"Pour pratiquer la zoothérapie, il ne suffit pas d'amener des
chiens dans une maison de retraite", aime à plaisanter François
Beiger. Pour que la thérapie soit efficace, il faut, explique-t-il,
qu'elle obéisse à des règles précises.
Deux cas de figure :
» L'animal est amené sur le lieu
de résidence du patient, dans un foyer pour personnes âgées
par exemple. "La plupart du temps, nous amenons des chiens, parce qu'ils
sont adaptés à tous les milieux. S'il y a suffisamment d'espace,
nous pouvons toutefois opter pour un poney ou une chèvre, par exemple."
» Les patients se déplacent au
centre. La dynamique est alors totalement différente : le zoothérapeute
peut choisir l'animal qu'il juge le plus adapté au patient. En outre,
l'animal, évoluant dans son milieu, se sent souvent plus à
l'aise. C'est donc l'option que les zoothérapeutes privilégient
lorsque c'est possible.
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Les méthodes sont individualisées. Le thérapeute
doit être attentif aux moindres réactions du patient.
© Getty Images
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Première phase de la zoothérapie : l'observation.
L'animal et le patient sont mis en présence pendant une heure. En
retrait, le thérapeute observe et prend des notes quant au comportement
du malade. Quelles sont ses réactions à l'approche de l'animal ?
Semble-t-il anxieux ou, au contraire, détendu ? Quelles sont
ses expressions faciales ? Que dit son regard ? Cette phase d'observation
va durer pendant trois à quatre séances, au terme desquelles
le zoothérapeute va produire un rapport écrit. "Avec les
autres intervenants, psychomotricien, éducateur, etc., nous allons
nous servir de ce rapport pour établir un programme et une grille
d'évaluation", explique François Beiger.
Deuxième phase : l'action ! Evidemment, elle varie énormément
d'une personne à l'autre et elle est définie en fonction des
attentes stipulées par l'éducateur ou la personne responsable
du patient. Il peut s'agir, par exemple, de stimuler la motricité
en incitant l'enfant à mettre la laisse au chien, de l'inciter au
contact en brossant une chèvre naine ou même de faire un parcours
d'agilité avec un animal. Pour une personne hémiplégique,
par exemple, on va l'inciter à travailler sur le côté
paralysé par l'intermédiaire d'un animal qu'il faudra brosser
ou dont il faudra attacher la laisse. "Le rôle du thérapeute
est de toujours parler, de bien expliquer ce qu'on fait, tout en continuant
à observer et prendre des notes."
L'animal est une éponge
Ce qui conduira à une synthèse effectuée toutes les
quatre à cinq semaines, avec l'ensemble des référents.
"La réunion doit comprendre aussi bien le zoothérapeute
que l'éducateur, les infirmières mais aussi le chauffeur qui
amène et remmène l'enfant après la séance par
exemple, souligne François Beiger. Il est important de connaître
l'attitude de l'enfant avant et après : était-il anxieux ou
au contraire détendu ? Heureux ? Semblait-il plus calme après
la séance ? Etc."
Le principe essentiel à retenir, c'est que tout se passe comme si
l'animal était une éponge : "Il doit absorber les émotions
négatives et les problèmes du patient, pour l'en soulager un
peu, explique François Beiger. Il doit prendre en charge l'agressivité
qui peut émaner de la personne malade." "D'où
l'importance d'avoir toujours à l'esprit le bien-être de l'animal,
souligne le secrétaire générale de l'Afirac, Jean-Luc
Vuillemenot. Il ne faut pas qu'il pâtisse du fait d'avoir à
absorber des émotions négatives."
| "Des résultats en trois mois" |
Même s'il s'agit vraiment de cas par cas, les premiers résultats,
à raison d'une séance hebdomadaire d'une heure, se font généralement
sentir au bout de trois mois. Il est toutefois possible de constater des
effets positifs avant et la situation peut évidemment s'améliorer
encore au fil du temps.
Difficile de mesurer les résultats de façon scientifique. Mais
la médiation par l'animal semble être capable de réduire,
parfois considérablement, la prise d'anxiolytiques chez les malades.
"En moyenne, les doses de médicaments baissent de 30 %,
commente François Beiger. Il peut arriver que la prise de ces anxiolytiques
ne soit plus du tout nécessaire. Quant à la durée du
traitement
Il peut durer toute la vie si cela apporte vraiment un plus
au patient. Finalement, beaucoup de malades prennent de toute façon
des médicaments jusqu'à la fin de leurs jours."
Seule différence : la sécurité sociale ne prend pas
en charge le coût d'une séance de zoothérapie. Il
faut compter 42 € à 45 € pour une séance individuelle
d'une heure, avec des tarifs dégressifs sur le long terme ou en groupe.
Ces séances sont assez souvent subventionnées par le conseil
général ou des associations uvrant dans le domaine social.
Le zoothérapeute souligne tout de même que "nos techniques
ne permettent pas de guérir des maladies. Il n'a évidemment
jamais été question de se substituer à la médecine".