Loin du cliché de l'enfant autiste qui s'éveille à
la vie auprès de son cheval favori, la zoothérapie peut être
utilisée pour soulager toute une palette de maux de l'esprit. Les
animaux et les techniques sont bien sûr utilisés différemment
d'un patient à l'autre, mais avec un message commun immuable : l'animal
peut aider à passer des messages que l'homme ne parvient pas à
communiquer.
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Les animaux sont notamment utilisés dans les maisons
de retraite, pour soulager certains troubles dépressifs.
© Getty Images
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» "La zoothérapie a un rôle
énorme à jouer dans toutes les pathologies psychiatriques",
souligne François Beiger. Schizophrènes, névrosés
en tous genres mais aussi anorexiques peuvent voir leur situation évoluer
positivement au contact des animaux.
» Les enfants autistes figurent
parmi ceux qui tirent le plus de profit de la zoothérapie. Incapables
de communiquer avec le monde humain qui les entoure, leur attention peut
être captée par l'animal avec lequel ils sont en présence.
Ce qui permettra de débloquer une situation, "même si l'on
ne doit jamais s'attendre à des miracles, insiste François
Beiger. Mais l'enfant peut faire des progrès étonnants au contact
d'un chien ou d'un poney."
» Les personnes souffrant de déficience
mentale au sens large peuvent y trouver un large bénéfice.
C'est le cas par exemple des enfants trisomiques, qui gagnent là une
façon de se responsabiliser.
» Un peu plus inattendus, les bienfaits
des animaux auprès des personnes âgées se font aussi
sentir. Ils permettent bien sûr de lutter contre le sentiment de solitude,
mais pas seulement. "Par exemple, la présence d'un animal peut
inciter une personne qui aurait tendance à se laisser aller à
se reprendre en main, explique le zoothérapeute. Je me souviens d'une
dame qui refusait de faire sa toilette. Parallèlement, nous amenions
régulièrement un chien pour lui rendre visite. Nous avons constaté
que si nous confions le chien à l'aide-soignante pendant la toilette,
cette dame acceptait les soins sans problème."
» Dans le même ordre d'idée,
les animaux peuvent égayer un peu le quotidien des enfants hospitalisés,
ainsi que des personnes en soins palliatifs. Leur effet anxiolytique semble
être d'un grand secours.
» La zoothérapie peut aussi aider
les enfants qui se trouvent dans un milieu social difficile, de même
que les délinquants juvéniles. "L'animal prend alors
un rôle de médiateur", explique François Beiger.
Il permet à l'enfant ou à l'adolescent de se responsabiliser.
» Des interventions se font parfois en
milieu carcéral. Une expérience a même été
menée en Suisse dans les années 1980 : environ 25 détenus
volontaires se sont vus confier des chats, dont ils avaient la responsabilité.
Les interviews menées plusieurs années après ont révélé
que la présence de l'animal avait été très positive.
Pour les propriétaires des chats, car ils se sont sentis responsables
de leur animal et ont eu à cur de lui fournir tout le confort
nécessaire, mais aussi pour les autres détenus, qui ont eux
aussi profité de cette présence animale, qui comblait leur
solitude. Beaucoup ont emmené leur chat avec eux lorsqu'ils sont sortis
de prison.