Les médicaments contre le sida sont essentiellement les anti-retroviraux, c'est à dire des médicaments qui s'attaquent au virus du sida à différents moments de sa vie.
On peut par extension y associer les médicaments pour combattre les affections opportunistes, et qui sont des antibiotiques, des antifongiques et des antiparasitaires spécifiques de ces affections.
Les différents types d'action
Ils agissent à différentes étapes du développement du virus, et on les associe pour diminuer le développement de mutants résistants. Le problème, c'est que le VIH réussit à muter et à résister ainsi à cause d'une imperfection de son matériel génétique. Celui-ci se reproduit avec de multiples erreurs, mais comme il se multiplie très vite, les chances de mutation bénéfique pour lui sont également démultipliées. Leur action se situe à différents niveaux :
Il y a des médicaments qui empêchent l'attachement du virus aux récepteurs, en particulier sur l'antigène des lymphocytes et 4 et les chémokines, protéines qui stimulent les cellules de défense.
D'autres médicaments inhibent la transcriptase inverse, enzyme qui recopie les informations génétiques sur l'ARN du virus : le chef de file est l'AZT. Ils sont utilisés dans tous les protocoles. Ce type de médicament empêche ou du moins gêne la réplication du virus.
D'autres médicaments inhibent le pro-virus, qui est la forme imparfaite, non active, du virus.
D'autres enfin, empêchent l'assemblage du virus : ce sont les anti-protéases, deuxième point clé des protocoles de traitement.
Les différents produits
Les inhibiteurs du récepteur CCR5
Le maraviroc représente une nouvelle classe de médicaments contre l'infection par le VIH. Il agit en inhibant les récepteurs CCR5 de la cellule-hôte. Grâce à ce blocage, le virus ne peut plus pénétrer dans la cellule.
Ce traitement s'adresse aux personnes qui ont déjà bénéficié d'un traitement contre le VIH et qui sont porteurs du type de virus qui utilise ce récepteur CCR5.
Ce médicament entre dans un protocole de "traitement de fond optimisé" (TFO qui est composé de 3 à 6 antirétroviraux). le maraviroc a permis une réduction de la charge virale nettement plus importante que celle observée chez les personnes ayant bénéficié du TFO seul. Au bout de 48 semaines de cette association, la charge virale est devenue indétectable (3 fois plus que pour le TFO seul).
Les inhibiteurs analogues nucléosidiques de la transcriptase inverse.
Ils agissent en empêchant la transformation de l'ARN viral en ADN qui puisse être incorporé dans le noyau de la cellule infectée.
Combivir® (zidovudine+lamivudine). Problèmes de nausées importantes au début du traitement qui disparaissent progressivement, essouflement, fatigue importante et inexpliquée, douleurs musculaires, crampes, vomissements.
Emtriva® (FTC, lamivudine). Peut donner des maux de tête, des vertiges, une fatigue des troubles digestifs, des insomnies.
Epivir® (3TC, lamivudine). Entraîne des troubles digestifs, des maux de tête, une fatigue.
Hivid® (ddC/zalcitabine). Responsable de troubles digestifs d'aphtes, d'anémie de boutons. La consommation d'alcool est à proscrire en raison du risque de pancréatite.
Kivexa® (abacavir + lamivudine). Entraîne une fatigue, des troubles digestifs des allergies. Ce médicament est à éviter en cas de grossesse et d'insuffisance hépatique.
Rétrovir® (AZT/zidovudine). Risque d'anémie de leucopénie, de maux de tête, de fatigue.
Trizivir® (AZT+ 3TC + abacavir). Responsable parfois d'allergie grave pouvant entraîner l'arrêt du traitement. Ce traitement présente les effets indésirables de la zidovudine, de la lamivudine et de l'abacavir
Videx® (ddI/didanosine). Risque de troubles digestifs, de fourmillements et de diminution de la sensibilité au niveau des pieds et des mains. On doit les prendre strictement à jeun et à distance des autres médicaments. Il y a un risque de pancréatite en cas de consommation d'alcool.
Zerit® (d4T/stavudine). Il y a un risque de toxicité hépatique et pancréatique et de diabète,
Ziagen® (abacavir). Effets secondaires : fatigue, troubles digestifs, risque d'allergie grave Ce médicament est à éviter en cas de grossesse et d'insuffisance hépatique.
Inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse
Eux aussi agissent en empêchant la transformation de l'ARN viral en ADN qui puisse être incorporé dans le noyau de la cellule infectée.
Rescriptor® (delavirdine). Il y a un risque d'allergie et de troubles digestifs en début de traitement.
Sustiva® (efavirenz, DMP-266). Effets secondaires : sensation d'ébriété, vertiges, cauchemars, hallucinations, troubles du comportement et de l'humeur, allergie.Il est à prendre au coucher. Il est contre indiqué durant la grossesse.
Viramune® (névirapine). Risque d'allergie et d'atteintes hépatiques graves. Il est contre-indiqué en cas d'insuffisance hépatique sévère.
Inhibiteurs de protéase
Ils empêchent l'assemblage du virus et donc l'explosion de la cellule infectée.
Agénérase® (amprénavir). Ils peuvent donner des éruptions cutanées en début de traitement, des troubles digestifs, des paralysie autour de la bouche
Crixivan® (indinavir). Risque de calculs rénaux, de troubles digestifs, de sensations anormales autour de la bouche, de sécheresse cutanée, de perte de cheveux. Il faut boire au moins 1,5 l d'eau au cours de la journée pour éviter les calculs rénaux.
Fortovase® (nouveau saquinavir) et Invirase® (saquinavir). Provoque des diarrhées. A prendre dans les 2 heures qui suivent un repas copieux.
Kalétra® (ABT 378/lopinavir + ritonavir). Entraîne de troubles cutanés, de la fatigue. Il est contre indiqué en cas d'insuffisance hépatique sévère. Il doit être conservé au frais.
Norvir® (ritonavir). Provoque des troubles digestifs, des diarrhées, des sensations anormales autour de la bouche. Il doit être conservé au frais.
Reyataz® (atazanavir). Entraîne des troubles digestifs, une jaunisse en début de traitement. Il est à prendre pendant ou peu après le repas.
Telzir® (fosamprenavir). Responsable de nausées
Tipranavir. Provoque des diarrhées, des éruptions cutanées, des troubles digestifs. Il est à prendre pendant ou peu après le repas.
Viracept® (nelfinavir). Donne des diarrhées, parfois importantes. Il est à prendre absolument au cours du repas. En cas de diarrhées persistantes, demander l'avis de votre médecin.
Inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse
Eux aussi agissent en empêchant la transformation de l'ARN viral en ADN qui puisse être incorporé dans le noyau de la cellule infectée.
Viréad® (TDF/ténofovir). Responsable de troubles digestifs (vomissements, nausées, diarrhées, flatulences). Ils sont à prendre au moment du repas.
Inhibiteurs nucléosidique et nucléotidique de la transcriptase inverse
Ils agissent en empêchant la transformation de l'ARN viral en ADN qui puisse être incorporé dans le noyau de la cellule infectée.
Truvada® (emtricitabine + ténofovir). Provoquent des troubles digestifs (vomissements, nausées, diarrhées, flatulences), une fatigue,des maux de tête, des vertiges, des insomnies, des cauchemars. Ils sont à prendre au moment du repas.
Inhibiteur de fusion d'entrée
Fuzéon® (T20/enfuvirtide). Il est fait en injection sous-cutanée, 2 fois/jour. Provoque des rougeurs, douleurs, petites boules au niveau des points d'injection. Après reconstitution du produit avec l'eau, il peut se conserver 24h maximum, au réfrigérateur. Il faut changer régulièrement de site d'injection et masser tout de suite après. On manque de recul pour tous les effets secondaires de ce médicament.
Auteur :Dr Denise Cazivassilio (Medservices) le 24 juillet 2001 Validé :Association pour la Réponse Médicale en Ligne le 20 août 2001 Modifié Dr Loïc Étienne (Medservices) le 21 fevrier 2009