"La zoothérapie c'est l'utilisation d'un animal qui a reçu
une éducation dès son plus jeune âge, au service
de personnes qui, à un moment de leur vie, ont besoin de ses bienfaits",
explique François Beiger, fondateur de l'Institut français
de zoothérapie. Il poursuit ainsi : "Le concept existait peut-être
déjà de façon balbutiante en France, mais le terme de
zoothérapie est arrivé du Québec avec moi, au début
des années 2000."
 |
|
|
Utiliser un animal pour soulager le mal-être psychologique
des humains : tel est le concept de la zoothérapie.
© Getty Images
|
|
L'idée d'utiliser les animaux pour soulager les hommes est également
née Outre-Atlantique, aux Etats-Unis plus précisément.
A la fin des années 1950, le pédopsychiatre Boris Levinson
est le premier à évoquer le rôle de catalyseur social
que peut jouer l'animal envers l'homme. Pas besoin d'aller chercher très
loin pour illustrer l'idée, évidente pour qui s'est déjà
promené dans la rue avec un toutou à bonne bouille ou, mieux,
avec un chiot : rien de tel pour engager la conversation avec des inconnus !
L'animal attire indirectement la sympathie envers son heureux propriétaire.
La zoothérapie utilise cet état de fait sur un plan thérapeutique,
pour soulager le mal-être psychologique de certains patients.
L'animal peut alors lui servir de catalyseur pour exprimer ses émotions
et finir par mieux communiquer avec son entourage humain.
Plus largement, il a souvent sur le patient un effet anxiolytique non négligeable.
Pour autant, "la zoothérapie n'est pas une médecine,
ni un médicament. Ce serait une énorme erreur de croire
qu'elle peut guérir les patients, souligne François Beiger.
En revanche, elle a clairement un rôle à jouer pour soigner
certains symptômes, engager la communication, soulager."
La zoothérapie se décline en deux branches.
» La thérapie assistée par
l'animal permet d'officier pour tous types de pathologies. Elle consiste
à faire de l'animal un médiateur entre le malade et le zoothérapeute.
La simple mise en relation, savamment orchestrée par des professionnels,
du patient et de l'animal, peut suffire.
» L'activité assistée
par l'animal est plus subtile. Le but : augmenter la motivation des patients
pour participer à des activités en y incluant des animaux.
Par exemple, une randonnée pourra récolter un plus franc succès
si elle se fait en présence de chiens ou d'ânes.
La France en retard
Cette technique de soins peut donc revêtir des formes très variées.
"Même lorsque les activités ont lieu en groupe, il s'agit
toujours de thérapies individualisées, du sur-mesure pour chaque
patient", précise François Beiger. Cet étiologue
et psychologue de formation a commencé à s'intéresser
aux thérapies par les animaux sur le tard, à la fin des années
1980. Mais il connaissait déjà, depuis longtemps, le pouvoir
curatif des animaux.
| "Le chien n'est pas un médicament" |
Bouleversé par la naissance d'un fils trisomique en 1973, François
Beiger trouve un réconfort dans sa passion pour la nature. Bientôt,
il part pour des expéditions en solitaire dans le Grand Nord avec
ses chiens de traîneau. Après avoir monté un premier
Centre de médiation animale au Québec en 1995, il finit par
retrouver sa terre natale pour fonder l'Institut français de zoothérapie
ainsi qu'un Centre de médiation animale en 2003. "Aujourd'hui
en France, je dirais qu'il existe au maximum une demi-douzaine de centres
qui pratiquent la zoothérapie au sens où nous l'entendons,
souligne François Beiger. La France est en retard par rapport aux
pays anglo-saxons mais on constate une véritable prise de conscience
depuis quelques années. La situation évolue."
Jean-Luc Vuillemenot, secrétaire général de l'Association
française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie
(Afirac), n'apprécie pas franchement le terme de zoothérapie.
"C'est peut être juste une question de sémantique, relativise-t-il,
mais le simple mot me donne de l'urticaire. L'animal n'est en aucun cas un
psy ou un kiné ! Sa présence fait certes du bien, c'est un
fait démontré depuis des années. Mais il ne peut pas
être vu comme un traitement à lui seul. C'est à une
équipe de professionnels de santé de définir un protocole,
qui pourra éventuellement inclure un animal. En outre, nous souhaitons
nous assurer du bien-être de ces animaux qui travaillent."