Avant l'opération

En savoir plus

C'est bien souvent l'étape la plus redoutée de ceux qui doivent passer par la salle d'opération. A tort, car les risques d'accidents liés à l'anesthésie sont aujourd'hui très faibles. Des progrès considérables ont été réalisés dans les vingt dernières années et on enregistre aujourd'hui dix fois moins de décès qu'il y a vingt ans. "Selon une étude sur les anesthésies en France réalisée récemment, les décès totalement secondaires à l'anesthésie représentent 50 cas par an, soit 7 accidents mortels pour un million d'anesthésies, précise le Dr Dan Benhamou, anesthésiste à l'hôpital de Bicêtre." Le risque de décès est donc aussi faible que la probabilité de mourir dans un crash d'avion ou un accident nucléaire.
Histoire de dédramatiser, détaillons le travail de l'anesthésiste.

Salle de réveil
 
Que ce soit pendant l'opération ou en salle de réveil, le patient est constamment surveillé par l'anesthésiste ou des infirmières spécialisées. © Getty Images
 

» La première étape, obligatoire depuis 1994, c'est l'entretien préliminaire. Il est particulièrement important si l'on a une santé fragile : c'est là que l'anesthésiste va déterminer avec vous si votre cœur et l'ensemble de votre organisme peuvent supporter ou non l'opération. En plus d'étudier le dossier médical complet, l'anesthésiste fait également effectuer une batterie de tests et d'examens. Une bonne occasion de faire un check-up complet !

» Deuxième étape : l'endormissement. Etape cruciale s'il en est (encore que le réveil soit au moins aussi important…) puisqu'il doit plonger le patient non seulement dans un état d'inconscience mais aussi d'absence de sensations, afin de ne pas ressentir la douleur. "C'est pourquoi nous employons un cocktail de médicaments, précise le Dr Benhamou. Certains permettent de passer de la phase d'éveil à l'endormissement. D'autres (analgésiques, dérivés morphiniques) évitent de ressentir la douleur. Une troisième classe (curare) relâche les muscles, ce qui facilite l'intubation et l'opération chirurgicale." C'est d'ailleurs pour ça qu'il ne faut pas manger avant une opération : l'appareil digestif n'est pas capable d'empêcher la nourriture de "remonter" et elle pourrait alors pénétrer dans les poumons. Une dernière catégorie de produits (les halogénés) permet de maintenir le sommeil. Ces médicaments peuvent être diffusés par voies intraveineuse ou respiratoire. Cette phase se déroule impérativement sous le contrôle de l'anesthésiste.

» Pendant l'opération, le patient n'est pas franchement censé se réveiller. Généralement, la quantité de médicaments est suffisamment importante pour que cela ne se produise pas. Il arrive tout de même parfois que des signes d'éveil se fassent sentir. Rassurez-vous : "Le patient perçoit ce qui se passe lors de l'opération mais il ne souffre pas. La perception est surtout auditive, explique Dan Benhamou. Nous avons des moniteurs qui surveillent l'état de sommeil du cerveau." Si l'état d'éveil commence alors que l'opération n'est pas terminée, des anesthésiants sont de nouveau administrés. Pendant toute la durée de l'opération, des infirmiers anesthésistes sont présents. Pas forcément l'anesthésiste lui-même car il doit souvent s'occuper de deux patients en même temps.

» La phase de réveil est évidemment essentielle. C'est pourquoi l'anesthésiste est présent au début de cette étape. Ensuite, les infirmières spécialistes veillent, assistées de moniteurs cardio-respiratoires. Bien souvent, le patient n'aura pas de souvenir de cette période où il est vaguement réveillé mais pas encore conscient. "Et je précise que la légende selon laquelle les patients se mettraient à parler en racontant des choses potentiellement embarrassantes est totalement infondée", souligne Laurent Sédel. En revanche, le patient peut ressentir des frissons pendant plusieurs heures après le réveil : les produits anesthésiants influent sur le système thermorégulateur de l'organisme.

Les produits de l'anesthésie sont totalement éliminés en 24 heures. Ceci dit, pour certains patients, des nausées et des sensations de malaise peuvent perdurer pendant deux jours. Selon la durée de l'anesthésie et l'importance de l'opération, le patient risque de ressentir une fatigue plus ou moins lourde, qui s'estompera progressivement au fil des semaines.


Magazine Santé Envoyer Imprimer Haut de page

Accueil

Connexion

Mon compte

Déconnexion

rechercher