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Luxation

Qu'est ce que c'est ?

C'est le déplacement des deux extrémités osseuses l'une par rapport à l'autre au sein de l'articulation. Plus connue dans le langage courant sous le nom de déboîtement.

Que ce passe t'il ?

Dans toute articulation, les deux extrémités osseuses (généralement la  tête  d'un coté et la  cupule  de l'autre) ne sont pas au contact. Entre les deux, il existe un  coussin aqueux , le liquide synovial, qui assure une mobilité sans frottement.

En revanche, ces extrémités sont maintenues entre elles de l'intérieur vers l'extérieur :

  • Par une capsule (qui permet à l'articulation de conserver son étanchéité).
  • Des ligaments (qui sont les vrais fixateurs).
  • Et les muscles périarticulaires (qui renforcent le tout).

À la suite d'un choc violent, capsule, ligaments et muscles se relâchent laissant à une extrémité la possibilité de chevaucher l'autre :

  • La capsule est rarement déchirée.
  • Les ligaments sont toujours lésés (entorse bénigne) et bien souvent rompus (entorse maligne).
  • Les muscles rarement gravement lésés (déchirure).

Quand à la partie externe de l'os qui recouvre la tête, elle se fracture parfois au passage de la tête. C'est d'ailleurs ce qui fait toute la gravité de la luxation. Passer à coté de ce type de fracture peut gravement compromettre la stabilité future de l'articulation.

Ne pas confondre entorse et luxation

Ce qui les différencie fondamentalement :

  • Dans l'entorse, seul un ligament est lésé et les extrémités osseuses restent bien en place.
  • Dans la luxation, non seulement c'est l'ensemble des ligaments qui sont lésés, mais les extrémités ne sont plus au contact.

Les points communs :

  • Tous deux surviennent à la suite d'un choc.
  • Tous deux peuvent être associés à une fracture.
  • Tous deux (du moins pour l'entorse maligne) doivent être traitées avec la rigueur d'une fracture ce qui impose une mise au repos de l'articulation d'au moins trois semaines.

Les différentes luxations

  • La luxation de l'épaule car de loin la plus fréquente.
  • La luxation des doigts car spectaculaire et facilement réductible.
  • La luxation des maxillaires (mâchoire) tout aussi spectaculaire non seulement par l'importance de son déplacement, mais surtout par la façon dont elle se produit (en mâchant, parfois au cours d'un simple bâillement).
  • La luxation du coude car il existe presque toujours une fracture du bec osseux de la cupule qui recouvre la tête.
  • La luxation d'une vertèbre (cervicale surtout) pour sa possible répercussion sur la moelle épinière (risque de paraplégie ou tétraplégie).

Les symptômes

Les luxations sont évidentes dans certains cas :

  • Luxation du coude : très grosse déformation, douleur insoutenable, gonflement rapide.
  • Luxation des doigts avec leur retournement parfois complet.

Dans la majorité des cas, les luxations n'ont rien d'évident :

  • Cas notamment de la luxation vertébrale qu'il faut savoir suspecter systématiquement devant un choc important (coup du lapin).
  • Cas de la luxation de l'épaule surtout chez la personne âgée qui n'éprouve pas forcément une forte douleur et ne présente pas de déformation.

Évidente ou pas il faut toujours faire une radiographie :

  • Pour confirmer le diagnostic dans les formes où réside un doute.
  • Et pour les deux s'assurer qu'il n'y ait pas de fracture associée.

Le traitement

La remise en place s'appelle une réduction.

  • Elle ne doit jamais être pratiquée avant qu'une radiographie ait éliminée une fracture sous prétexte d'aggraver celle-ci.

Deux exceptions cependant :

  • La luxation d'un doigt (la fracture est très rarement associée et la réduction n'est pas difficile en tirant bien dans l'axe).
  • Et la luxation récidivante de l'épaule ou des doigts car la tête finit par parfaitement connaître le chemin du retour qu'elle pratique sans danger pour l'os.

Dans la majorité des cas, une luxation se réduit sous anesthésie en raison de la rétraction musculaire qui empêche de réintroduire la tête dans sa cupule.

La réduction sera toujours suivie d'une immobilisation pendant 34 semaines pour laisser le temps au ligament de cicatriser. En cas de fracture associée, la sanction est double. Il faut compter un mois et demi.

On a rarement recours à la chirurgie sauf :

  • Devant des luxations à répétition pour raffermir l'enveloppe musculaire ou greffer une butée osseuse .
  • Au cours de certaines luxations vertébrales (pose d'une plaque) laissant planer un déplacement trop important au cours d'une récidive (risque non négligeable d'une lésion de la moelle).

Auteur :Dr Loïc Étienne (Medservices) le 24 juillet 2001
Validé :Dr Pascal Gleyze [chirurgien orthopédiste]Comité de relecture le 20 août 2001
Modifié  Dr Loïc Étienne (Medservices) le 1 octobre 2008

 
 
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