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Ça commence par un oubli, puis un deuxième, puis un blanc de plusieurs minutes. La maladie d'Alzheimer est un mal qui frappe le système nerveux humain. 25 millions de personnes dans le monde souffrent de cette maladie neurodégénérative qui altère la mémoire. La France compte plus de 800 000 malades ; en 2020, ce sera 1 million. Le Président Nicolas Sarkozy en a fait son chemin de bataille en lançant le plan Alzheimer le 1er février dernier. Point sur la recherche d'un vaccin ou d'un nouveau traitement.

Une origine que les chercheurs ignorent toujours

La perte de mémoire des malades ainsi que la baisse d'aptitude à l'apprentissage s'expliquent par la présence de deux protéines dans deux régions du cerveau : l'APP pour amyeloid protein precursor et tau. Elles agissent sur les cellules nerveuses responsables des mécanismes de mémorisation et d'apprentissage situées dans le cortex entorhinal et le gyrus denté de l'hippocampe, des parties du cerveau

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Comparaison d'un cerveau malade et d'un cerveau sain. Photo © DR
 


Par l'utilisation de biomarqueurs, les chercheurs ont décelé une forte concentration de ces protéines dans le cerveau de malades d'Alzheimer. L'APP produit une petite molécule, le peptide béta amyéloïde. Hautement toxique, il provoque la dégénérescence des cellules nerveuses. Résultat : le cerveau présente des plaques séniles. Quant à la protéine tau, elle se concentre dans les neurones et forme des fibres gélatineuses dues à l'amyéloïde ce qui entrave toute communication neuronale. C'est la dégénérescence fibrillaire.

En dix ans, les scientifiques ont mis au jour tous les mécanismes induits par ces protéines. Des traitements ont pu être élaborés à élaborer pour couper cours à cette cascade de réactions. Mais les chercheurs ignorent toujours la cause d'accumulation anormale de ces deux protéines. L'équipe du Professeur Thierry Fréboug du laboratoire de Génétique au CHU de Rouen a observé chez les patients atteints de la forme héréditaire de la maladie, la présence de trois copies du gène codant pour la protéine APP. Quant à ceux qui possèdent uniquement deux gènes de l'APP, les mutations génétiques responsables de ce dérèglement de fonctionnement ne sont pas encore décelées, ni encore moins comprises.

Un vaccin à améliorer

"A l'heure actuelle, plus de 1 500 molécules sont en cours de développement dans les laboratoires dont une quarantaine sont déjà à un stade avancé" énonce Catherine Lassalle, directrice des Affaires Scientifiques du LEEM (les entreprises du médicament) au micro du Docteur Ducardonnet pour radio Alzheimer. L'objectif de ces futurs médicaments est d'agir à différents endroits ciblés de la cascade de réactions ; mais également de prévenir et ralentir la progression de la maladie.

Quant au vaccin, le Professeur Dubois, neurologue à la Pitié Salptérière, se veut optimiste en émettant l'hypothèse d'une mise au point d'ici 5 à 10 ans. "Plusieurs vaccins sont d'ores et déjà testés et mieux supportés" avance-t-il au Docteur Ducardonnet "d'ailleurs ce ne sont pas à proprement parler des vaccins mais des immunothérapies actives car on traite une personne déjà malade". L'objectif de ce traitement est de détruire l'APP et plus particulièrement le peptide béta amyéloide. En injectant cette molécule dans le sang du patient, le système immunitaire va répondre en synthétisant des anticorps qui vont la détruire dans tous le corps y compris le cerveau. "Sur les modèles animaliers, ça marche très bien ; mais chez l'homme nous constatons l'apparition d'une méningo-encéphalite (inflammation du cerveau). Le médicament est trop puissant." ponctue le Professeur Dubois.

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