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2005, la psychose s'empare de l'Île de la Réunion. Le Chikungunya frappe fort ; les malades se comptent par milliers. Cette maladie est loin de concerner uniquement les îles ; à cause du réchauffement climatique, l'insecte porteur du virus dans l'océan Indien "Aedes Albopictus" s'adapte au climat méditerranéen. L'Italie dénombre 200 personnes contaminées en septembre 2007.

 

répartition du virus Chikungunya
 
Répartition de l'épidémie de Chikungunya. Carte © DR
 

Symptômes de la maladie de "l'homme courbé"

70 à 99% des cas d'infection au Chikungunya se manifestent par une atteinte des articulations des membres supérieurs et inférieurs : poignet, genou, cheville et plus rarement les épaules et les hanches. Cette polyarthrite aiguë extrêmement douloureuse se développe dans un délai de 2 à 10 jours. Cette forme invalidante s'accompagne généralement d'une forte fièvre, de douleurs musculaires et de violents maux de tête.

Des cas sévères ont été aussi répertoriés en Asie où les malades présentaient des hémorragies. Selon L'Institut Pasteur, certains patients réunionnais ont développé des inflammations du cerveau, les méningo-encéphalites, et d'autres troubles graves neurologiques. Les personnes les plus fragiles sont les plus atteintes, à savoir les nouveaux-nés et les personnes âgées.

Des traitements d'appoint

Moustique responsable du Chikungunya
 
L'Aedes Albopictus, un des vecteurs de la maladie, a élu domicile en Méditerranée. Photo © DR
 

Actuellement les symptômes sont soignés à coup d'anti-inflammatoires et d'anti-douleurs. Le seul moyen de lutter contre le Chikungunya est la prévention. S'habiller avec des vêtements longs, utiliser des répulsifs contre les moustiques et vaporiser des produits létaux comme les insecticides pour tuer les vecteurs de la maladie dans la végétation et autour des habitations.

En 2006, le Centre National de Référence des Arbovirus à l'Institut Pasteur à Lyon place une douzaine d'équipes sur le problème du Chikungunya. Objectif : mettre au point un vaccin efficace contre les différentes souches du virus. En 2006, le séquençage, c'est-à-dire le déchiffrage exact du code génétique, de plusieurs souches virales ayant été impliquées dans l'épidémie dans l'Océan Indien est réalisé.

L'équipe d'Olivier Schwartz de l'Unité Virus et Immunité à l'Institut Pasteur ont mis au jour les cellules cibles de ce virus. Publiés dans PLoS Pathogens de juin 2007, les résultats de cette étude indiquent qu'in vitro le virus ne se multiplie pas dans les cellules sanguines circulantes comme les lymphocytes, mais touche les cellules immunitaires de notre organisme, à savoir les macrophages. Leur rôle ne serait plus alors de combattre la maladie mais au contraire d'inoculer le virus aux tissus où ces cellules se trouvent. Outre les macrophages, d'autres cellules dites adhérentes servant aux jointures intercellulaires sont aussi la cible de ce virus. Reste maintenant aux chercheurs à déterminer le mode d'entrée et de réplication du virus dans ces cellules pour mettre au point un traitement efficace. Le but : empêcher l'infection des cellules cibles.

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