent, il est possible de bien manger et de bien vivre, en toute sécurité.
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C'est l'un des maux du XXIe siècle : il semble que le nombre d'allergiques ou d'intolérants à certains aliments ne cesse de s'accroître. Un enfant dont les parents ne souffrent d'aucune atopie a 10 % de risques de naître allergique tout de même. Si l'un de ses parents est allergique, ce risque grimpe à 30 %, pour monter jusqu'à 60 % si les deux parents présentent des allergies. Gluten, œufs, lait, arachides… Ces composants de l'alimentation quotidienne peuvent provoquer chez certains des crises aux symptômes variés, allant parfois jusqu'à entraîner la mort. Si les enfants sont beaucoup plus touchés que les adultes, on peut toutefois développer une allergie à n'importe quel âge.

L'unique solution pour ne plus déclencher de réactions consiste à éviter à tout prix l'élément allergène. Les mesures d'éviction de cet aliment doivent être drastiques : l'enfant ne doit pas être en contact avec la moindre parcelle d'arachide, d'œuf ou de gluten, sous quelque forme que ce soit, même dérivée. Cette chasse à l'allergène ne souffre aucune exception, que ce soit à la maison, à la cantine ou pendant les vacances.

pique-niquer malgre l'allergie alimentaire
 
Organiser undîner au restaurant reste possible, si l'on prend les bonnes précautions.
© Getty Images
 

» Cette traque constante de l'aliment prohibé est facilitée par les nouvelles règlementations sur l'étiquetage. Les fabricants doivent mentionner la composition de leurs produits, en particulier s'il y a présence, même minime, de l'un des douze allergènes reconnus comme courants : gluten, crustacés, poissons, arachides, fruits à coques, soja, lait, céleri, moutarde, graines de sésame, anhydres sulfureux et sulfites. L'étiquetage n'est certes pas encore parfait, certaines mentions telles que " huile végétale " sont trop imprécises, mais il aide néanmoins grandement à faire le tri entre les aliments autorisés et les interdits.

» Pas toujours facile de varier les plaisirs lorsque l'on est allergique à un aliment aussi courant que l'œuf, par exemple. Adieu les gâteaux, gratins et autres crèmes dessert ? Plus maintenant ! L'industrie agroalimentaire a flairé le bon filon et plusieurs entreprises spécialisées proposent désormais des plats totalement vierges de l'aliment qui rend malade. Du pain sans gluten, des gâteaux sans œufs, c'est désormais possible. De nombreux aliments de substitution ont été mis au point, qui permettent à la personne allergique d'avoir une alimentation variée. De même, vous trouverez auprès des associations de malades des livrets de recettes qui vous permettront de cuisiner varié en tout sécurité.

» A la cantine, il est possible de faire appel au Projet d'accueil personnalisé pour que votre enfant ait droit à son plateau individuel, composé des aliments qu'il peut manger. Ce projet doit être demandé par les parents et signé par l'école. Il nécessite la formation du personnel de la cantine et de ceux qui surveilleront les repas de l'enfant. Deux possibilités s'offrent alors : soit les menus de la cantine sont adaptés pour l'enfant, soit la famille prépare un plateau-repas. Ce dernier peut notamment être composé grâce aux plats préparés de ces sociétés spécialisées dans la nourriture sans allergènes.

» La personne allergique doit toujours porter sur elle une trousse d'urgence qui contiendra de l'adrénaline prête à être injectée et un corticoïde ou un antihistaminique. Cela peut lui sauver la vie en cas de contact avec un allergène.

» Dans tous les cas, il est particulièrement important de sensibiliser l'enfant au danger qu'il encourt s'il se risque à goûter un aliment "interdit". Cette éducation doit commencer dès le plus jeune âge. Souvent, les enfants sont très réceptifs et raisonnables. Il n'est toutefois pas rare qu'un petit se laisse tenter, lors d'un goûter d'anniversaire ou dans la cour de récré, par un bonbon ou une part de gâteau susceptible de le rendre malade. A l'adolescence, le jeune allergique peut ne plus supporter les contraintes que lui impose ce régime drastique. Dans tous les cas, il est souvent recommandé de bien insister sur la dangerosité de l'allergène s'il est ingéré, quitte à faire peur.

» Cette attitude n'est toutefois pas sans risques pour l'équilibre psychique de l'enfant. Malgré l'allergie, il faut qu'il puisse mener la vie la plus normale possible, qu'il ne se sente pas si différent des autres enfants et qu'il ait, lui aussi, l'occasion de socialiser. Par exemple, plutôt que de lui interdire d'aller à l'anniversaire d'un copain de classe, mieux vaut bien le "briefer", ainsi que les parents qui accueillent les enfants. On pourra, à la maison, préparer un gâteau qu'il pourra manger sur place. Ne pas oublier d'en faire plus, pour que tout le monde puisse y goûter. Ainsi, l'enfant ne se sentira pas exclu.

» L'allergie d'un enfant est également particulièrement difficile à vivre pour les parents. Outre la culpabilité qu'ils ressentent à l'idée d'avoir transmis de "mauvais gènes" à leur progéniture, ils se retrouvent pris dans un engrenage : traquer les aliments néfastes, avoir peur, préparer la nourriture minutieusement, etc. Certaines mamans arrêtent même de travailler pour être sûre de tout gérer de A à Z, ne faisant confiance à personne pour prendre le relais. Il ne faut pas hésiter à demander conseil à son médecin, ainsi qu'à se rapprocher des associations de malades. Elles peuvent se révéler un véritable appui, logistique et psychologique.

» Toutes ces mesures sont très contraignantes, mais il reste l'espoir que tout rentre dans l'ordre. Les allergies alimentaires peuvent disparaître progressivement, sans que l'on sache expliquer pourquoi. C'est notamment le cas pour les enfants. Il n'est pas rare que l'allergie disparaisse d'elle-même vers l'âge de huit ans. D'où l'importance d'être régulièrement suivi par un allergologue, histoire de ne pas s'imposer un régime draconien pour rien !

 

En savoir plus

Sur L'Internaute Santé

Fabienne Rancé : "L'allergie alimentaire aurait doublé en cinq ans"


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Sur le Web

Le site Déjouer les allergies

 


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