Ainsi, il semble que rien n'ait encore été démontré sur d'éventuels effets à court terme des radiofréquences de la téléphonie mobile. Mais sur le long terme ? A en croire certaines études, un usage excessif du téléphone portable causerait différentes tumeurs de la tête, selon d'autres encore, le portable serait inoffensif. Alors, nocif ou pas le portable ? Qui croire ? Et d'ailleurs, pourquoi y a-t-il autant d'études contradictoires sur le sujet ? Martine Hours apporte quelques éléments de réponse sur le sujet : "il y a plusieurs raisons à cela. De manière générale, l'observation des effets des ondes électromagnétiques est très difficile.
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Les scientifiques n'arrivent pas à trouver un consensus sur les effets du portable.
Photo © Getty Images
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D'autre part, on peut évoquer les difficultés liées à la méthodologie de travail. Parmi les nombreuses études sur le sujet, et particulièrement dans les premières années, les protocoles étaient mal établis : ils ne mesuraient pas correctement la température, les puissances utilisées étaient trop élevées, etc.".
Pas assez de recul sur la technologie
D'autre part, comme le précise Olivier Merckel, "il faut bien faire la distinction entre deux types d'études : les études scientifiques, qu'elles soient pratiquées in vivo, in vitro ou comportementales et les études épidémiologiques.
Dans le premier cas, il est généralement assez complexe de savoir quoi chercher, l'éventail des effets probables étant assez large. Que ce soit des études sur un embryon de poulet, sur des souris ou des mouches, les études s'attèlent donc à démontrer quel effet peut avoir une exposition aux radiofréquences (RF), dans des conditions maximales, sur l'organisme. Les chercheurs obtiennent le plus souvent des résultats contradictoires les uns par rapport aux autres.
Attitude de précaution
| "Il s'agit d'évaluer l'exposition le plus précisément possible, ce qui n'est pas possible avec les études épidémiologiques" |
Pour l'instant, on n'a pas d'arguments scientifiques probants, on ne peut donc qu'adopter une attitude de précaution. En ce qui concerne les études épidémiologiques, il faut prendre en compte le facteur temps parce qu'on se situe actuellement à la croisée des chemins dans la mesure où il commence à peine à y avoir des groupes suffisamment important de personnes qui sont des utilisateurs de téléphone portable depuis au moins 10 ans. Il s'agit d'évaluer l'exposition le plus précisément possible, ce qui est difficile avec les études épidémiologiques puisqu'elles se basent sur des interrogatoires, ce qui peut conduire à des biais puisqu'on ne peut pas être certain que la personne interrogée se remémore de façon précise son comportement 10 ans auparavant. Il est donc très complexe de pouvoir relier l'exposition à l'apparition de pathologies".
» A retenir
Tout d'abord, il faut bien distinguer les études biologiques des études épidémiologiques. Les principales difficultés pour statuer sur la dangerosités du portable sont liées à la méthodologie, au facteur temps, aux personnes interrogées (qui sont susceptibles d'altérer, consciemment ou pas, leurs réponses) et au fait que les chercheurs ne savent pas vraiment quoi chercher...