On n'a pas encore trouvé de gène de la thyroïde défectueuse
ou identifié un polluant responsable de l'hyperthyroïdie. Mais il
existe certains facteurs de risques assez clairs, qui favorisent l'apparition
de dérèglements de cette glande.
» "Il y a clairement un terrain familial
pour certaines pathologies, souligne le Pr Delemer. C'est surtout vrai pour
les goitres (thyroïde anormalement développée, NDLR) et les
maladies auto-immunes, où c'est le corps lui-même qui provoque l'hyper
ou l'hypothyroïdie." Le Dr Sallée estime quant à lui qu'il
y a bien un terrain familial, "mais les pathologies peuvent varier d'une
personne à l'autre au sein de la même famille". Ainsi, le père
pourra développer un cancer tandis que les enfants souffriront de nodules,
de goitre ou d'hyperthyroïdie par exemple.
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Notre nourriture, si elle est riche en sel, reste pauvre
en iode. Un véritable facteur de risques pour les pathologies de la thyroïde.
© Getty Images
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» D'un point de vue environnemental, "nous
souffrons incontestablement d'une carence iodée, estime Brigitte Delemer.
La thyroïde utilise de l'iode pour fonctionner. Or il y en a très
peu dans notre alimentation. Le sel que nous utilisons pour cuisiner est peu iodé
et l'on nous apprend à l'utiliser avec parcimonie. Quant au sel des plats
cuisinés, il ne contient carrément pas d'iode. Nous avons donc un
déficit de ce point de vue." Le problème se retrouve un peu
partout en Europe, excepté dans les pays nordiques qui ont réglé
la question grâce à une politique de iodation. "Depuis, le nombre
de personnes atteintes de pathologies thyroïdiennes s'est effondré,
surtout chez les enfants. La Société française d'endocrinologie
(SFE) est pour une telle politique, mais il faut réfléchir à
la manière de le faire. C'est un problème délicat dans la
mesure où certaines personnes, souffrant d'un goitre par exemple, peuvent
développer une hyperthyroïdie s'ils ont une alimentation iodée."
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Fumer est également un facteur de risques.
© Getty Images
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» Le tabagisme constitue un autre
facteur de risque. Il contient une substance goitrigène et intervient également
de façon néfaste dans le cas de la maladie de Basedow. Il est souvent
responsable du caractère exorbité des yeux de ces hyperthyroïdiens.
» Sans que l'on puisse réellement
déterminer l'étendue de son influence, le stress joue également
"un rôle majeur dans certaines pathologies", note le Dr Sallée.
» Les pesticides et autres polluants chimiques
pourraient également avoir un rôle, bien qu'il ne soit pas encore
clairement établi.