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Grey's anatomy est le mauvais élève
en matière de relations interpersonnelles. © ABC
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Mauvaise note pour Grey's Anatomy, cette fois. "La relation hiérarchique
est tout à fait excessive, s'emporte Yohann Derhy. J'ai moi-même des internes
sous ma responsabilité et je ne leurs parlerais jamais aussi mal. Il y
a du respect entre nous." Laurène n'est pas d'accord et trouve "les rapports humains
très drôles. En revanche, ce qui n'est pas vraisemblable, c'est que les internes
aient autant de responsabilités et fassent autant de choses à la fois. Je me souviens
d'un épisode où une interne effectuait une opération, puis partait réanimer un
nouveau-né, le tout alors que sa chef était partie ! En réalité, dans une situation
pareille, la chef serait restée. Chaque interne a ses spécialités et il ne prend
pas autant de responsabilités, il est plus supervisé."
Chicago Hope semble une nouvelle fois être la série la plus conforme
à la réalité. "Les médecins n'en font pas trop, estime Yohann Derhy. Dans
le cadre des interventions, ils sont très précis, ne s'affolent pas. Urgences
est particulièrement crédible pendant les interventions d'urgence, justement,
où tout est réglé au millimètre. Les personnages sont eux aussi très proches de
la réalité. On retrouve le chirurgien sérieux et méticuleux, le pédiatre rassurant…
Oui, c'est très bien fait !"
Une vie privée mouvementée
Nip/Tuck n'en finit pas d'énerver le plasticien. "C'est ridicule et
cela entretient le cliché du chirurgien esthétique bronzé, roulant dans une
voiture dernier cri et trompant sa femme avec sa secrétaire ! Je suis chirurgien
plasticien et je peux vous assurer que mon quotidien ne ressemble pas du tout
au leur ! Même d'un point de vue chirurgical, leur tandem est contestable. Certes,
le concept d'une clinique bicéphale est tout à fait envisageable, mais opérer
à quatre mains comme ils le font, je n'ai jamais vu ça…" Laurène, elle, est choquée
par le manque de déontologie : "Ils poussent carrément les patients à se faire
opérer ! Ce sont des antihéros, ils sont exécrables."
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"Il y a moins d'intrigues amoureuses dans la réalité"
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Un point commun à toutes ces séries : l'impression de vie en vase clos de l'équipe
médicale. Une réalité, particulièrement aux Etats-Unis où la charge de travail
des médecins est encore plus lourde qu'en France. "En outre, aux Etats-Unis, on
peut trouver un poste à 5000 km de l'endroit où l'on a étudié. Il y a donc
beaucoup de "déracinés" qui n'ont comme connaissances que leurs collègues
de travail, explique le Docteur Derhy. Cette tendance autarcique est beaucoup
moins vraie en France, quoiqu'elle soit également une réalité."
Des propos tempérés par Adeline : "A Paris, les médecins vivent beaucoup moins
entre eux que dans les séries, mais je crois que c'est moins vrai en province.
Beaucoup sont logés à l'hôpital, il est donc inévitable que toute leur vie tourne
autour de ce lieu. Par contre, une chose a beaucoup changé : la profession
se féminise énormément. Du coup, les intrigues amoureuses dans l'hôpital sont
plus rares."