Si la sécurité sociale finance les soins strictement médicaux,
les personnes frappées par la maladie d'Alzheimer ont souvent besoin d'une
assistance qui demeure à leur charge. Passage en revue des principales
aides financières disponibles.
» Avant toute chose, votre médecin
aidera le patient et sa famille à faire reconnaître sa maladie comme
Affection de longue durée (ALD). Ainsi, les soins et traitements
médicaux liés à Alzheimer seront pris en charge à
100%. De même, faites les démarches pour obtenir une carte d'invalidité
qui, dans le cas de la maladie d'Alzheimer devrait mentionner un taux d'invalidité
de 80% à 100%. Cette carte permet d'obtenir d'importantes réductions
dans les transports pour le malade et la personne qui l'accompagne, ainsi que
des avantages fiscaux.
| "Des aides départementales pour les plus
démunis" |
» Si le patient est âgé
de plus de 60 ans, il peut prétendre à l'Allocation personnalisée
d'autonomie (APA). "Cette allocation financière permet d'aider
à la prise en charge d'une aide à domicile, de journées de
répit pour la personne aidante ou encore de matériel, explique Christine
Lebée. Les montants de l'APA sont variables et dégressifs, fixés
en fonction de la dépendance de la personne bénéficiaire.
On parle d'allocation universelle parce qu'elle est identique sur tout le territoire
français." L'Allocation n'est pas soumise à conditions de ressources.
En revanche, un ticket modérateur sera établi en fonction des revenus
du bénéficiaire. Ce ticket à payer sera d'autant plus élevé
que la personne a des ressources importantes. "C'est la seule véritable
aide financière disponible en tant que telle", souligne Christine
Lebée.
» Lorsqu'arrive le moment d'entrer en maison
de retraite médicalisée, le Département peut intervenir dans
le cadre de l'Aide sociale à l'adulte (ASA) pour compléter
des ressources pas assez importantes. En effet, le coût de la prise en charge
peut être très élevé : compter en moyenne 2000 euros
par mois pour des prestations basiques, en région parisienne. "Avant
que l'aide départementale ne soit accordée, on procède à
une enquête sur la situation financière du bénéficiaire
mais aussi de ses obligés alimentaires (ses descendants, NDLR)." En
fonction des résultats, le Département va décider du montant
de son éventuelle participation ainsi que de celles des obligés.
Quels que soient ses revenus, le bénéficiaire se verra prélever
90 % de cette somme au titre de la participation aux frais. Au décès
de la personne, si elle possédait des biens (maison, etc.), ils seront
vendus et le Département pourra ainsi récupérer les sommes
versées. Si le bénéficiaire n'avait aucune possession, les
obligés alimentaires n'auront rien à rembourser. L'ASA peut également
être invoquée alors que la personne malade est toujours chez elle
mais que ses ressources ne sont pas suffisantes pour subvenir à ses besoins.
» Les personnes avec de faibles ressources
peuvent également avoir recours à des soins totalement pris en
charge par la sécurité sociale. Ainsi, il est possible de faire
appel à une infirmière pour effectuer des soins sur prescription,
le souci étant que l'on manque cruellement d'infirmières libérales.
De même, les personnes qui n'ont pas les moyens de payer une maison de retraite
peuvent être hospitalisées lorsqu'elles ne peuvent plus vivre chez
elles. Quant à l'hôpital de jour, qui permet d'établir un
bilan et d'apprendre à mieux vivre avec sa maladie, il est entièrement
financé par la sécurité sociale. En revanche, l'accueil de
jour, qui permet notamment de soulager le quotidien des familles, est totalement
aux frais du malade. "Certains départements pratiquent tout de même
des tarifs différents selon les revenus de la personne", souligne-t-on
au Clic.
» C'est beaucoup plus rare, mais certains
patients déclarent la maladie d'Alzheimer avant 60 ans. Dans ce
cas, ils ne relèvent pas de l'APA mais de l'Allocation aux adultes handicapés.
Le taux d'incapacité est déterminé par la Commission des
droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). La personne
malade peut également prétendre à une indemnité journalière
qui compense la perte de salaire liée à un arrêt de travail.
Dans le cas des ALD, les indemnités journalières peuvent être
versées pour une durée maximale de trois ans.