 |
|
|
Polyéthylène ou céramique, la prothèse
de hanche reproduit le fonctionnement d'une hanche humaine.
© Getty Images
|
|
Votre hanche est complètement détruite et vous souffrez le martyr.
Impossible de bouger votre genou, vous ne parvenez plus à vous déplacer,
même en claudiquant. Il ne vous reste qu'une solution pour venir à
bout de vos douleurs et retrouver votre intégrité physique : la
pose d'une prothèse. Tout de suite, des images peu agréables
s'imposent à vous. Charcutage, cicatrices atroces, anesthésie générale
épuisante, immobilisation pendant des semaines et tout le cortège
d'effets secondaires liés à une lourde opération. Détrompez-vous
! Aujourd'hui, la pose d'une prothèse est une opération facile pour
celui qui la maîtrise.
"C'est tout simple : il suffit de remplacer l'articulation détruite
par une autre, artificielle", explique Christian Brégeon. La technique
existe depuis les années 1960 pour les prothèses de hanche,
depuis les années 1970 pour celles du genou. Aujourd'hui, on peut même
remplacer une cheville, une épaule, voire même l'articulation entre
le pouce et la main." Le principe de la prothèse est de copier au
plus près une véritable articulation. Ainsi, une prothèse
totale de hanche se compose d'une tige, qui est insérée dans le
fémur, d'un col, et d'une tête. Le matériau utilisé
est généralement du polyéthylène ou de la céramique.
Généralement, la prothèse est posée entre 60 et 70
ans. Mais elle peut l'être avant si nécessaire, voire bien après.
"Il n'y a pas de limite d'âge, précise le Dr Brégeon.
Tout dépend de la condition physique du patient. Evidemment, si les risques
liés à l'opération sont trop élevés, on renoncera."
"Quel soulagement !"
Quant à l'intervention elle-même, elle est aujourd'hui très
bien maîtrisée. "Il faut 45 à 60 minutes
pour poser une prothèse de hanche", estime Patrick Sichère.
Les suites opératoires ? "Souvent très supportables. Beaucoup
de patients sont debout dès le lendemain. Il faut compter quatre à
six semaines pour retrouver une activité normale, sans douleurs, avec une
mobilité similaire à celle que l'on connaissait avant de devenir
arthrosique. Certains n'ont même pas besoin de rééducation."
Encore une fois, tout dépend du patient. La plupart du temps, l'opération
est suivie de quelques jours à deux semaines d'hospitalisation.
Suite à quoi certains d'entre eux seront envoyés dans un centre
de rééducation pour quelques semaines, afin d'apprivoiser leur nouvelle
hanche. D'autres se verront prescrire des séances de kiné dans un
centre en ville.
 |
|
|
Le médecin pourra prescrire des séances de
rééducation pour bien apprivoiser sa nouvelle prothèse.
© Getty Images
|
|
Eugénie se souvient de cette période : "J'avais un peu plus
de 80 ans mais comme j'étais encore bien portante, les médecins
ont estimé que ça valait la peine de m'opérer. Tout s'est
très bien déroulé mais comme cela faisait longtemps que je
n'avais plus trop d'activité physique, on m'a envoyé pendant trois
semaines dans un centre de rééducation. J'ai remarché très
vite. Quel soulagement de ne plus avoir de douleurs ! Aujourd'hui, je reste quand
même sur mes gardes. Pourtant mes jambes fonctionnent très bien,
mais je garde une certaine peur de perdre l'équilibre. Je n'ai jamais regretté
cette opération. Même si je n'avais jamais remarché, le simple
fait de ne plus souffrir a changé ma vie."
La pose d'une prothèse du genou peut être un peu plus délicate,
notamment du point de vue des suites opératoires. "Les risques
de faire une phlébite, c'est-à-dire qu'un caillot se forme dans
le sang au niveau du site opératoire, est plus élevé. Des
piqûres d'anticoagulants sont donc nécessaires pendant un certain
temps. Mais, heureusement, les accidents sont rares", explique le Dr Brégeon.
Cheville, coude, pouce, épaule
Aujourd'hui, on sait remplacer à
peu près n'importe quelle articulation. Mais ces interventions sont beaucoup
plus rares, car il n'est pas fréquent que l'arthrose à ces niveaux
devienne invalidante.