Qu'on se le dise, vous ne trouverez pas de guéguerre entre les pro-phyto
et les anti-phyto. Pour la bonne raison que la phytothérapie n'empiète
pas vraiment sur la médecine traditionnelle. "Au contraire, nous
venons souvent en complément, souligne Michel Tourrasse. C'est
particulièrement vrai avec les cas de cancer. Nous ne nous substituerons
jamais au traitement allopathique. En revanche, de nombreuses plantes peuvent
avoir des effets bénéfiques tels que réduire les nausées
et vomissements liés à la chimiothérapie, renforcer
les défenses immunitaires, etc. D'ailleurs, beaucoup de cancérologues
nous envoient leurs patients car ils ont bien compris qu'ainsi, ils toléraient
mieux les traitements."
|
|
|
La phytothérapie peut tout à fait être
utilisée en complément de l'allopathie. Demandez conseil à
votre médecin ou à votre pharmacien. © Images
|
|
Un hic, tout de même, en France : les traitements phytothérapeutiques
ne sont pas remboursés. C'est que, si la phytothérapie
connaît un revival ces dernières années, elle a bien
longtemps été ignorée des Français. "C'est
vrai qu'il y a un regain d'intérêt, confirme Sylvie Merle, mais
il se porte surtout sur l'aromathérapie et les Fleurs de Bach plus
que sur la phytothérapie au sens strict."
Pour Michel Tourrassse, "la France n'est pas particulièrement
en avance en phytothérapie. Dans des pays comme l'Allemagne ou
la Suisse, elle fait depuis longtemps partie de la palette d'outils à
la disposition des médecins. En Allemagne, elle est même souvent
utilisée en première intention thérapeutique au lieu
d'être prise comme un pis-aller lorsque l'allopathie n'a pas fonctionné.
Ceci dit, elle est en plein essor de notre côté du Rhin et enregistre
une croissance à deux chiffres. Je pense que cela s'explique par le
fait que de plus en plus d'études scientifiques prouvent les vertus
des plantes médicinales. Et puis, cela va de pair avec le mouvement
écologique de ces dernières années. Sans compter qu'il
y a très peu d'effets secondaires, contrairement aux traitements allopathiques."
Ajoutez à cela que de plus en plus de médicaments traditionnels
sont déremboursés et vous avez là l'équation
gagnante pour assister à l'essor de la phytothérapie.