Si l'on connaît bien aujourd'hui les symptômes de la fibromyalgie,
les causes qui en sont à l'origine sont pour l'heure beaucoup plus
floues, au grand désespoir des malades.
Au fil du temps, il a tout de même été permis de déterminer
des facteurs communs d'aggravation ou d'atténuation de la maladie.
Ainsi, les douleurs augmentent quand :
» Le malade est soumis à un stress.
» Il évolue dans une atmosphère
humide.
» Il a eu des activités qui l'ont
fatigué.
A l'inverse, la situation tend à s'améliorer lorsque :
» Le malade prend le repos nécessaire.
» Il évolue dans un climat sec
et chaud.
» Les facteurs de stress ont été
supprimés.
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Un choc qui ne provoque aucune blessure peut suffire
à déclencher une fibromyalgie latente. © Getty Images
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Plusieurs facteurs déclencheurs de la maladie ont également
été identifiés. D'une manière générale,
il s'agit d'un traumatisme, qu'il soit physique (coup du lapin, accident,
etc.) ou psychologique (deuil, séparation
). "Les symptômes
peuvent apparaître très vite, dans les semaines qui suivent",
souligne Alain Leseine. Pour autant, ce n'est pas en évitant ces traumatismes
que l'on évitera la maladie, qui peut apparaître en dehors de
toute circonstance favorisante.
D'un point de vue scientifique, l'observation des malades a montré
que tous subissaient "un trouble de modulation de la douleur,
explique le Pr Blotman. Ainsi, face à un stimulus non douloureux pour
les personnes non malades, eux ressentent une douleur exagérée.
Une perturbation du système nerveux central entraîne des douleurs
inappropriées dans les muscles, un peu à la manière
des membres fantômes qui font mal." "Pour un même stimulus,
nous ressentons une douleur plusieurs dizaines de fois supérieure
à la "normale"", précise Alain Leseine.
Problème de neuromédiateurs
Pourquoi ? "On a des théories, mais aucune certitude, regrette
Francis Blotman. On constate que les muscles sont souvent plus contractés
que la moyenne mais ce n'est pas une explication causale. En outre, il
pourrait y avoir une anomalie de la vascularisation cérébrale,
au niveau de l'ère d'anticipation et d'intégration de la douleur,
qui entraînerait un fonctionnement différent de celui des sujets
normaux. Mais cela reste à approfondir."
D'autres pistes sont également envisagées, comme une modification
du fonctionnement des neuromédiateurs de la douleur, par exemple ou
encore la perturbation du système sympathique (système
nerveux émanant de la moelle épiniète), ce qui expliquerait
la frilosité dont sont victimes certains malades. "Mais le point
de départ de la fibromyalgie, on ne le connaît toujours pas",
résume le professeur Blotman.