L'amniocentèse est la ponction du liquide amniotique dans lequel baigne le foetus. Elle est effectuée directement au travers de la peau de l'abdomen de la maman, via la paroi de l'utérus. Le trajet de l'aiguille est très court car pendant la grossesse, la paroi de l'utérus est amincie et proche de la paroi abdominale de la mère.
On pratique l'amniocentèse au plus tôt entre 14 et 17 semaines d'aménorrhée (donc 3 à 4 mois depuis les dernières règles normales). Avant cette date, il y a trop peu de liquide.
Le médecin fait d'abord un repérage par échographie pour noter le meilleur emplacement et savoir jusqu'où il devra pousser l'aiguille pour bien rester dans le liquide. L'échographie guide le geste en permanence.
Après désinfection de la peau, une aiguille fine est introduite à travers la paroi de l'abdomen maternel, et poussée jusque dans l'utérus. Une vingtaine de millilitres de liquide sont aspirés dans la seringue. Le liquide contient les cellules de la peau du foetus qui ont desquamé normalement. Un peu de sang peut être aspiré avec, c'est sans gravité (il peut toujours y avoir une veine sur le passage).
Ces cellules seront par la suite examinées au microscope, en particulier pour rechercher des anomalies des chromosomes.
Il faut rester au repos sur place pendant 1 à 2 heures, et éviter les activités intenses ou les voyages les 2 jours suivants, pour ne pas favoriser les contractions de l'utérus.
Il n'y a aucun risque pour la mère. Quant aux risques pour la grossesse elle-même, ils sont très rares : une fausse couche peut être favorisée par une fissuration des membranes ou un décollement du placenta. C'est rare, mais cela suffit pour ne pas poser les indications de cet examen à la légère.
Dans les jours suivants, il faut consulter en cas de perte de liquide, de saignement, de fièvre ou de douleur intense dans le ventre.
Que peut retrouver l'amniocentèse ?
C'est avant tout l'étude des chromosomes :
On fait l'amniocentèse entre 14 et 17 semaines d'aménorrhée (depuis les dernières règles).
Elle sert à chercher une anomalie d'un chromosomes en cas d'antécédent familial connu (par exemple maladie héréditaire liée au chromosome X comme la myopathie de Duchenne) ou une anomalie de répartition des chromosomes dépistée auparavant par le caryotype : c'est le cas des trisomies. Les trisomies sont la présence d'un chromosome en 3 exemplaires au lieu de 2. La plus fréquente est la trisomie 21 ou mongolisme, dont la fréquence augmente avec l'âge de la maman.
L'amniocentèse est donc indispensable pour poser la décision d'un avortement thérapeutique proposé en cas de maladie génétique grave et incurable.
Les autres examens réalisables :
La recherche d'unespina-bifida : certains éléments biochimiques la dépistent, et peuvent permettre, en précisant son importance, une prise en charge adaptée.
Il est aussi possible de préciser certains déficits enzymatiques familiaux, toujours dans le but d'adapter la conduite ultérieure : parfois l'avortement est conseillé, parfois un traitement précoce peut guérir la maladie ; l'amnioscopie est alors incontournable.
Autre intérêt, doser la bilirubine et évaluer ainsi le degré d'anémie du foetus en cas d'incompatibilité sanguine foeto-maternelle.
En fin de grossesse, il est encore possible de faire l'amniocentèse pour déterminer le degré de maturation du poumon du foetus en dosant certaines substances qui en proviennent. Cela permettra de choisir le meilleur moment pour l'accouchement.
Auteur :Dr Denise Cazivassilio (Medservices) le 24 juillet 2001 Validé :Dr Lucien Chaby [gynécologue]Comité de relecture le 14 juin 2003 Modifié Dr Loïc Étienne (Medservices) le 3 juin 2003