Maladie d'Alzheimer
A l'annonce du diagnostic, des images peu agréables
se succèdent dans l'esprit du malade et de sa famille : la démence,
l'impossibilité de rester cohérent, l'imprévisibilité
En vérité, la prise en charge des malades atteints d'Alzheimer a
énormément évolué ces dernières années.
Aujourd'hui, de nombreuses solutions existent pour maintenir le plus longtemps
possible le patient dans son milieu de vie habituel. Plus agréable pour
lui et pour sa famille, qui peut s'en occuper tout en faisant appel à des
aides relais lorsqu'elle a besoin de souffler un peu.
| "Les aidants peuvent bénéficier
de formations" |
» La plupart du temps, les soins prescrits
pour ralentir l'évolution de la maladie et conserver les acquis peuvent
se faire en ambulatoire, c'est-à-dire en consultation externe, sans
hospitalisation. Si la personne ne peut pas se déplacer, des soins
à domicile sont tout à fait possibles, y compris la kinésithérapie,
l'orthophonie et autres soins paramédicaux. Il est également possible
de faire appel à un service de soins à domicile, qui pourra
prodiguer des soins infirmiers mais aussi d'hygiène, par exemple. Ces services,
les SSIAD sont toutefois assez surchargés dans certaines régions.
Même chose pour les infirmières libérales, qui ne sont pas
assez nombreuses par rapport aux besoins. S'ils sont prescrits par un médecin,
ces soins sont pris en charge à 100% par la sécurité sociale,
dans le cadre des affections de longue durée.
» Outre ces soins spécifiquement médicaux,
il est possible de faire appel à des aides extérieures, qui seront
cette fois à la charge des malades et de leur famille. Plusieurs types
d'aide existent, rappelle Christine Lebée, du Clic du 18e. "Les aides
ménagères sont là pour aider à la vie quotidienne,
ménage, cuisine, etc. Les auxiliaires de vie ou les gardes à domicile
ont un rôle plus important : ils peuvent aider à faire les gestes
du quotidien tels que se laver, par exemple. Ils ont reçu une formation
spécifique. Ils peuvent administrer des médicaments s'ils ont été
préparés au préalable par quelqu'un. J'encourage beaucoup
les familles à faire appel à de telles aides extérieures.
Ce n'est pas le rôle d'une fille, d'un mari ou d'une épouse de faire
la toilette et de soigner un être cher." Ces soins non spécifiquement
médicaux sont à la charge du patient mais peuvent être financés
grâce à l'Aide personnalisée à l'autonomie (voir page
"Comment financer"). Des méthodes qui ont fait leurs preuves
puisqu'aujourd'hui, la majorité des personnes âgées sont à
domicile", souligne Christine Lebée.
» Les aidants quotidiens, souvent des
membres de la famille, peuvent bénéficier de formations. Ils
y apprennent à vivre avec la maladie et à mettre en place une organisation
adéquate. "Nous avons un programme pour les aidants, confirme le Dr
Olivier Drunat, chef du service de psycho-gériatrie à l'hôpital
Bretonneau. Dans un premier temps, nous leur donnons des informations claires
sur la maladie, puis sur les techniques comportementales, la santé, pour
qu'ils puissent gérer au mieux les patients." Des formations sont
également dispensées par l'association France-Alzheimer.
» Différents services permettent aux
aidants d'avoir quelques journées de répit. Ainsi, les accueils
de jour peuvent prendre en charge les malades. Soulignons toutefois qu'ils ne
sont pas du tout remboursés par la sécurité sociale. De même,
l'association France Alzheimer organise des séjours de vacances pour
les malades et les aidants, où un personnel spécialisé
prend un peu le relais.