La thyroïde est à la mode. Les médecins prescrivent de plus
en plus de bilans thyroïdiens, les patients s'affolent et rendent cette petite
glande du cou responsable de tous leurs maux. Tordons le cou, justement, à
quelques idées reçues.
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L'accident nucléaire de Tchernobyl ne semble pas avoir
eu d'incidence sur le nombre de cancers de la thyroïde en France, contrairement
à ce qui est souvent avancé. © Getty Images
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» Non, il n'y a sans doute pas plus de
problèmes de thyroïde aujourd'hui qu'hier. Ils sont surtout beaucoup
mieux dépistés, beaucoup plus tôt, souvent même avant
que des symptômes n'apparaissent. Les outils de diagnostic (échographie,
etc.) sont de plus en plus précis et permettent donc un excellent dépistage.
"C'est plutôt une bonne chose finalement, que les médecins traitants
prescrivent beaucoup de bilans thyroïdiens, estime François-Xavier
Sallée. C'est toujours plus efficace de traiter une forme modérée
de dérèglement." Dans certaines situations, un simple suivi
sera préconisé.
» L'accident nucléaire de Tchernobyl
n'a pas fait augmenter le nombre de cancers ou de problèmes de la thyroïde
en France. Même si beaucoup de victimes semblent voir un lien de cause à
effet entre leur maladie et le passage de nuages radioactifs au-dessus de la France,
les chiffres ne leur donnent pas raison. "On enregistre depuis des années
une progression du nombre de cancers de la thyroïde (découverts, NDLR),
explique le Dr Sallée. Cette progression est constante, nous n'avons noté
aucune cassure dans la courbe après Tchernobyl, rien de particulier. Evidemment,
c'est tout différent pour les personnes en Ukraine, notamment pour les
enfants qui sont particulièrement sensibles à l'iode."
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L'obésité n'a que très rarement une
cause thyroïdale. © Getty Images
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»Toute prise de poids n'est pas due à
une maladie thyroïdienne et toute maladie thyroïdienne ne provoque
pas une prise de poids, loin de là. "Beaucoup de patients qui arrivent
dans mon cabinet sont persuadés qu'il y a un lien entre leur surpoids et
un problème endocrinien. En réalité, c'est TRES rare, souligne
François-Xavier Sallée. Certes, il y a longtemps, les gens pouvaient
prendre du poids lorsque l'hypothyroïdie devenait très grave et n'était
pas soignée. Dans ces cas-là, cela peut provoquer un dème
de tout le corps. Mais aujourd'hui, les dérèglements sont souvent
mineurs au moment où l'on s'en aperçoit."
» Il n'est pas toujours difficile de trouver
le bon dosage, contrairement à ce que l'on entend souvent. "On
fixe un premier dosage en fonction du poids de la personne et d'autres critères,
explique le Dr Sallée. Ensuite, si cela ne convient pas, on ajuste. La
plupart du temps, c'est assez facile, mais il faut s'adresser à un spécialiste,
qui a plus l'habitude."