Contrairement aux autres troubles liés à cette glande, la
prostatite touche majoritairement l'homme jeune, dans la trentaine. Moins
célèbre que le cancer ou l'hypertrophie, cette infection est tout
de même l'objet de deux millions de consultations chaque année en
France et représente 8 % à 9 % des visites chez un urologue.
 |
|
|
L'analyse du sang et des urines permet de détecter
le germe responsable de l'infection de la prostate. © Getty Images
|
|
Dans sa forme aiguë, l'infection de la prostate constitue une urgence
médicale. "Les germes peuvent passer assez rapidement dans la
circulation sanguine, il y a donc risque de septicémie", explique
le Dr Patrick Coloby, urologue. A l'origine de l'infection, le plus souvent, une
bactérie venue de l'intestin.
Les symptômes ressemblent à ceux d'une infection urinaire : fièvres,
courbatures, douleurs au moment d'uriner voire sang à la fin de la miction.
Le diagnostic s'établit à partir d'un toucher rectal et d'une analyse
de sang et d'urine. A la palpation, la prostate est gonflée et très
douloureuse. Une fois le diagnostic posé, l'analyse de sang permettra de
déterminer quel est le germe responsable de l'infection.
| "Quatre à six semaines d'antibiothérapie" |
Le traitement se fait par antibiotiques, avant même d'avoir trouvé
le germe responsable. Une fois qu'il sera déterminé, on pourra affiner
le traitement en fonction. Quatre à six semaines sont en général
nécessaires pour se débarrasser de l'infection.
Facteurs de risque
"La prostatite chronique est plus complexe à diagnostiquer,
souligne le Dr Coloby. Les symptômes sont changeants d'une personne à
l'autre. Douleurs abdominales ou à l'éjaculation, écoulement
plus ou moins trouble par l'urètre, etc." Pour poser le diagnostic,
il faut effectuer un prélèvement des sécrétions prostatiques
afin de mettre en évidence la présence d'éventuelles bactéries.
Si elles sont là, un antibiotique devrait permettre de guérir l'infection.
"Pour cette forme chronique de la prostatite, certains facteurs de risques
ont été identifiés, poursuit Patrick Coloby. Fumer, avoir
un régime hypercalorique, souffrir de constipation, avoir des partenaires
multiples sembleraient augmenter la probabilité d'être malade."