Maladies psychosomatiques

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La maladie psychosomatique pose un double problème, puisqu'elle s'attaque à la fois au corps et à l'esprit. Alors, que traiter ? Les deux, mon capitaine ! "Il va sans dire qu'il faut absolument traiter les symptômes physiques, insiste le Dr Thurin. Encore une fois, il s'agit de vraies maladies, qui peuvent avoir des conséquences graves, voire mortelles, si elles ne sont pas soignées."

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S'allonger sur le divan? Cela peut aider, même à moyen terme, à guérir de sa maladie. © Getty Images
 

Mais soigner les symptômes physiques sans s'attaquer aux causes psychiques ne serait qu'une solution à court terme. Il faut donc également les envisager. Parfois, il peut s'agir de solutions passagères et faciles. Si vous venez de vivre une période difficile au travail, qui a induit un stress bien identifié et que vous avez ensuite attrapé rhume sur rhume, cela peut se régler assez facilement : quelques jours de vacances, un dépaysement total devraient permettre aux choses de rentrer dans l'ordre.

"Ceci dit, la plupart du temps, les causes psychosomatiques sont plus anciennes et plus ancrées que ça, souligne Jean-Michel Thurin. Il est souvent même difficile d'en identifier la cause car elle peut remonter à très longtemps."

L'idéal est pourtant de repérer et soigner ces traumatismes le plus tôt possible, sinon, cela peut être l'engrenage. "La personne tombe malade à cause de son état anxieux ou dépressif. La maladie provoque à son tour un état fébrile, anxieux ou dépressif, qui renforce à nouveau les symptômes : c'est le cercle vicieux." Jean-Michel Thurin attire l'attention sur le double danger de cette situation. Au-delà de la maladie psychosomatique, la patient peut développer des comportements mécanismes de défense néfastes : "Plus la situation se prolonge, plus cela aura tendance à arriver. La personne malade peut se mettre en retrait, développer un comportement d'évitement voire tomber dans une addiction telle que l'alcool ou la drogue."

Ce n'est pas irréversible

Pour éviter cette mauvaise pente, un diagnostic précoce suivi d'une thérapie constitue certainement la meilleure solution. "Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à des résultats immédiats, prévient le Dr Thurin. En général, plus le traumatisme est ancien et ancré, plus cela prend de temps pour soigner. Dans les meilleurs cas, les premiers résultats peuvent apparaître au bout de quelques mois." Par résultats, il faut entendre amélioration quant aux symptômes de la maladie psychosomatique développée.

L'Institut de psychosomatique Pierre Marty reçoit des patients adressés par les médecins traitants ou les chirurgiens. "Dans un premier temps, lorsqu'il s'agit d'adultes, nous leur demandons de nous écrire une lettre, où ils doivent raconter pourquoi ils viennent nous voir, explique le Dr Azoulay. Puis nous allons rencontrer la personne lors d'un premier rendez-vous qui peut durer entre 1 h et 1 h30. Nous n'allons pas nous centrer sur l'organe malade mais sur le fonctionnement mental, l'histoire, les antécédents, le mode de relation aux autres. Suivant ce que nous entendons, nous posons une indication, un préconisation." Suivent des séances de thérapie, qui ont souvent lieu sur un rythme hebdomadaire "en tenant compte bien sûr de la pathologie du patient, qui continue par ailleurs d'être suivi par son médecin". Le but : permettre au malade de rétablir ses mécanismes de défense, d'acquérir une meilleure organisation de sa personnalité afin de conquérir des voies d'expression autres que somatiques.

Cela peut prendre beaucoup plus de temps "mais ce n'est pas irréversible. Dès l'instant où l'on parvient à rétablir des relations à la réalité, à exprimer son mal-être plutôt qu'à l'intérioriser, on est sur la bonne voie". Plutôt que de guérison, Jean-Michel Thurin préfère parler de stabilisation. Et elle est toujours possible, même après des années d'errance. Une bonne motivation pour se prendre en main !


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